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DJI Mavic 3 vs DJI Air 2s

Par Arnaud Sion
Publié: Mis à jour: 15 minutes lire

DJI Mavic 3 ou DJI Air 2S, lequel choisir ? En septembre 2022, quand j’ai écrit ce comparatif, le Mavic 3 était le drone compact haut de gamme de DJI, et l’Air 2S le favori des vidéastes voyageurs. Sur le papier, les deux étaient très compétitifs. Moi, Arnaud Sion, je filme au Brésil pour le Comptoir de Toamasina et pour mon agence photo-vidéo-drone Wayapi, avec un Mavic 2 Pro puis un Air 2S. Dans cet article, je compare les spécifications vérifiées, les caméras, l’autonomie, la sécurité et la réglementation, du vlogueur occasionnel au vidéaste professionnel, puis je vous dis ce qui a changé depuis.

L’avis d’Arnaud, créateur du Comptoir de ToamasinaMon conseil : ne choisissez pas un drone sur sa fiche technique, choisissez-le sur ce que vous allez vraiment filmer et là où vous allez voler. Pour des vidéos de voyage publiées sur YouTube ou les réseaux sociaux, l’Air 2S suffit largement. Le Mavic 3 se justifie si vous vendez vos images, si vous filmez souvent à l’aube, au crépuscule ou de nuit, et si vous voulez voler en Europe dans les conditions les plus souples. Et quel que soit le modèle, vérifiez la réglementation du pays avant chaque vol.

DJI Mavic 3 vs DJI Air 2S, lequel choisir ?

Le Mavic 3 est sorti fin 2021, avec un capteur 4/3 signé Hasselblad et une seconde caméra téléobjectif. L’Air 2S, sorti au printemps 2021, avait marqué les esprits en installant un capteur d’un pouce dans un drone de moins de 600 g. Le premier coûtait à peu près le double du second : toute la question est de savoir si cette différence se voit à l’écran.

Je ne suis pas un laboratoire de test. Mon regard est celui d’un utilisateur qui filme des paysages, des plantations, des villes et des routes au Brésil, pour raconter l’histoire des saveurs que je défends. Pour cette vidéo de nuit du pont JK à Brasília, j’utilisais un Mavic 2 Pro, l’ancêtre du Mavic 3 :

Je raconte ce tournage dans le pont JK de Brasília de nuit, et je présente l’Air 2S en détail dans DJI Air 2S et DJI RC.

Mavic 3 vs DJI Air 2S : tableau comparatif des spécifications

D’après les spécifications publiées par DJI, le Mavic 3 est meilleur à bien des égards : capteur plus grand, cadence d’images plus élevée, autonomie plus longue, détection d’obstacles complète. Mais les deux drones n’ont pas le même format, ni bien sûr le même prix. J’ai revérifié et corrigé ce tableau par rapport à la première version de l’article.

Caractéristique DJI Mavic 3 DJI Air 2S
Capteur principal 4/3 CMOS, 20 Mpx 1 pouce CMOS, 20 Mpx
Seconde caméra Téléobjectif 1/2 pouce, zoom hybride jusqu’à 28x Non
Ouverture f/2.8 à f/11, réglable f/2.8 fixe
Champ de vision 84° 88°
Vidéo maximale 5,1K à 50 i/s 5,4K à 30 i/s
4K jusqu’à 120 i/s jusqu’à 60 i/s
Débit vidéo 200 Mbit/s (ProRes sur la version Cine) 150 Mbit/s
Plage dynamique annoncée 12,8 IL 12,6 IL
Temps de vol maximal 46 min (40 min en stationnaire) 31 min (30 min en stationnaire)
Portée de transmission 15 km FCC, 8 km CE (O3+) 12 km FCC, 8 km CE (O3)
Poids 895 g (899 g version Cine) 595 g
Dimensions plié 221 × 96 × 90 mm 180 × 97 × 77 mm
Détection d’obstacles Omnidirectionnelle 4 directions (avant, arrière, haut, bas)
Vitesse maximale 21 m/s (environ 75 km/h) 19 m/s (environ 68 km/h)
Résistance au vent 12 m/s (environ 43 km/h) 10,7 m/s (environ 38,5 km/h)
Température de fonctionnement -10 à 40 °C 0 à 40 °C
Batterie 5 000 mAh, LiPo 4S 3 500 mAh, LiPo 3S
Stockage interne 8 Go (1 To SSD version Cine) 8 Go
Application DJI Fly DJI Fly

Les autonomies et portées sont des valeurs de laboratoire, mesurées sans vent : sur le terrain, comptez plutôt 70 à 80 % de ces chiffres, et la portée réelle dépend beaucoup des interférences.

