Açai du Brésil une crise amazonienne
En ce 13 février 2026, l’air de Belém est lourd, saturé par l’humidité de la saison des pluies et l’odeur terreuse, presque métallique, des baies d’açaí qui s’entassent sur le marché du Ver-o-Peso. Mais derrière le folklore des paniers de paille s’écrit une tragédie économique. Le fruit emblématique de l’Amazonie (Euterpe oleracea), récemment sacré « Fruit National » pour contrer la biopiraterie, est pris en étau entre une inflation locale galopante et une guerre commerciale internationale sans précédent.
Au Comptoir de Toamasina nous avons décidé de vous vendre de le l’açai qui provient directement du producteur et d’un forêt de reforestation. Ici, vous allez comprendre pourquoi il faut laissé la production sauvage aux personnes du Para, ne tombé pas dans les fausses publicités qu’on retrouve sur le web. Profitez de 10% de réduction sur notre boutique en ligne avec le code Brésil sur notre açai en poudre et notre boutique en ligne sur la première commande.
Le Paradoxe de Belém : Un fruit de luxe au pays de l’abondance
Il y a quelque chose de tragique à voir le prix de l’açaí s’envoler là où il naît. Nous sommes en pleine période d’« entressafra » (l’inter-récolte). Il faut savoir que la récolte d’été, le noyau est plus gros qu’en hiver. La différence passe de 90% en été à 80 voir 75% en hiver.
Dans les feiras (marchés), les visages se crispent devant les ardoises. Selon le DIEESE, les prix ont bondi de plus de 17 % en un an. Pour le riverain du Pará, manger son bol d’açaí quotidien devient un acte de résistance financière.
État des lieux des prix à Belém (Janvier 2026)
| Type d’Açaí | Prix au Marché (Litre) | Prix en Supermarché | Observation technique |
| Açaí Médio | R$ 24,00 – 30,00 | R$ 25,00 – 28,00 | Hausse liée à la rareté saisonnière. |
| Açaí Grosso | R$ 30,00 – 40,00 | R$ 37,00 – 42,00 | Produit de luxe, ultra-concentré. |
Cette envolée n’est pas qu’une question de calendrier. Les pluies erratiques de 2025 ont rendu les palmiers glissants, périlleux pour les récolteurs, et ont favorisé la pourriture sur pied. On ne monte pas cueillir l’açaí sous un déluge sans risquer sa vie, et la rareté se paie au centime près.
Chaque année des indépendants meurs car ils chutent ou son tout simplement gravement blessé.
Le séisme douanier : Quand l’Amérique ferme ses portes
Le véritable coup de tonnerre est venu de Washington. En août 2025, l’administration américaine a imposé une taxe de 50 % sur l’açaí brésilien. Pour les coopératives de l’Amapá, comme Amazonbai, c’est un arrêt de mort par asphyxie.
Ici, aucune entreprise européenne se propose d’acheter au dessus du prix du marché, mais négocie pour faire baisser les prix et augmentent légèrement les prix en Europe.
Les États-Unis absorbaient historiquement 75 % des exportations. Aujourd’hui, les contrats s’annulent. On assiste à une redirection désespérée des flux vers le Portugal ou la Chine, mais la logistique ne suit pas. Ce protectionnisme brutal menace de déstabiliser toute la chaîne de valeur, des grands transformateurs industriels aux familles riveraines qui vivent de l’extractivisme.
- Au Comptoir de Toamasina nous avons préféré de travailler avec une plantation qui pratiquement de la reforestation. Ici, nous sommes certains que les employés vont avoir des conditions idéales de travailler et ne montent pas à la force des bras sur le palmier. Surtout l’ensemble des salariés vont avoir une assurance santé, surtout des congés payés et autres avantages.
La dérive qualitative : Le scandale de l’açaí « Gelado »
En tant que spécialiste des épices, je suis toujours alerté par les raccourcis techniques. En période de pénurie, on voit apparaître massivement l’açaí « gelado » (congelé). Pour pallier le manque de fruits frais à Belém, on importe des baies de l’Amapá voisin. Deux ou trois jours de bateau sont nécessaires : la congélation devient obligatoire.
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Dégradation organoleptique : Le fruit perd son éclat violet profond pour un brun terne. La saveur, d’ordinaire si riche, devient plate, obligeant certains mélangeurs peu scrupuleux à user d’additifs ou de colorants non déclarés.
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Fraude à la densité : On observe un recours croissant au « bombeamento » (dilution excessive à l’eau) pour masquer la hausse des prix.
Rappel des classifications officielles :
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Especial (Grosso) : > 14 % de solides totaux. La crème de la crème.
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Médio (Regular) : 11 % à 14 % de solides.
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Popular (Fino) : 8 % à 11 % de solides.
Avant d’acheter de l’açai surgelée demandé toujours le grade, le meilleur est grosso. Le grosso c’est 14g d’açai en poudre pour 86g d’eau.
Les zones d’ombre : Santé et Travail des enfants
On ne peut pas parler de l’açaí en 2026 sans évoquer les plaies béantes de la filière.
D’abord, la Maladie de Chagas. La contamination par les déjections du « barbeiro » (un insecte vecteur) reste une menace mortelle. Sans une pasteurisation rigoureuse et un blanchiment thermique des fruits, consommer de l’açaí artisanal est une roulette russe sanitaire.
Ensuite, le volet social. La pression économique de 2026 a relancé le travail des enfants. Ce sont eux, légers et agiles, qui grimpent au sommet des palmiers de 20 mètres. Une pratique surveillée de près par le Département du Travail américain, et qui pourrait devenir le prochain grand scandale éthique de l’industrie agroalimentaire.
- Vous comprenez pourquoi depuis 2020, nous effectuons des alertes. Mais la DGCCRF nous a contrôlé sur notre açai en poudre avec nos allégations sur la plantation et non la concurrence et voici un problème en France.
L’avenir : Du déchet au Biochar
L’açaí génère une quantité de déchets phénoménale : le noyau représente environ 85 % du fruit. À Belém, ces montagnes de noyaux sont un cauchemar environnemental. Pourtant, des lueurs d’espoir émergent. En vue de la COP30, des projets de transformation de ces noyaux en biochar (charbon biologique) voient le jour. Capturer le carbone tout en produisant de l’énergie : voilà le futur d’une filière qui doit impérativement se verticaliser pour survivre.
Ma recommandation d’expert :
Pour les acheteurs, la vigilance est de mise. L’heure n’est plus à la recherche du prix le plus bas, mais à la sécurisation de filières certifiées, capables de prouver leur éthique sociale et leur rigueur thermique. Le modèle de l’extractivisme pur est à bout de souffle ; seule une industrialisation respectueuse du terroir sauvera l’or violet.
En 2026, l’açaí est devenu un actif géopolitique. Ne le laissons pas devenir une simple commodité de seconde zone.