Les transports publics au Brésil, c’est la première question que se pose tout expatrié, et même tout voyageur qui prépare un séjour. Il faut savoir que le pays a un très bon réseau de bus entre les villes, avec des bus de nuit incroyables, mais presque pas de trains. Je vis à Belo Horizonte depuis novembre 2015 et je circule régulièrement en avion, en bus et en voiture. Dans cet article, je vous explique comment se déplacer dans ce pays-continent : l’avion entre les grandes villes, l’autocar longue distance, la voiture, les rares trains, les transports en ville, avec mes conseils pratiques et de sécurité.
- › La taille du Brésil, un pays-continent
- › Les trois grands moyens de transport au Brésil
- › En avion
- › L’autocar
- › L’automobile
- › Rouler en sécurité
- › Les rares trains de passagers
- › Se déplacer en ville
- › Avion, bus ou voiture : que choisir ?
- › Mes conseils pour bien combiner les transports
- › Mon verdict
- › Vos questions fréquentes
La taille du Brésil, un pays-continent
Le Brésil est le cinquième plus grand pays du monde par sa superficie, avec environ 8,5 millions de km², soit plus de quinze fois la France métropolitaine. Pour voir ses paysages et sa culture si diverse, vous devrez parcourir de grandes distances : de Belo Horizonte à Rio de Janeiro, il y a environ 440 km de route ; de São Paulo à Belém, près de 3 000.
Vous aurez le choix entre l’avion, le bus ou la voiture. Le train, lui, ne joue presque aucun rôle dans le transport de passagers. Avant de partir, je vous conseille de découvrir les grandes régions naturelles du pays, par exemple avec mon article qu’est-ce que le Cerrado, pour mesurer les distances et choisir vos étapes.
Voici la vidéo qui présente mon travail, entre vanille, épices et routes brésiliennes :
Les trois grands moyens de transport au Brésil
Au Brésil, on considère qu’il existe trois grands moyens de transport entre les villes : l’avion, l’autocar et la voiture. Je retire le train, car il n’existe presque plus de lignes de passagers régulières. Les deux exceptions les plus connues sont la ligne de la Vitória-Minas, qui relie Belo Horizonte à la région de Vitória, et quelques trains touristiques, comme celui qui descend de Curitiba vers la Serra do Mar.
Pour choisir, gardez ces repères en tête :
- ›moins de 500 km : bus ou voiture, souvent plus simples que l’avion une fois les trajets vers l’aéroport comptés ;
- ›de 500 à 800 km : bus de nuit ou avion selon votre budget et votre temps ;
- ›plus de 800 km : avion, presque toujours.
En avion
Si vous réservez vos billets à l’avance, vous économiserez beaucoup de temps et d’énergie en prenant l’avion entre les grandes villes plutôt que de conduire, surtout si votre voyage est court. Un vol entre Rio de Janeiro et São Paulo dure environ une heure, alors que la route peut prendre six heures. Entre Belo Horizonte et Rio de Janeiro, comptez environ une heure de vol, avec une arrivée possible à l’aéroport Santos Dumont, en plein centre, contre six à sept heures de route. Entre São Paulo et Belém, le vol dure environ trois heures et demie, quand le bus demande plus de deux jours.
Le marché intérieur est dominé par trois compagnies : Latam, Gol et Azul. Les billets s’achètent sur leurs sites ou leurs applications. Les prix varient énormément selon la date, l’heure et l’anticipation : un vol réservé la veille peut coûter plusieurs fois le prix du même vol réservé un mois avant. J’ai rassemblé mes astuces dans 10 conseils pour acheter ses billets d’avion.
Mes règles pour les vols intérieurs :
- ›arrivez à l’aéroport au moins une heure avant le vol, une heure et demie aux heures de pointe ;
- ›gardez toujours votre passeport sur vous : c’est votre pièce d’identité pour embarquer si vous êtes étranger ;
- ›vérifiez la franchise bagage, souvent payante sur les tarifs les moins chers ;
- ›regardez à quel aéroport vous arrivez : plusieurs grandes villes en ont deux, parfois très éloignés l’un de l’autre.
À Belo Horizonte, la plupart des vols arrivent à Confins, à une quarantaine de kilomètres du centre : je vous explique comment rejoindre la ville dans comment quitter l’aéroport de Belo Horizonte Confins.

L’aéroport de Confins, porte d’entrée aérienne de Belo Horizonte
L’autocar
Même si les distances semblent trop grandes pour voyager en bus, le réseau d’autocars brésilien est très développé, et il s’avère très utile dans un pays aussi vaste. Dans toutes les grandes villes et dans la plupart des petites, il existe au moins une gare routière, appelée rodoviária.
Le système propose plusieurs niveaux de confort, pour tous les budgets :
- ›convencional : le bus classique, sans grand confort, pour les trajets courts ;
- ›executivo : des sièges plus larges et plus inclinables ;
- ›semi-leito : des sièges très inclinables, avec repose-jambes ;
- ›leito et leito-cama : des fauteuils presque entièrement inclinables, comparables à la classe affaires d’un avion, parfois avec couverture et boissons.
Le bus de nuit en leito est idéal pour relier deux villes éloignées de quelques centaines de kilomètres : vous dormez pendant le trajet et vous économisez une nuit d’hôtel. C’est par exemple une bonne option entre Foz do Iguaçu et Curitiba.
Comparez les compagnies, car plusieurs desservent souvent le même itinéraire, et achetez en ligne ou au guichet de la rodoviária. Le week-end et hors saison, il est souvent aussi simple d’acheter un billet pour le prochain bus au guichet que de réserver. Les voyages en bus sont généralement sûrs, mais surveillez toujours vos affaires, surtout dans les gares routières des grandes villes, et gardez vos objets de valeur avec vous, pas dans la soute.