DJI Mavic 3 et DJI Air 2S

Le DJI Mavic 3 et le DJI Air 2S, deux drones pliables aux usages différents

Vaut-il la peine de passer de l’Air 2S au Mavic 3 ?

Ceux qui veulent le meilleur cliché possible et le dernier équipement peuvent être tentés de passer de l’Air 2S au Mavic 3. Mais cela en vaut-il la peine ? Résumons les différences pratiques :

  • ›DJI Air 2S : 31 minutes de vol, 12 km de portée FCC, capteur d’un pouce, détection d’obstacles dans 4 directions ;
  • ›Mavic 3 : 46 minutes de vol, 15 km de portée FCC, capteur 4/3, téléobjectif, détection d’obstacles omnidirectionnelle.

Pour la plupart des utilisateurs occasionnels, et même pour beaucoup de professionnels, la mise à niveau ne se justifie pas. Les vraies différences qui valent l’investissement sont le grand capteur, qui donne de meilleures images en basse lumière, l’ouverture réglable et la caméra téléobjectif. Le Mavic 3 est le meilleur drone des deux dans la plupart des situations, mais la mise à niveau depuis un Air 2S déjà excellent s’adresse surtout aux professionnels de l’image qui ont besoin du meilleur résultat absolu pour des films, des publicités ou des documentaires.

Le Mavic 3 vaut-il son prix par rapport à l’Air 2S ?

La différence de prix entre les deux drones est-elle justifiée ? À leur sortie, le Mavic 3 coûtait environ deux fois plus cher que l’Air 2S, et l’écart restait important en pack avec batteries supplémentaires.

Pour la plupart des gens, choisir l’Air 2S plutôt que le Mavic 3 était la meilleure option. Les exceptions : les cinéastes professionnels, qui exploitent l’ouverture réglable et le grand capteur, et ceux qui filment souvent en basse lumière. Payer deux fois plus pour un gain que la majorité des spectateurs ne verront pas sur un écran de téléphone n’a pas beaucoup de sens, sauf si vous bénéficiez vraiment des points que je détaille ci-dessous.

Les prix ont ensuite beaucoup bougé, avec l’arrivée de versions plus accessibles du Mavic 3 : je l’ai suivi dans le prix du Mavic 3 en chute et dans Mavic 3 contre Mavic 3 Classic.

Comparaison des caméras Mavic 3 vs Air 2S

C’est le point essentiel, car tout le reste devient secondaire par rapport à l’image finale. Dans la plupart des comparaisons côte à côte en plein jour, même un œil averti a du mal à faire la différence. C’est encore plus vrai une fois la vidéo publiée sur YouTube ou sur les réseaux sociaux, où la compression nivelle les écarts.

Voici un tournage réalisé avec l’Air 2S, sur la route de l’acérola au Brésil :

En plein soleil, l’Air 2S fait un travail remarquable. C’est quand la lumière baisse, ou quand on veut retravailler fortement les couleurs en post-production, que le Mavic 3 prend l’avantage.

Taille du capteur et performances en basse lumière

Le grand argument du Mavic 3, c’est son capteur 4/3, et c’est aussi ce qui le rend beaucoup plus cher. Si vous êtes un professionnel, c’est probablement la principale raison de choisir ce drone plutôt que l’Air 2S.

Un capteur plus grand capte davantage de lumière : c’est idéal pour les vidéos et les photos à faible luminosité, avec moins de bruit à l’aube, au crépuscule ou de nuit. Les deux drones ont 20 mégapixels, mais les photosites du Mavic 3 sont plus grands. Il était assez révolutionnaire, à l’époque, de loger un capteur de la taille de ceux des hybrides micro quatre tiers dans un drone pliable aussi compact.

Pour les vols de nuit, qui sont ma passion depuis Brasília, c’est un vrai plus. Je vous donne mes conseils pratiques dans vol de nuit avec un drone.

Drone DJI Mavic 3

Le Mavic 3 et son grand capteur 4/3, à l’aise en basse lumière

La caméra secondaire du Mavic 3 est-elle utile ?

L’autre particularité du Mavic 3, c’est sa petite caméra téléobjectif, placée au-dessus de la caméra principale. DJI l’a présentée comme une aide pour repérer un sujet de loin, pour les missions de recherche et de sauvetage, ou pour obtenir une vue rapprochée sans s’approcher des personnes.

C’est très utile quand on doit rester à distance d’un événement ou ne pas survoler des tiers, comme l’imposent les règles de l’aviation civile en France et au Brésil. Elle offre un grossissement fixe d’environ 7x par rapport à l’objectif principal, et un zoom hybride jusqu’à 28x, qui perd en qualité mais permet de voir très loin.

