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Conseils de musculation pour améliorer les performances dans la course

Par Arnaud Sion
Publié: Mis à jour: 9 minutes lire

Découvrez nos conseils de musculation pour améliorer les performances dans la course. Beaucoup de coureurs pensent qu’il suffit de courir pour progresser. C’est vrai au début, puis on stagne, et les petites blessures s’installent. Les entraînements de renforcement, comme la musculation, jouent alors un rôle essentiel : ils vont bien au-delà de la simple prévention des blessures et contribuent à rehausser le niveau de performance.

Le renforcement musculaire concerne tout le monde, quelle que soit votre pratique sportive. Avec l’âge, on perd progressivement de la masse et de la force musculaires, un phénomène appelé sarcopénie, associé à plus de chutes et à une moins bonne autonomie. L’Organisation mondiale de la santé recommande d’ailleurs aux adultes des activités de renforcement musculaire au moins deux jours par semaine, en plus de l’endurance.

Dans ce contexte, les coureurs peuvent beaucoup bénéficier d’une musculation ciblée. Elle renforce les muscles sollicités à chaque foulée, ce qui améliore l’efficacité du geste, la stabilité et la résistance à la fatigue. Voici mes conseils, appuyés sur ce que disent les études, pour vous aider à progresser sans vous blesser.

Améliorer les Performances de Course grâce à la Musculation : Conseils Essentiels

La pratique de la course sur route peut beaucoup gagner au renforcement musculaire. Voici les principaux avantages, et ce que l’on en sait.

  • Gain de force maximale et de puissance : la musculation développe la force et la capacité du muscle à la produire vite. À chaque appui, le coureur renvoie mieux l’énergie au sol, ce qui aide en côte, dans les relances et au sprint final.
  • Correction des déséquilibres musculaires : un travail ciblé corrige les faiblesses (fessiers, mollets, tronc) et les asymétries entre jambe droite et jambe gauche.
  • Moins de blessures : renforcer les muscles stabilisateurs aiderait à limiter tendinites, entorses et douleurs au genou. Une méta-analyse publiée en 2014 dans le British Journal of Sports Medicine (Lauersen et coll.), portant sur les sports en général, a observé que les programmes de renforcement musculaire réduisaient nettement le risque de blessure, bien plus que les étirements.
  • Meilleure économie de course : c’est le bénéfice le mieux documenté. Une revue systématique de 2018 (Blagrove et coll., Sports Medicine) a montré que l’ajout de musculation améliorait l’économie de course d’environ 2 à 8 % chez des coureurs de demi-fond et de fond. Concrètement, on dépense moins d’énergie à la même vitesse et l’on tient un rythme soutenu plus longtemps. En revanche, contrairement à une idée répandue, la musculation ne fait généralement pas progresser la VO2max : c’est le travail d’endurance et de fractionné qui s’en charge.
  • Contrôle du poids : plus de muscle, c’est une dépense d’énergie un peu plus élevée au repos et une meilleure silhouette. La musculation aiderait à maintenir un poids de forme, en complément de l’alimentation. Et rassurez-vous : la même revue n’a pas observé de prise de masse gênée pour les coureurs.

Pour profiter pleinement de ces avantages, il faut toutefois suivre quelques règles clés et, si possible, être accompagné au début par un coach ou un professionnel de l’activité physique. Une mauvaise technique sur un squat chargé peut faire plus de mal que de bien.

Coureur sur route

La musculation améliore surtout l’économie de course : on court plus vite à effort égal.

Optimisez votre Entraînement de Musculation pour la Course : Les Clés d’une Planification Réussie

La première étape pour bénéficier de la musculation en tant que coureur est de bien planifier votre programme. Il doit devenir votre allié et vous aider à atteindre vos objectifs de manière sûre et efficace.

Commencez par déterminer l’objectif de vos séances : gain de force maximale, développement de la puissance, endurance musculaire locale ou correction des déséquilibres. Tout le reste en découle : le choix des exercices, le nombre de séries et de répétitions, les charges, le temps de repos et la place des séances dans la semaine. Pour la plupart des coureurs, la combinaison la plus efficace selon les études associe trois ingrédients : de la force lourde (charges élevées, peu de répétitions), de la force explosive et de la pliométrie (sauts, bondissements), à raison de deux à trois séances par semaine.

N’ayez pas peur des charges : pour l’économie de course, travailler lourd sur peu de répétitions (4 à 6, avec une bonne technique) donne souvent de meilleurs résultats que de longues séries légères, qui ressemblent trop à ce que la course fait déjà. Si vous débutez, passez d’abord quatre à six semaines à apprendre les mouvements avec des charges modérées.

Les exercices à privilégier

Inutile de multiplier les machines. Quelques mouvements de base, bien exécutés, couvrent l’essentiel des besoins du coureur.