L’automobile
La voiture vous permet d’aller dans des régions isolées sans dépendre des horaires de bus ou d’avion. Les agences de location sont présentes dans tous les grands aéroports. C’est une vraie liberté, et c’est souvent la seule façon de découvrir des régions incroyables, comme lors d’un voyage au Jalapão.
Mais il faut savoir conduire au Brésil, car ce n’est pas toujours facile. L’état des routes varie beaucoup selon les régions : de nombreux axes du Sud et du Sud-Est sont en bon état, alors que dans le Nord et sur les routes secondaires, les nids-de-poule et les chemins de terre sont courants. Inspectez toujours les pneus, les freins et la roue de secours avant de partir.
Quelques règles du code de la route brésilien, quand aucun panneau n’indique autre chose :
- ›routes à deux voies séparées : 110 km/h pour les voitures ;
- ›routes à voie unique : 100 km/h ;
- ›en ville : 60 km/h sur les grandes artères, 40 km/h sur les voies collectrices, 30 km/h dans les rues locales ;
- ›alcool : tolérance zéro au volant.
Respectez la signalisation, qui prime toujours. Pour les documents, le permis et toutes les règles détaillées, lisez mon article conduire au Brésil. Et si vous voulez découvrir le Minas Gerais par les routes de terre sans conduire vous-même, je propose aussi des Expéditions Ranger, une journée pour découvrir le vrai Minas Gerais.

Sur les routes de terre du Brésil, la voiture reste la clé de la liberté
Rouler en sécurité
En raison du manque de signalisation dans certaines régions et de la barrière de la langue, les étrangers peuvent rencontrer des difficultés loin des grands axes. Mes conseils :
- ›planifiez votre itinéraire à l’avance et téléchargez vos cartes hors ligne : le réseau mobile disparaît vite à la campagne ;
- ›évitez de rouler de nuit sur les routes secondaires : animaux, nids-de-poule et camions mal éclairés ;
- ›choisissez une voiture discrète et ne laissez jamais d’objet de valeur visible à l’intérieur ;
- ›soyez vigilant aux feux rouges dans les grandes villes la nuit, et gardez les vitres remontées ;
- ›garez-vous dans des parkings surveillés quand c’est possible ;
- ›méfiez-vous des péages et des stations-service rares sur les longues routes de l’intérieur : faites le plein dès que vous le pouvez.
Les rares trains de passagers
Le Brésil a démantelé l’essentiel de ses lignes de passagers au XXe siècle, au profit de la route. Il reste pourtant quelques trains qui valent le détour :
- ›le train de la Vitória-Minas : une ligne quotidienne qui relie Belo Horizonte à Cariacica, dans le Grand Vitória, sur plus de 600 km. Le voyage dure une bonne douzaine d’heures, en classe économique ou exécutive, avec la vallée du Rio Doce comme décor ;
- ›les trains touristiques : par exemple la descente de Curitiba vers Morretes, à travers la forêt atlantique, ou le petit train à vapeur entre Tiradentes et São João del-Rei, que je vous raconte dans voyage en train de Tiradentes à São João del-Rei.
Ces trains sont plus des expériences que des moyens de transport : réservez-les à l’avance et vérifiez les jours de circulation, qui changent selon les saisons.
Se déplacer en ville
Dans les grandes villes, le bus urbain reste le moyen de transport principal. Plusieurs métropoles ont aussi un métro : São Paulo et Rio de Janeiro ont les réseaux les plus complets, Brasília, Recife, Salvador, Fortaleza, Porto Alegre et Belo Horizonte ont des lignes plus modestes. À Belo Horizonte, le métro ne compte qu’une ligne, et ce sont surtout les bus et les couloirs de bus rapides qui structurent la ville.
Les couloirs de bus rapides, appelés BRT, sont une spécialité brésilienne : Curitiba en a été la pionnière dans les années 1970, et le modèle s’est diffusé à Rio, à Belo Horizonte et ailleurs.
Les applications de VTC sont très utilisées et souvent bon marché : c’est une solution pratique et plus sûre la nuit. Pour visiter la ville où je vis, lisez mon guide de Belo Horizonte ; pour Rio, visiter Rio de Janeiro.
Avion, bus ou voiture : que choisir ?
Mon ressenti de dégustation, échelle indicative de 0 à 5
Le radar compare les trois grands moyens de transport. L’avion gagne largement sur la rapidité, mais coûte cher en dernière minute et ne montre rien du pays. L’autocar est le plus économique et, en leito, étonnamment confortable. La voiture offre la liberté et la découverte des paysages, mais demande plus de vigilance. C’est mon ressenti de résident, indicatif.
Mes conseils pour bien combiner les transports
Si vous passez des vacances au Brésil et que vous voyagez entre de grands centres touristiques, combinez l’avion pour les longues distances et le bus pour les trajets moyens. Si vous souhaitez vivre une expérience dans des lieux incroyables, parcs nationaux, villes baroques du Minas Gerais, plages isolées, louez une voiture sur place, une fois arrivé dans la région.
Quelques derniers conseils pratiques :
- ›téléchargez les applications des compagnies aériennes et de VTC avant d’arriver ;
- ›gardez un peu d’argent liquide pour les péages et les petites villes, même si le paiement par carte et par Pix est devenu très courant ;
- ›prévoyez des marges : les distances sont longues, la météo tropicale peut ralentir la route ;
- ›et renseignez-vous sur les banques et les moyens de paiement si vous vous installez : lisez les banques au Brésil.
La pyramide du voyageur au Brésil : du plus rapide au plus libre
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Mon verdict : les transports au Brésil
Voici mon évaluation de cette recette, critère par critère.
