Le tabagisme, la consommation excessive d’alcool et le diabète sont trois préoccupations de santé distinctes, mais leurs liens sont bien documentés. Le tabac augmente le risque de développer un diabète de type 2, l’alcool consommé en excès le favorise aussi et complique son équilibre, et chez une personne diabétique, les deux multiplient le risque de complications. Dans cet article d’information générale, nous faisons le point à partir des données de Santé publique France, de la Haute Autorité de santé et de l’Organisation mondiale de la santé : ce que l’on sait, ce que l’on gagne à arrêter ou à réduire, et où trouver de l’aide. Il ne remplace en aucun cas l’avis de votre médecin.
- › Le diabète, une maladie chronique très répandue
- › Tabagisme et diabète
- › Consommation excessive d’alcool et diabète
- › Les repères officiels de consommation d’alcool
- › La relation entre tabagisme, abus d’alcool et diabète
- › Arrêter de fumer : ce que l’on y gagne
- › Réduire l’alcool au quotidien
- › Diabète et alcool : les précautions à connaître
- › Se faire accompagner
- › Que boire lors d’un repas de fête ?
- › Des boissons de fête sans alcool et peu sucrées
- › Mon verdict
- › Vos questions fréquentes
Le diabète, une maladie chronique très répandue
Le diabète est une maladie chronique caractérisée par un excès durable de sucre dans le sang (hyperglycémie). Il est dû soit à une production insuffisante d’insuline par le pancréas, soit à une mauvaise action de l’insuline sur les cellules (insulinorésistance), soit aux deux.
On distingue principalement :
- ›le diabète de type 1, d’origine auto-immune : le système immunitaire détruit les cellules du pancréas qui produisent l’insuline. Il apparaît souvent chez l’enfant ou le jeune adulte et nécessite de l’insuline dès le diagnostic ;
- ›le diabète de type 2, de loin le plus fréquent, qui s’installe progressivement. Il est favorisé par l’âge, les antécédents familiaux, le surpoids, la sédentarité, une alimentation déséquilibrée, et, comme nous allons le voir, par le tabac et l’excès d’alcool ;
- ›le diabète gestationnel, qui apparaît pendant la grossesse.
En France, selon Santé publique France, plus de 3,8 millions de personnes étaient traitées par médicament pour un diabète en 2023, soit 5,6 % de la population. Et une part importante des diabètes n’est pas diagnostiquée : environ un sur quatre selon l’étude Esteban (2014-2016).
Un diabète mal équilibré peut entraîner, au fil des années, de graves complications : maladies cardiovasculaires (infarctus, accident vasculaire cérébral, artérite des jambes), atteintes des reins, des yeux (rétinopathie) et des nerfs (neuropathie), et plaies des pieds.

Tabac, alcool et diabète : trois facteurs de risque qui se renforcent mutuellement
Tabagisme et diabète
Le tabagisme expose le corps à des milliers de substances, dont la nicotine et de nombreux composés toxiques. On connaît ses liens avec les cancers et les maladies cardiovasculaires et respiratoires. On sait aussi qu’il augmente le risque de diabète de type 2.
Plusieurs mécanismes sont en cause, notamment une diminution de la sensibilité des cellules à l’insuline et un effet inflammatoire. D’après les données réunies par l’Organisation mondiale de la santé et la Fédération internationale du diabète, le risque de diabète de type 2 est augmenté d’environ 30 à 40 % chez les fumeurs par rapport aux non-fumeurs, et il croît avec le nombre de cigarettes.
Chez une personne déjà diabétique, fumer :
- ›complique l’équilibre de la glycémie ;
- ›abîme les vaisseaux sanguins, déjà fragilisés par le diabète, et augmente fortement le risque d’infarctus, d’AVC et d’artérite des membres inférieurs ;
- ›favorise les complications rénales et oculaires ;
- ›diminue la circulation dans les pieds, ce qui accroît le risque de plaies, d’ulcères et d’infections qui cicatrisent mal.
Le tabac à rouler, la chicha et le cannabis fumé exposent aux mêmes produits de combustion. La cigarette électronique, elle, ne contient pas de tabac ; elle est considérée par les autorités sanitaires françaises comme une aide possible au sevrage pour les fumeurs, mais pas comme un produit anodin pour les non-fumeurs.
Consommation excessive d’alcool et diabète
La consommation excessive d’alcool nuit à la santé de multiples façons, et le diabète ne fait pas exception :
- ›l’apport calorique : l’alcool apporte environ 7 kcal par gramme, sans compter le sucre des sodas, des sirops ou des liqueurs qui l’accompagnent souvent. Une consommation régulière favorise la prise de poids, en particulier au niveau du ventre, qui est elle-même un facteur de risque de diabète de type 2 ;
- ›le foie : l’excès d’alcool abîme le foie, qui joue un rôle central dans la régulation de la glycémie ;
- ›le pancréas : une consommation excessive et prolongée peut provoquer une pancréatite chronique, qui peut détruire les cellules productrices d’insuline et entraîner un diabète ;
- ›l’équilibre du diabète : l’alcool perturbe la glycémie et peut interagir avec les traitements.
