Vivre au Brésil est un rêve que beaucoup partagent. Mais pour s’y installer quand on n’a pas de conjoint brésilien, il faut une base légale : le plus souvent un visa de travail ou un visa étudiant. Ici, vous allez découvrir le visa de travail et le visa étudiant, que l’on appelle couramment VITEM, pour bien commencer l’aventure dans le pays-continent : ce que dit la loi de migration de 2017, qui demande quoi et où, la différence entre visa et autorisation de résidence, le droit de travailler pendant ses études, et ce qu’il faut faire en arrivant. Je vis à Belo Horizonte depuis novembre 2015 et j’ai vérifié ces règles sur les sources officielles.
- › Un pays incroyable mais protectionniste
- › Visa ou autorisation de résidence : bien comprendre la différence
- › Le visa de travail
- › Le visa étudiant
- › Les autres voies pour s’installer
- › Visa étudiant, visa de travail ou nomade numérique
- › Carte de travail ou carteira de trabalho
- › Pour les salariés en activité : le préavis en cas de licenciement
- › Les étapes, de la France à votre installation
- › Mon verdict
- › Vos questions fréquentes
Un pays incroyable mais protectionniste
Pour démarrer une nouvelle vie au Brésil, vous devez avoir un statut qui vous autorise à y résider : visa de travail, visa étudiant, regroupement familial si vous avez un conjoint brésilien, ou d’autres cas prévus par la loi. Il faut le savoir : obtenir un visa de travail sans employeur est difficile, et le visa étudiant est lié à la durée des études.
Vous vous dites peut-être que cela va être difficile de vivre au Brésil. C’est vrai, il faut s’y préparer : le marché du travail favorise naturellement les nationaux et les résidents, la langue est indispensable, et le coût de la vie dans les grandes villes est élevé pour qui veut un niveau de vie européen.
Mais le Brésil a aussi modernisé sa législation. La loi de migration n° 13.445 de 2017, avec son décret d’application n° 9.199, a remplacé l’ancien statut de l’étranger de 1980. Elle traite l’immigrant comme un sujet de droits, simplifie certaines procédures et permet, dans plusieurs cas, de demander une autorisation de résidence depuis le Brésil.
Un rappel : un Français peut entrer au Brésil comme visiteur sans visa, mais ce statut ne permet pas de travailler ni d’étudier dans un cursus régulier de longue durée. Et attention à ne pas dépasser la durée autorisée : voir dépassement de séjour au Brésil.

Le drapeau du Brésil : s’y installer demande un statut prévu par la loi de migration de 2017
Visa ou autorisation de résidence : bien comprendre la différence
C’est la première source de confusion :
- ›Le visa temporaire (le VITEM, pour visto temporário) est délivré par un consulat ou une ambassade du Brésil à l’étranger. Il vous permet d’entrer au Brésil pour un motif précis : études, travail, recherche, regroupement familial, etc.
- ›L’autorisation de résidence est décidée par les autorités brésiliennes. Pour le travail, elle est généralement demandée en ligne sur le système MigranteWeb du ministère de la Justice et de la Sécurité publique, souvent avant le visa ; dans certains cas, elle peut être demandée par une personne déjà présente au Brésil.
Dans la première version de cet article, nous parlions du « ministère du Travail et de l’Immigration » : depuis 2019, c’est le ministère de la Justice qui gère ces autorisations.
Dans tous les cas, l’étape finale est la même : l’enregistrement auprès de la Polícia Federal, dans les 90 jours qui suivent l’entrée pour un titulaire de visa temporaire. C’est lui qui vous donne votre carte d’immigrant, la CRNM : je détaille tout dans la demande de RNE, aujourd’hui CRNM.
Une nouveauté à surveiller : fin août 2026, le réseau diplomatique brésilien a annoncé la délivrance électronique des visas temporaires pour les nationalités dispensées de visa de visite, dont la France, sans vignette collée dans le passeport. Les conditions et les documents ne changent pas, mais la procédure peut différer selon les consulats : vérifiez les instructions du vôtre.