Son capteur d’un demi-pouce donne des images correctes en bonne lumière. Ses limites : il ne propose pas de zoom fluide sur toute la plage, et ses réglages étaient très restreints à la sortie du drone, avant d’être enrichis par les mises à jour.

L’ouverture réglable

Le Mavic 3 surpasse l’Air 2S sur un point très concret : son ouverture se règle de f/2.8 à f/11, alors que celle de l’Air 2S est fixée à f/2.8. Cela donne beaucoup plus de contrôle sur l’exposition, notamment avec des filtres ND en plein jour.

Mon Mavic 2 Pro avait aussi une ouverture réglable, et je me souviens à quel point c’était pratique. Avec un filtre ND monté, je pouvais ajuster l’ouverture pour éclaircir ou assombrir l’image d’un plan à l’autre, sans redescendre le drone pour changer de filtre quand la lumière changeait. Avec l’Air 2S, il faut souvent atterrir pour changer de filtre et garder une vitesse d’obturation cinéma.

Résolution, ralentis, photos et plage dynamique

En résolution, les deux drones sont des monstres, avec plus de 5K, mais des cadences différentes. Premier point pour l’Air 2S : sa 5,4K est un vrai format 16/9, tandis que la 5,1K du Mavic 3 est en 17/9, ce qui donne de légères bandes noires ou un recadrage si vous exportez en 16/9.

En revanche, le Mavic 3 filme en 5,1K à 50 images par seconde, contre 30 pour l’Air 2S, et surtout en 4K jusqu’à 120 images par seconde, contre 60. C’est un vrai plus pour les ralentis.

En photo, les deux prennent des images de 20 mégapixels en JPEG et en DNG RAW. Le Mavic 3 bénéficie du rendu des couleurs développé avec Hasselblad, très naturel. Côté plage dynamique, DJI annonçait 12,8 IL pour le Mavic 3 et 12,6 IL pour l’Air 2S : un écart minime sur le papier, même si le profil log du Mavic 3, plus plat, laisse plus de marge en étalonnage.

Autonomie, modes de vol, obstacles et retour au point de départ

La portée est devenue un argument secondaire : même si le Mavic 3 atteint 15 km sur le papier en norme FCC, la règle est de voler en vue directe, à quelques centaines de mètres au plus. L’autonomie, elle, change vraiment la vie : 46 minutes annoncées contre 31. En conditions réelles, c’est moins, mais l’écart reste suffisant pour filmer plus détendu.

Les modes de vol intelligents sont proches : MasterShots, QuickShots, Hyperlapse, suivi de sujet. Le Mavic 3 apporte ActiveTrack 5.0, qui suit un sujet dans toutes les directions, et le système d’assistance au pilotage APAS 5.0, alimenté par six capteurs fisheye et deux capteurs grand angle pour une vision à 360°. Plusieurs de ces fonctions sont arrivées par mises à jour en 2022.

Son retour au point de départ avancé calcule un trajet plus court et plus économe, en évitant les obstacles et en tenant compte du vent, au lieu de remonter puis de revenir en ligne droite. Face au vent, il résiste à 12 m/s contre 10,7 m/s pour l’Air 2S, et DJI annonçait 35 % de traînée en moins que les générations précédentes. Côté bruit, plus un drone est gros, plus il produit de décibels, mais avec un son plus grave et moins strident.

Ce que dit la réglementation

C’est un point que beaucoup de comparatifs oublient, et il compte autant que la caméra.

  • ›En Europe, le Mavic 3 a obtenu en 2022 l’étiquette de classe C1, ce qui permet de voler en catégorie ouverte A1 après la formation en ligne, avec des règles plus souples près des personnes. L’Air 2S, sans étiquette de classe et de plus de 250 g, est considéré comme un drone ancien : depuis le 1er janvier 2024, il ne peut plus voler qu’en sous-catégorie A3, loin des personnes et des zones habitées.
  • ›En France, l’exploitant doit s’enregistrer sur le portail AlphaTango et suivre la formation adaptée, et le drone doit respecter les zones interdites et les hauteurs maximales.
  • ›Au Brésil, où je vole, il faut enregistrer le drone auprès de l’ANAC (système SISANT) au-delà de 250 g ou pour un usage professionnel, demander l’autorisation d’accès à l’espace aérien auprès du DECEA, et utiliser un appareil homologué par l’Anatel. Le cadre de l’ANAC a été profondément refondu ces dernières années.
PrécautionLes règles sur les drones changent régulièrement : avant chaque vol, vérifiez la réglementation en vigueur auprès des autorités officielles (DGAC et AlphaTango en France, ANAC, DECEA et Anatel au Brésil). Cet article est une information générale, pas un conseil juridique.
ATTAQUEUsage : loisir ou proCŒURCapteur, autonomie, poidsFONDBudget, réglementation