Le point le plus important pour les personnes traitées par insuline ou par certains médicaments qui stimulent la sécrétion d’insuline (sulfamides hypoglycémiants, glinides) est le risque d’hypoglycémie. L’alcool bloque la capacité du foie à libérer du sucre dans le sang. L’hypoglycémie peut survenir plusieurs heures après la consommation, y compris pendant la nuit, et ses signes (confusion, troubles de l’équilibre, somnolence) peuvent être confondus avec l’ivresse par l’entourage.
Quant à l’idée qu’un peu d’alcool serait « bon » contre le diabète, elle est aujourd’hui très discutée : les autorités de santé ne recommandent à personne de boire de l’alcool pour sa santé.
Les repères officiels de consommation d’alcool
Santé publique France et l’Institut national du cancer ont fixé des repères de consommation à moindre risque pour les adultes :
- ›pas plus de 10 verres standard par semaine ;
- ›pas plus de 2 verres standard par jour ;
- ›des jours dans la semaine sans consommation.
Un verre standard contient 10 g d’alcool pur : c’est à peu près un verre de vin de 10 cl à 12 %, un demi de bière de 25 cl à 5 % ou une dose de spiritueux de 3 cl à 40 %, tels qu’ils sont servis dans un bar. À la maison, les verres sont souvent bien plus remplis.
Ces repères ne sont pas des seuils sans risque : le risque augmente avec la quantité. Ils ne s’appliquent pas aux femmes enceintes ou qui allaitent, pour qui la recommandation est zéro alcool, ni aux mineurs. Pour une personne diabétique, c’est au médecin de dire si une consommation occasionnelle est compatible avec son traitement.
La relation entre tabagisme, abus d’alcool et diabète
Ces trois facteurs agissent de manière synergique. Le diabète abîme déjà les petits et les gros vaisseaux sanguins ; le tabac accélère ce processus ; l’excès d’alcool augmente la pression artérielle, perturbe la glycémie et favorise la prise de poids. Ensemble, ils augmentent nettement le risque de maladies cardiovasculaires, comme l’infarctus et l’accident vasculaire cérébral.
Les pieds illustrent bien cet effet cumulé. Le diabète peut diminuer la sensibilité des pieds (neuropathie) : on ne sent plus une petite blessure. Le tabac réduit la circulation sanguine : la plaie cicatrise mal. L’alcool, en excès, aggrave lui aussi les atteintes nerveuses. C’est pourquoi les médecins insistent tant sur l’examen régulier des pieds chez les personnes diabétiques.
Il existe enfin un lien comportemental : tabac et alcool vont souvent ensemble, et une personne qui réduit l’un trouve parfois plus facile de réduire l’autre. Le soutien d’un professionnel permet d’aborder les deux en même temps.
Arrêter de fumer : ce que l’on y gagne
Il est essentiel de souligner que l’arrêt du tabac et la réduction de la consommation d’alcool ont des effets majeurs sur la santé globale et sur la gestion du diabète. Les bénéfices de l’arrêt du tabac commencent dans les jours qui suivent et se renforcent avec les années : amélioration de la circulation, baisse progressive du risque cardiovasculaire, meilleure cicatrisation. Selon l’Organisation mondiale de la santé et la Fédération internationale du diabète, arrêter de fumer pourrait réduire le risque de diabète de type 2 de 30 à 40 % par rapport à la poursuite du tabagisme.
Une crainte fréquente est la prise de poids après l’arrêt. Elle existe chez une partie des personnes et peut temporairement compliquer la glycémie, mais les bénéfices de l’arrêt l’emportent largement. Un accompagnement diététique et une activité physique régulière aident à la limiter.
Les aides qui augmentent les chances de réussite :
- ›les traitements de substitution nicotinique (patchs, gommes, pastilles, sprays), remboursés par l’Assurance maladie sur prescription d’un médecin ou d’un autre professionnel de santé habilité (sage-femme, infirmier, chirurgien-dentiste, masseur-kinésithérapeute) ;
- ›un accompagnement par un tabacologue ou par votre médecin, éventuellement avec d’autres médicaments d’aide au sevrage ;
- ›Tabac info service : le 39 89 et l’application gratuite permettent d’être suivi par des tabacologues ;
- ›le Mois sans tabac, chaque année en novembre, pour arrêter en même temps que des milliers d’autres personnes.