Visa temporaire au consulat, autorisation de résidence au Brésil, puis enregistrement à la Polícia Federal
Le visa de travail
La loi de 2017 prévoit le visa temporaire de travail pour la personne qui vient exercer une activité professionnelle au Brésil, avec ou sans lien d’emploi. Le texte exige la preuve d’une offre de travail formalisée par une personne morale au Brésil, exigence dont est dispensée la personne qui justifie d’un diplôme d’enseignement supérieur ou équivalent, dans les conditions fixées par la réglementation.
En pratique, le schéma classique est le suivant :
- ›l’entreprise brésilienne (ou la filiale brésilienne d’un groupe étranger) prépare le dossier et justifie le recrutement ;
- ›l’autorisation de résidence pour le travail est demandée sur MigranteWeb, avec les documents de l’entreprise, le contrat et la preuve de qualification du salarié ;
- ›après accord, le salarié dépose sa demande de visa au consulat du Brésil compétent (à Paris, par exemple, pour beaucoup de résidents français) ;
- ›à l’arrivée, il s’enregistre à la Polícia Federal et active sa carte de travail numérique.
Nous écrivions à l’époque que l’entreprise devait justifier son choix et payer des frais : c’est toujours l’esprit de la procédure, et c’est pour cela que peu d’entreprises s’y engagent pour un profil facilement disponible sur place. La durée initiale de l’autorisation est en général limitée (souvent jusqu’à deux ans selon les cas), avec ensuite la possibilité, sous conditions, de passer à une résidence à durée indéterminée. Les critères précis sont fixés par les résolutions du Conseil national de l’immigration (CNIg) : vérifiez celle qui s’applique à votre cas.
Pour la recherche d’emploi elle-même, je vous donne mes conseils dans travailler au Brésil.
Le visa étudiant
Le visa temporaire d’études peut être accordé à la personne qui vient au Brésil pour suivre un cursus régulier, faire un stage ou participer à un échange d’études ou de recherche. Il se demande au consulat, sur présentation notamment :
- ›de la preuve d’inscription ou d’acceptation par l’établissement brésilien ;
- ›de la preuve de moyens de subsistance pour la durée du séjour ;
- ›des documents d’état civil et d’un extrait de casier judiciaire, apostillés et traduits selon les exigences du consulat ;
- ›du passeport et du formulaire de demande.
La durée est liée au cursus : nous parlions d’un an à l’époque, et c’est souvent l’ordre de grandeur de la première autorisation, qui peut ensuite être prolongée tant que les études se poursuivent, sur justificatifs.
Peut-on travailler avec un visa étudiant ? C’est une question que l’on me pose souvent. La réglementation actuelle (le décret 9.199) permet au titulaire d’un visa d’études d’exercer une activité rémunérée compatible avec la charge horaire de ses études, dans les conditions prévues par la législation. Ce n’est donc plus la règle restrictive des anciens stages limités que l’on décrivait avant la loi de 2017. Les études restent toutefois le motif du séjour : si votre projet change, il faudra changer de statut.
La pyramide du visa temporaire au Brésil
Les autres voies pour s’installer
Le travail et les études ne sont pas les seuls motifs prévus par la loi. Parmi les plus courants pour des Français :
- ›Le regroupement familial : pour la personne mariée ou en union stable avec un Brésilien, ou parent d’un enfant brésilien. La demande peut se faire depuis le Brésil auprès de la Polícia Federal. Je l’explique dans se pacser au Brésil et le visa permanent et mariage au Brésil et les contrats.
- ›La recherche et l’enseignement : avec ou sans lien d’emploi avec une institution brésilienne ; sans lien d’emploi et pour un séjour de plus de 90 jours, le chercheur peut exercer une activité rémunérée liée à son domaine.
- ›Le nomade numérique : pour travailler à distance pour un employeur étranger, sans travailler pour une entreprise brésilienne, sur justificatif de revenus.
- ›L’investissement dans une activité au Brésil, avec des seuils fixés par la réglementation.
- ›Le bénévolat, les activités religieuses, artistiques ou sportives, dans des cas précis.
Chaque voie a ses propres conditions, ses documents et ses durées. Le site du consulat compétent et le portail gov.br restent les références.