La pyramide de choix d’un drone : usage, technique, cadre

Mavic 3, Air 2S et Mavic 2 Pro comparés

Mavic 3, Air 2S et Mavic 2 Pro : mon comparatif d’usage

Ma lecture, échelle indicative de 0 à 5


Le radar compare les deux drones de l’article avec mon ancien Mavic 2 Pro, comme point de repère. Le Mavic 3 domine sur la qualité d’image, la basse lumière, l’autonomie et la sécurité de vol. L’Air 2S gagne sur la portabilité et le prix, avec une image déjà excellente de jour. Le Mavic 2 Pro reste un bon drone avec son ouverture réglable, mais il a été dépassé en autonomie et en transmission. C’est une lecture qualitative, issue de mon usage, pas un test de laboratoire.

Conclusion : quel est le meilleur entre Mavic 3 et Air 2S ?

Le choix dépend de votre budget et de votre usage. Si le Mavic 3 entre dans votre budget et que vous allez gagner de l’argent avec vos images, allez-y : c’est clairement le meilleur des deux, et son étiquette C1 est un vrai atout en Europe.

Si votre budget est plus serré, ou si vous publiez surtout sur YouTube et les réseaux sociaux, l’Air 2S était le choix raisonnable en 2022 : la différence d’image ne sera pas perceptible pour la plupart des spectateurs. Et si vous avez encore le Mavic Air 2 d’origine, avec son capteur d’un demi-pouce, le passage au Mavic 3 représente un saut beaucoup plus net, surtout en basse lumière.

Pour d’autres comparatifs, lisez DJI Avata contre DJI Air 2S et tout savoir sur le DJI Mavic 3 Classic.

DJI Air 2S avec radiocommande DJI RC

L’Air 2S et sa radiocommande DJI RC, le compagnon idéal du vidéaste voyageur

Ce qui s’est passé ensuite (mise à jour)

Cet article date de septembre 2022, et le marché a beaucoup bougé depuis :

  • ›fin 2022, DJI a lancé le Mavic 3 Classic, sans téléobjectif et nettement moins cher, qui reprenait le grand capteur du Mavic 3 ;
  • ›en 2023, le Mavic 3 Pro est arrivé avec trois caméras, et l’Air 3 a remplacé l’Air 2S avec deux caméras ;
  • ›en 2024, l’Air 3S a retrouvé un capteur principal d’un pouce, la grande force de l’Air 2S ;
  • ›en 2025, DJI a présenté le Mavic 4 Pro, successeur du Mavic 3 Pro ;
  • ›aux États-Unis, en décembre 2025, la FCC a ajouté les drones fabriqués à l’étranger, dont ceux de DJI, à sa liste d’équipements couverts, ce qui bloque l’autorisation des nouveaux modèles ; les drones déjà achetés peuvent continuer à voler.

Le raisonnement de ce comparatif reste valable : un grand capteur pour la basse lumière et le travail professionnel, un drone plus léger pour voyager. Sur le marché de l’occasion, le Mavic 3 et l’Air 2S restent d’excellents drones, à condition de bien vérifier la réglementation qui s’applique à chacun là où vous volez.

Mon verdict : le Mavic 3 pour les pros, l’Air 2S pour voyager

Voici mon évaluation, critère par critère.

Vos questions fréquentes

Quelle est la principale différence entre le Mavic 3 et l’Air 2S ?Le capteur : 4/3 pour le Mavic 3 contre 1 pouce pour l’Air 2S, ce qui donne au Mavic 3 l’avantage en basse lumière.
Quelle est l’autonomie réelle du Mavic 3 et de l’Air 2S ?DJI annonce 46 et 31 minutes ; en conditions réelles, comptez environ 70 à 80 % de ces valeurs.
L’Air 2S peut-il encore voler en Europe ?Oui, mais comme drone sans étiquette de classe de plus de 250 g, il est limité depuis 2024 à la sous-catégorie A3, loin des personnes.
Le Mavic 3 a-t-il une étiquette C1 ?Oui, le Mavic 3 a obtenu l’étiquette de classe C1 en 2022, ce qui élargit ses possibilités de vol en catégorie ouverte.
Faut-il déclarer son drone au Brésil ?Oui, au-delà de 250 g ou pour un usage professionnel, il faut l’enregistrer auprès de l’ANAC et demander l’accès à l’espace aérien au DECEA.

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