L’automne se caractérise par une humidité plus importante, des températures plus fraîches et des journées qui raccourcissent. Les jours sans pluie ni vent, la pollution peut aussi s’accumuler dans l’air des villes. Cette période s’accompagne d’une hausse des maladies respiratoires : rhume, grippe, Covid-19, bronchite, sinusite et pneumonie, sans oublier l’asthme ou la bronchite chronique qui se réveillent.
Chaque année, de l’automne à la fin de l’hiver, les consultations et les hospitalisations pour infections respiratoires augmentent nettement, et les personnes âgées sont les plus exposées aux complications. Il est donc important de renforcer les précautions pour nos aînés pendant cette période. Dans ce guide, je fais le point sur les risques, les gestes de prévention, les vaccins recommandés en France et les petits réflexes du quotidien, à la maison comme à table.
- Pendant cette période, pensez aussi à votre apport en vitamine C, qui contribue au fonctionnement normal du système immunitaire : l’acérola en poudre en est une source très concentrée.
Sommaire
Les risques pour les personnes âgées en automne
En automne, les virus transmis par les gouttelettes et les mains sont particulièrement actifs. Ils causent des infections respiratoires comme la rhinite et la sinusite, mais aussi des atteintes des bronches et des poumons : bronchite, pneumonie, Covid-19. Comme nous passons plus de temps à l’intérieur, dans des pièces moins aérées, les contaminations sont plus fréquentes. Les petits-enfants qui reprennent l’école rapportent aussi leur lot de virus.
Les personnes âgées, en particulier celles qui vivent avec une maladie chronique (cœur, poumons, diabète, reins) ou en situation de fragilité, sont plus vulnérables aux complications. Avec l’âge, le système immunitaire répond moins vite et moins fort : c’est ce que l’on appelle l’immunosénescence. Une simple grippe peut alors se compliquer d’une pneumonie, décompenser une insuffisance cardiaque ou entraîner une perte d’autonomie.
Il est donc essentiel de limiter l’exposition à ces infections. Adopter des habitudes de vie saines, comme une alimentation équilibrée, une bonne hydratation, un suivi rigoureux des maladies chroniques et une activité physique modérée, aide l’organisme à mieux faire face.
Les autres dangers de la saison
L’automne apporte aussi des risques moins connus. Les chutes augmentent avec les feuilles mortes, les sols mouillés et la nuit qui tombe tôt. La remise en route du chauffage expose aux intoxications au monoxyde de carbone si les appareils ne sont pas entretenus : faites vérifier chaudière et cheminée chaque année et n’utilisez jamais un chauffage d’appoint à combustion en continu. Enfin, le manque de lumière et l’isolement peuvent peser sur le moral.

Infections, chutes, chauffage : l’automne demande quelques précautions supplémentaires pour nos aînés.
Prévention et précautions essentielles
Pour protéger les personnes âgées, il est recommandé de limiter leur exposition aux foules en période d’épidémie et de garder ses distances avec les personnes qui ont des symptômes de rhume ou de grippe. Si vous rendez visite à un parent âgé alors que vous êtes enrhumé, portez un masque ou reportez la visite. Il est aussi essentiel de privilégier des pièces bien aérées (dix minutes plusieurs fois par jour) et de se laver souvent les mains.
Le chauffage assèche l’air. Si l’air est très sec, un humidificateur peut aider, à condition de viser 40 à 60 % d’humidité et de bien l’entretenir. Une température de 19 °C dans les pièces de vie convient à la plupart des gens ; les personnes très âgées, qui ont plus vite froid, peuvent avoir besoin d’un peu plus.
Avant de ressortir couvertures et vêtements chauds, il est important de les laver pour éliminer la poussière et les acariens accumulés pendant les mois de stockage. Lors des sorties dans des lieux très fréquentés et fermés pendant les épidémies, comme les supermarchés, les transports ou les salles d’attente, le port d’un masque reste un bon réflexe.
Bien boire et bien manger
Avec l’âge, la sensation de soif diminue. En automne, on boit encore moins, alors que le chauffage fait perdre de l’eau. Proposez régulièrement des boissons chaudes : tisanes, thé léger, bouillons, soupes. Un verre d’eau à chaque prise de médicament et à chaque repas est un bon repère.
La dénutrition est fréquente après 70 ans et fragilise les défenses. Le plus important est de manger suffisamment, et notamment assez de protéines (œufs, poisson, viande, laitages, légumineuses) à chaque repas. Les fruits et légumes de saison, riches en vitamines, complètent l’assiette : agrumes, kiwis, choux, courges. Une perte de poids involontaire doit être signalée au médecin. Pour la vitamine D, souvent basse en hiver chez les seniors, ne vous supplémentez pas seul : parlez-en à votre médecin (qu’est-ce que la vitamine D).
Bouger, dormir et garder le lien
Une marche quotidienne à la lumière du jour, quelques exercices d’équilibre et de renforcement des jambes aident à garder force et autonomie et à prévenir les chutes. Un sommeil régulier participe aussi à la récupération (renforcer votre immunité en dormant). Enfin, gardez le contact : un appel, une visite, un repas partagé comptent autant que le reste pour traverser la saison.