Visa étudiant, visa de travail ou nomade numérique
Ma lecture, échelle indicative de 0 à 5
Le radar compare trois visas temporaires souvent envisagés par les Français. Le visa étudiant est le plus accessible si vous avez une inscription, et il permet aujourd’hui une activité rémunérée compatible avec les études, mais il reste lié au cursus. Le visa de travail ouvre pleinement le marché de l’emploi et une voie vers la résidence durable, mais il dépend d’un employeur ou d’un diplôme et demande un dossier lourd. Le visa de nomade numérique offre une grande autonomie pour qui a déjà un employeur étranger, mais il ne permet pas de travailler pour une entreprise brésilienne. Lecture indicative, pas une grille officielle.
Carte de travail ou carteira de trabalho
Dans l’article d’origine, nous expliquions que la carte de travail se demandait à la Polícia Federal, avec deux photos 3×4 et la copie certifiée du passeport. Ce n’est plus le cas.
Depuis 2019, la Carteira de Trabalho e Previdência Social est numérique : elle s’active avec un compte gov.br, et le CPF sert de numéro. Pour un étranger, il faut donc :
- ›un statut migratoire qui autorise le travail ;
- ›un CPF (voir qu’est-ce que le CPF) ;
- ›un compte gov.br, puis l’activation de la carte numérique.
Nous écrivions aussi, avec raison : si vous exercez une activité à titre indépendant, vous n’avez pas besoin de carte de travail au sens d’un contrat de salarié, mais vous devrez avoir un statut adapté (micro-entrepreneur, société) et un statut migratoire qui le permet.
Et n’oubliez pas que vos revenus seront à déclarer chaque année à la Receita Federal si vous êtes résident fiscal au Brésil. Pour recevoir un salaire ou une bourse, il vous faudra aussi un compte bancaire : voir les banques au Brésil.
Pour les salariés en activité : le préavis en cas de licenciement
L’article d’origine détaillait la loi sur le préavis, alors nouvelle. Voici l’essentiel, toujours valable :
- ›la Constitution fédérale (article 7, XXI) prévoit un préavis d’au moins 30 jours ;
- ›la loi n° 12.506 de 2011 l’a rendu proportionnel à l’ancienneté : 30 jours jusqu’à un an de service, puis 3 jours de plus par année de service, dans la limite de 90 jours ;
- ›pour atteindre les 90 jours, il faut donc environ 21 ans d’ancienneté dans l’entreprise.
Nous expliquions à l’époque la polémique : le salarié qui démissionne doit-il, lui aussi, respecter ce préavis allongé ? Depuis, la jurisprudence du tribunal supérieur du travail s’est majoritairement fixée : la proportionnalité est un droit du salarié, et le salarié démissionnaire reste en principe tenu à 30 jours. Les conventions collectives peuvent prévoir des règles plus favorables. Pour le reste du droit du travail (CLT, PJ, micro-entreprise), voyez travailler au Brésil.
Les étapes, de la France à votre installation
Pour résumer, voici le chemin type :
- ›définir le projet (études, travail, famille, recherche) et obtenir le document clé (inscription, offre, acte de mariage) ;
- ›si nécessaire, faire demander l’autorisation de résidence sur MigranteWeb ;
- ›rassembler les pièces exigées par le consulat, avec apostilles et traductions ;
- ›déposer la demande de visa au consulat compétent ;
- ›entrer au Brésil, puis s’enregistrer à la Polícia Federal dans les 90 jours ;
- ›obtenir le CPF, ouvrir un compte bancaire, activer la carte de travail numérique si vous travaillez.
Comptez plusieurs mois entre la décision et l’installation, davantage pour un visa de travail qui suppose une autorisation préalable.
Maintenant, vous savez l’essentiel sur le visa de travail et le visa étudiant pour commencer votre nouvelle vie au Brésil.
Pour emporter un peu de France au Brésil, ou un peu de Brésil en France : toutes mes vanilles et mes superaliments du Brésil.
Mon verdict : le visa de travail et le visa étudiant au Brésil
Voici mon évaluation, critère par critère.