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L’auto-examen du pouls peut aider à identifier les arythmies cardiaques

savoir comment le faire

Par Equipe du Comptoir de Toamasina
Publié: Mis à jour: 9 minutes lire

L’auto-examen du pouls peut aider à identifier les arythmies cardiaques. Saviez-vous que le rythme et la régularité de votre pouls donnent des indications précieuses sur votre cœur ? Le geste prend une minute, ne coûte rien et peut faire repérer un trouble du rythme fréquent et souvent silencieux : la fibrillation atriale (on dit aussi fibrillation auriculaire).

Beaucoup de personnes atteintes de troubles du rythme ne ressentent aucun symptôme. Savoir prendre son pouls permet donc de repérer une anomalie et d’en parler à son médecin. Mais soyons clairs dès le départ : cette méthode ne remplace pas un diagnostic médical. Seul un électrocardiogramme (ECG) permet de confirmer une arythmie.

Qu’est-ce que l’auto-examen du pouls peut aider à identifier ?

Le pouls, c’est l’onde de pression que chaque contraction du cœur envoie dans les artères. En le palpant, on peut apprécier deux choses : la fréquence (le nombre de battements par minute, ou bpm) et surtout la régularité (les battements arrivent-ils à intervalles réguliers, comme un métronome ?).

L’auto-surveillance permet ainsi de repérer des battements irréguliers, des pauses ou une fréquence anormalement rapide ou lente au repos. Ce sont des signes qui peuvent évoquer une fibrillation atriale ou des extrasystoles (battements prématurés, le plus souvent bénins), et qui justifient un avis médical.

En médecine, une fréquence de 60 à 100 bpm est généralement considérée comme normale chez l’adulte au repos. Il n’existe pas de recommandation officielle demandant de prendre son pouls tous les jours : les recommandations européennes de cardiologie de 2024 conseillent surtout de le vérifier à partir de 65 ans, lors des consultations. Chez soi, une vérification ponctuelle, par exemple une fois par semaine au repos, et chaque fois que vous ressentez des palpitations, est un bon réflexe.

Arythmies et variations du rythme cardiaque

Une arythmie est un trouble du rythme du cœur : trop rapide (tachycardie), trop lent (bradycardie) ou irrégulier. Dans la première version de cet article, on lisait que la fibrillation auriculaire « réduit la fréquence cardiaque » : c’est inexact. Dans la fibrillation atriale, les oreillettes (les cavités du haut du cœur) battent de façon désordonnée, et le pouls devient totalement irrégulier, souvent rapide, parfois normal ou lent.

C’est le trouble du rythme le plus fréquent. On estime qu’environ une personne sur trois de plus de 55 ans pourrait en développer une au cours de sa vie. Elle est souvent silencieuse, mais elle n’est pas anodine : le sang stagne dans les oreillettes, des caillots peuvent se former et partir vers le cerveau. La fibrillation atriale serait ainsi en cause dans environ un AVC sur cinq, souvent sans avoir été repérée avant. Elle favorise aussi l’insuffisance cardiaque. Bonne nouvelle : une fois diagnostiquée, elle se traite, et des traitements anticoagulants réduisent fortement ce risque.

D’autres arythmies, comme certaines tachycardies, provoquent une accélération brutale des battements. Elles peuvent être liées à une maladie du cœur, à un trouble de la thyroïde, à un médicament ou à des excitants.

Le pouls : reflet de votre fréquence cardiaque

Pour mesurer le nombre de battements par minute, on compte le pouls au niveau de l’artère radiale, au poignet.

Un rythme supérieur à 100 bpm au repos est qualifié de tachycardie. En dessous de 60 bpm, on parle de bradycardie ; elle est souvent normale chez les sportifs entraînés ou pendant le sommeil, mais doit être signalée si elle s’accompagne de fatigue, de vertiges ou de malaises. Et surtout, un pouls irrégulier, quelle que soit sa fréquence, mérite un avis médical.

Aujourd’hui, certains appareils facilitent la surveillance : des tensiomètres automatiques signalent un rythme irrégulier, et des montres ou bracelets connectés mesurent la fréquence cardiaque. Certains enregistrent même un tracé d’ECG à une dérivation. Ils peuvent aider à documenter des palpitations, mais leurs alertes doivent toujours être confirmées par un ECG médical : ils peuvent se tromper dans les deux sens, et leur intérêt pour dépister toute la population n’est pas encore démontré.

Situation Fréquence habituelle (repères) Commentaire
Adulte au repos 60 à 100 bpm Souvent 60 à 90 chez le jeune adulte en bonne santé
Sportif entraîné au repos Parfois 40 à 60 bpm Normal si aucun symptôme
Sommeil Plus basse qu’éveillé Baisse naturelle
Effort intense Peut dépasser 150 bpm Normal, retour au calme progressif
Stress, chaleur, caféine Augmentation passagère Le pouls reste régulier
Pouls irrégulier au repos Quelle que soit la fréquence À signaler à un médecin

Comment pratiquer l’auto-examen du pouls ?

Installez-vous au calme, assis, depuis au moins cinq minutes, sans avoir bu de café ni fumé juste avant.