Boire, manger assez de protéines, bouger et dormir : les bases pour traverser la saison.
Préparer la maison avant l’hiver
Quelques aménagements simples réduisent beaucoup les risques. Installez des veilleuses dans le couloir et la salle de bains pour les levers nocturnes, retirez les tapis qui glissent, et placez une lampe facilement accessible près du lit. À l’entrée, un paillasson antidérapant évite de glisser avec des semelles mouillées. Prévoyez des chaussures fermées à semelles adhérentes pour les sorties sous la pluie. Vérifiez que le thermomètre médical fonctionne et gardez à portée de main la liste des traitements et le numéro du médecin traitant. Enfin, faites le point sur l’armoire à pharmacie avec le pharmacien plutôt que d’y accumuler des médicaments en automédication : chez les seniors, certains produits contre le rhume (vasoconstricteurs) ou les anti-inflammatoires peuvent poser problème avec d’autres traitements.
Mise à jour des vaccinations
Le carnet de vaccination des seniors doit être à jour. La vaccination est l’une des protections les plus efficaces contre les formes graves des maladies saisonnières. Les vaccins entraînent le système immunitaire à reconnaître un microbe, ce qui permet de réduire le risque de formes sévères et d’hospitalisation, même s’ils n’empêchent pas toujours d’être infecté.
En France, pour la saison 2026-2027, la campagne contre la grippe se déroule du 13 octobre 2026 au 31 janvier 2027 dans l’Hexagone ; le vaccin est pris en charge à 100 % pour les 65 ans et plus, et des vaccins renforcés adaptés aux seniors sont recommandés en priorité. Le vaccin contre le Covid-19 peut être fait le même jour. Les recommandations ont aussi évolué pour le pneumocoque : les anciens schémas à deux vaccins ont laissé la place, depuis 2025, à une dose unique d’un vaccin conjugué de nouvelle génération, recommandée désormais à tous les adultes de 65 ans et plus. Voici un récapitulatif, à vérifier avec votre médecin ou votre pharmacien :
| Vaccin | Pour qui (repères France) | Quand |
|---|---|---|
| Grippe | Toutes les personnes de 65 ans et plus, malades chroniques, entourage | Chaque automne (campagne d’octobre à janvier) |
| Covid-19 | 65 ans et plus et personnes à risque de forme grave | Avant l’hiver, possible le même jour que la grippe |
| Pneumocoque | Tous les adultes de 65 ans et plus | Une dose unique, toute l’année |
| VRS | 75 ans et plus, et 65 ans et plus avec maladie respiratoire ou cardiaque chronique | Avant la saison épidémique |
| Zona | 65 ans et plus | Deux doses, toute l’année |
| Diphtérie-tétanos-polio-coqueluche | Rappel à 65 ans puis tous les 10 ans | Selon le calendrier vaccinal |
Enfin, en cas de symptômes qui persistent, comme une fièvre, une toux, un essoufflement ou des crachats, il est vivement recommandé de consulter un médecin sans tarder pour éviter toute complication. Chez la personne très âgée, une infection peut aussi se manifester de façon trompeuse : confusion, chute, perte d’appétit ou grande fatigue, parfois sans fièvre.
Pour aller plus loin, retrouvez notre guide sur le froid et les seniors : renforcer les défenses immunitaires, ainsi que les maladies d’automne les plus courantes, se remettre d’une grippe et la toux persistante.

Un sommeil régulier participe à la récupération de l’organisme.
Information santé
Ces informations générales ne remplacent pas l’avis du médecin traitant, seul à même d’adapter les vaccins et la prévention à chaque personne. Pas d’antibiotiques ni de compléments sans avis médical, surtout en cas de traitement au long cours (risque d’interactions). En cas de difficulté à respirer, de douleur thoracique ou de confusion brutale, appelez le 15 ou le 112. Si vous ou un proche traversez une période de détresse psychique, le 3114 répond gratuitement, 24 h/24.
Questions fréquentes
Quels vaccins faire à 65 ans et plus avant l’hiver ?
La grippe chaque année, le Covid-19 selon les recommandations en vigueur, le pneumocoque (dose unique) et, selon l’âge et l’état de santé, le VRS et le zona. Votre médecin ou votre pharmacien vérifiera votre carnet.
Pourquoi les personnes âgées sont-elles plus fragiles en automne ?
Le système immunitaire réagit moins vite avec l’âge, les maladies chroniques sont plus fréquentes et les virus circulent davantage. Une infection banale peut alors se compliquer plus facilement.
Comment savoir si une personne âgée boit assez ?
Des urines foncées, une bouche sèche, une fatigue inhabituelle ou une confusion peuvent être des signes de déshydratation. Proposez à boire régulièrement, sans attendre la soif.
Quels signes doivent alerter chez un senior malade ?
Un essoufflement, une respiration rapide, une confusion, une chute, un refus de boire ou de manger, ou une fièvre qui dure plus de 3 jours. Dans ces cas, on contacte le médecin sans attendre, et le 15 en cas de signe de gravité.