Réduire l’alcool au quotidien
Réduire sa consommation d’alcool passe souvent par de petits changements concrets :
- ›compter réellement ses verres pendant une semaine, sans changer ses habitudes, pour faire le point ;
- ›prévoir des jours sans alcool dans la semaine ;
- ›alterner chaque verre d’alcool avec un verre d’eau ;
- ›servir des verres plus petits, et ne pas les remplir à ras bord ;
- ›avoir toujours à la maison des boissons sans alcool qui font plaisir, pour ne pas se sentir exclu des moments de convivialité.
Si vous avez du mal à réduire, si vous buvez le matin, si vous ressentez un besoin de boire ou si votre entourage s’inquiète, parlez-en à votre médecin. Alcool info service répond au 0 980 980 930, tous les jours de 8 h à 2 h, de manière anonyme et non surtaxée. Il existe aussi des consultations spécialisées gratuites en addictologie, notamment dans les CSAPA (centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie).
Diabète et alcool : les précautions à connaître
Si votre médecin vous autorise une consommation occasionnelle, voici les précautions généralement recommandées aux personnes diabétiques, en particulier sous insuline ou sous sulfamides :
- ›ne buvez jamais à jeun : consommez l’alcool pendant un repas contenant des glucides ;
- ›contrôlez votre glycémie plus souvent, avant le coucher et éventuellement pendant la nuit, puisque l’hypoglycémie peut être retardée ;
- ›ayez toujours sur vous du sucre et une carte indiquant que vous êtes diabétique ;
- ›prévenez votre entourage : les signes d’hypoglycémie peuvent être pris pour de l’ivresse ;
- ›méfiez-vous des cocktails sucrés, des sodas et des liqueurs, qui ajoutent beaucoup de sucre ;
- ›ne conduisez pas après avoir bu : l’alcool et le risque d’hypoglycémie s’additionnent.
Ces conseils sont généraux. Votre diabétologue ou votre médecin traitant est le seul à pouvoir les adapter à votre traitement.
Se faire accompagner
Il est vivement recommandé aux personnes qui éprouvent des difficultés à abandonner ces habitudes de rechercher un soutien médical et professionnel. Arrêter de fumer ou réduire l’alcool n’est pas une question de volonté seule : la dépendance à la nicotine et à l’alcool est une réalité physiologique.
Les interlocuteurs possibles :
- ›le médecin traitant, qui connaît votre diabète et vos traitements ;
- ›un tabacologue ou un addictologue, en consultation en ville, à l’hôpital ou dans un CSAPA ;
- ›un diététicien, pour l’alimentation et la gestion du poids ;
- ›les groupes d’entraide et associations de patients, qui permettent d’échanger avec des personnes vivant la même situation ;
- ›les thérapies comportementales et cognitives, qui aident à identifier les situations à risque et à changer ses habitudes.
Que boire lors d’un repas de fête ?
Ma lecture, échelle indicative de 0 à 5
Le radar compare trois boissons que l’on peut servir lors d’un repas, pour une personne qui surveille sa glycémie ou qui réduit l’alcool. L’eau infusée aux épices n’apporte ni alcool ni sucre, avec un vrai parfum. Le mocktail maison peu sucré apporte de la convivialité et du goût, à condition de limiter le sirop. Le verre de vin, enfin, reste une boisson alcoolisée, à considérer avec l’accord du médecin et dans le respect des repères. Lecture indicative, qui ne remplace pas un avis médical.
Des boissons de fête sans alcool et peu sucrées
Réduire l’alcool ne veut pas dire renoncer au plaisir de la table. Chez nous, les épices et les fleurs sont les meilleures alliées des boissons sans alcool :
- ›une eau infusée vanille-citron vert : une demi-gousse fendue et quelques rondelles de citron vert dans un litre d’eau, une nuit au réfrigérateur ;
- ›une infusion froide d’hibiscus, à la belle couleur rubis, acidulée, qui se passe très bien de sucre ;
- ›une eau pétillante au gingembre frais et à la cannelle, pour une note chaude et vive ;
- ›un thé glacé maison, non sucré, parfumé à la menthe.
Pour plus d’idées, découvrez nos mocktails à l’hibiscus et notre mojito sans alcool, en réduisant le sucre ou le sirop si vous surveillez votre glycémie. Et si vous choisissez de boire un verre avec l’accord de votre médecin, nos idées de cocktails à faible teneur en alcool permettent de rester dans les repères.

Une boisson à l’hibiscus sans alcool, acidulée et peu sucrée, pour les repas de fête
La pyramide aromatique d’une eau infusée aux épices
Pour parfumer vos boissons sans alcool, nous vous conseillons nos fleurs d’hibiscus, nos gousses de vanille de Madagascar, notre cannelle de Madagascar et notre gingembre en poudre.
Mon verdict : la prévention face au trio tabac, alcool et diabète
Voici mon évaluation, critère par critère.
Vos questions fréquentes
Vanilles du monde
Dans mon livre, je raconte les grandes vanilles du monde, leurs terroirs et les gestes pour bien les choisir, les conserver et les cuisiner.