  • Trouvez le pouls : placez l’index et le majeur de la main opposée sur la face interne du poignet, à la base du pouce, dans le petit creux entre l’os et le tendon. N’utilisez pas le pouce, qui a son propre pouls.
  • Appuyez légèrement jusqu’à sentir les battements ; ajustez la position de vos doigts si nécessaire.
  • Comptez les battements pendant 30 secondes et multipliez par 2. Si le rythme vous semble irrégulier, comptez pendant une minute entière, car le calcul sur 15 secondes devient alors trompeur.
  • Écoutez le rythme : les battements sont-ils réguliers ? Y a-t-il des pauses, des battements en avance, ou un rythme totalement désordonné ? Vous pouvez tapoter le rythme du pied pour mieux le percevoir.
  • Notez la date, l’heure, la fréquence et vos observations : ces notes seront utiles à votre médecin.

Le pouls peut aussi se prendre au cou, sous l’angle de la mâchoire, mais avec douceur et d’un seul côté à la fois : une pression trop forte sur la carotide peut ralentir le cœur et faire perdre connaissance, en particulier chez les personnes âgées. Le poignet reste le meilleur choix pour un usage régulier.

Cette méthode simple vous aide à mieux connaître votre cœur et à repérer des signes qui méritent un suivi médical.

Fréquence cardiaque et circonstances particulières

Chez un jeune adulte en bonne santé, la fréquence cardiaque au repos se situe souvent entre 60 et 90 battements par minute. Certains contextes entraînent des variations importantes sans danger. Lors d’une activité physique intense, il est normal que le rythme atteigne 150 à 160 bpm, voire davantage chez le jeune. Pendant les périodes de stress, une accélération est courante. À l’inverse, pendant le sommeil, la fréquence diminue naturellement. Dans tous ces cas, le pouls reste régulier : c’est l’irrégularité au repos qui doit alerter.

À l’effort, le cœur accélère normalement ; c’est un pouls irrégulier au repos qui doit alerter

À l’effort, le cœur accélère normalement ; c’est un pouls irrégulier au repos qui doit alerter

Effets de la chaleur et des stimulants

Des substances stimulantes comme la caféine, la poudre de guarana (riche en caféine) et les boissons énergisantes peuvent augmenter la fréquence cardiaque et, chez certaines personnes sensibles, favoriser des palpitations. Pour rester dans des repères raisonnables, l’EFSA considère que jusqu’à 400 mg de caféine par jour, toutes sources confondues, ne posent pas de problème chez l’adulte en bonne santé (200 mg pendant la grossesse). Voir aussi café ou boisson énergisante et les effets du guarana sur la tension.

L’alcool, surtout en grande quantité lors d’un repas de fête, est un déclencheur connu de fibrillation atriale. Le tabac et le manque de sommeil jouent aussi. La chaleur intense a un effet similaire aux stimulants sur la fréquence, car le corps accélère le flux sanguin vers la peau pour évacuer la chaleur. C’est pourquoi, durant les journées chaudes, il est important de bien s’hydrater, de porter des vêtements légers et d’éviter une exposition prolongée au soleil.

Boissons énergisantes et caféine en excès peuvent accélérer le cœur et favoriser les palpitations

Boissons énergisantes et caféine en excès peuvent accélérer le cœur et favoriser les palpitations

Les cardiologues recommandent également de limiter l’alcool, d’arrêter le tabac, de bouger régulièrement et de surveiller le poids, la tension, la glycémie et le cholestérol (voir le lipidogramme), afin de réduire le risque de complications graves.

Quand consulter, quand appeler le 15 ?

Ce que vous constatez Que faire ?
Pouls irrégulier à plusieurs reprises, sans autre symptôme Prendre rendez-vous avec votre médecin, qui pourra faire un ECG
Palpitations fréquentes, fatigue inhabituelle, essoufflement à l’effort Consulter rapidement votre médecin
Pouls très rapide (au-delà de 120 au repos) ou très lent (sous 40) avec malaise Appeler le 15
Palpitations avec douleur dans la poitrine, essoufflement important, malaise ou perte de connaissance Appeler le 15 ou le 112 immédiatement
Faiblesse d’un côté du corps, bouche déviée, trouble de la parole Appeler le 15 : signes possibles d’AVC

Pour faire la part des choses entre palpitations liées au stress et urgence cardiaque, lisez aussi Infarctus ou crise d’anxiété. Et l’hiver, n’oubliez pas que le froid est un facteur de risque d’AVC.

Information santé

La prise du pouls est un outil de repérage, pas un diagnostic. Un pouls irrégulier doit être vérifié par un médecin avec un électrocardiogramme. Si vous suivez déjà un traitement pour le cœur, ne le modifiez jamais en fonction de votre pouls ou de votre montre sans avis médical. En cas de douleur thoracique, de malaise ou de signes d’AVC, appelez le 15 ou le 112.

Questions fréquentes

Quel est un pouls normal au repos ?

Chez l’adulte, entre 60 et 100 battements par minute. Un sportif peut descendre en dessous de 60 sans que ce soit anormal. Ce qui compte autant que le chiffre, c’est la régularité.

Comment savoir si mon pouls est irrégulier ?

Comptez pendant une minute entière en tapotant le rythme. Si les battements ne tombent pas à intervalles réguliers, s’il y a des pauses ou un désordre complet, notez-le et parlez-en à votre médecin.

Ma montre connectée suffit-elle pour dépister une fibrillation atriale ?

Elle peut donner l’alerte, mais ne pose pas le diagnostic. Toute alerte doit être confirmée par un ECG réalisé par un professionnel de santé.

Le café peut-il provoquer une arythmie ?

Le café accélère légèrement le cœur et peut favoriser des palpitations chez les personnes sensibles. Une consommation modérée est en général bien tolérée ; en cas de palpitations, parlez-en à votre médecin. Pour aller plus loin : gélule de caféine.

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