Exercice Muscles Intérêt pour le coureur Repères
Squat (gobelet ou barre) Cuisses, fessiers Force de poussée, stabilité du genou 3 à 4 séries de 4 à 8
Fente ou squat bulgare Cuisses, fessiers, équilibre Travail sur une jambe, comme en course 3 séries de 6 à 8 par jambe
Soulevé de terre roumain Ischio-jambiers, fessiers, dos Puissance de la chaîne arrière 3 séries de 5 à 8
Mollets debout et assis Mollets, tendon d’Achille Moins de douleurs au tendon, meilleur renvoi 3 séries de 10 à 15
Gainage (face, côtés) Abdominaux, tronc Bassin stable, foulée efficace 3 x 30 à 45 secondes
Pliométrie (sauts, bondissements) Mollets, cuisses, tendons Raideur élastique, économie de course 2 à 4 séries de 6 à 10 contacts

Optimiser votre Entraînement de Course avec la Périodisation : Conseils Précieux

La périodisation suscite souvent des questions chez les coureurs : comment combiner course et musculation quand on court presque tous les jours ? Un coureur de 5 km et un marathonien n’ont pas les mêmes besoins, et votre disponibilité, la durée de vos séances et votre volume total d’entraînement comptent beaucoup. Voici quelques conseils généraux :

  • Si possible, alternez les jours de course et de musculation.
  • Si ce n’est pas possible, prévoyez un intervalle de 8 à 12 heures entre la course et la séance de musculation des membres inférieurs. Placez la séance de qualité (fractionné) avant la musculation, ou le même jour qu’elle, pour garder de vrais jours faciles.
  • Mangez suffisamment pour couvrir les deux pratiques ; un diététicien du sport peut vous y aider.
  • Adaptez le volume de votre séance de course à la séance de musculation précédente : jambes lourdes, footing facile.
  • À l’approche de la course objectif, réduisez le volume de musculation (une séance courte par semaine) et privilégiez l’explosivité, pour arriver frais.

En suivant ces recommandations et en adaptant votre programme à vos besoins, vous profiterez des bénéfices de la périodisation tout en évitant le surmenage. Voici à quoi peut ressembler une semaine type pour un coureur amateur qui court trois fois par semaine :

Jour Séance
Lundi Repos ou mobilité
Mardi Fractionné le matin, musculation membres inférieurs le soir
Mercredi Repos ou vélo très facile
Jeudi Footing facile 40 minutes
Vendredi Musculation (force + pliométrie légère + gainage)
Samedi Repos
Dimanche Sortie longue à allure facile
Séance de musculation

Deux séances de renforcement par semaine suffisent pour progresser en course.

Alimentation et récupération du coureur

Courir et soulever des charges, c’est demander beaucoup à son corps. Sans récupération, la musculation devient une source de fatigue de plus. Trois piliers comptent avant tout : le sommeil, les glucides pour l’énergie et les protéines pour la reconstruction musculaire. Les recommandations sportives évoquent généralement 1,2 à 1,6 g de protéines par kilo de poids corporel et par jour chez les sportifs d’endurance qui font aussi de la musculation, à répartir sur les repas. Pour y arriver sans compléments, lisez comment manger plus de protéines et notre article sur les acides aminés et la performance sportive.

Les épices ont aussi leur place dans l’assiette du sportif : elles donnent du goût à des plats simples (riz, légumineuses, volaille) sans ajouter de sauces riches. Curieux ? Lisez le poivre, l’ami de vos muscles. Et pour les soirs de courbatures, nos tisanes pour les douleurs musculaires font un joli rituel de récupération.

Guide de nutrition sportive

Protéines, glucides et sommeil : les trois piliers de la récupération du coureur.

Les erreurs à éviter

  • Faire de la musculation « cardio » avec des charges trop légères et des séries interminables : vous ajoutez de la fatigue sans gagner en force.
  • Oublier le haut du corps et le gainage : les bras et le tronc stabilisent la foulée, surtout en fin de course.
  • Tout changer d’un coup : ajoutez la musculation progressivement, sans augmenter en même temps votre kilométrage.
  • Ignorer la douleur : une douleur articulaire ou tendineuse qui persiste n’est pas une courbature ; levez le pied et consultez.

Pour compléter, découvrez nos conseils pour améliorer votre vitesse de course, pour courir en automne et en hiver et pour combiner CrossFit et musculation.

Information santé

Avant de commencer ou de reprendre la course et la musculation, surtout après 40 ans, en cas de maladie cardiaque, respiratoire, d’excès de poids important ou de traitement en cours, demandez l’avis de votre médecin. Une douleur thoracique, un essoufflement anormal, des palpitations ou un malaise pendant l’effort imposent d’arrêter immédiatement et d’appeler le 15 ou le 112.

Questions fréquentes

Combien de séances de musculation par semaine pour un coureur ?

Deux séances de 30 à 45 minutes suffisent pour la plupart des coureurs amateurs. Les études sur l’économie de course utilisent généralement deux à trois séances par semaine, pendant au moins six semaines.

La musculation va-t-elle me faire prendre du poids ?

Très peu, si vous continuez à courir. Les coureurs qui ajoutent de la musculation à leur entraînement ne prennent généralement pas de masse gênante ; ils gagnent surtout en force et en efficacité.

Faut-il faire la musculation avant ou après la course ?

Idéalement à des moments différents. Si les deux ont lieu le même jour, faites d’abord la séance la plus importante pour votre objectif, et laissez si possible 8 heures entre les deux.

Peut-on faire du renforcement sans salle de sport ?

Oui. Squats, fentes, pont fessier, mollets sur une marche, gainage et sauts se font au poids du corps, puis avec un sac à dos lesté. Pour progresser en force, il faudra toutefois augmenter la difficulté au fil des semaines.

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