Maison Non classél’Açaí du nord du Brésil au monde entier !

l’Açaí du nord du Brésil au monde entier !

Par Arnaud Sion
Publié: Mis à jour: 16 minutes lire

Il est arrivé lentement mais, avec le temps, l’açaí a gagné de nombreux amateurs en France. L’açaí du nord du Brésil a conquis le monde entier ! Mais comment ce fruit fragile, qui fermente quelques heures après la cueillette, arrive-t-il jusqu’aux États-Unis, au Japon, en Australie ou en Europe ? Et sous quelle forme ? Moi, Arnaud Sion, créateur du Comptoir de Toamasina, je vis au Brésil depuis 2015, et mon entreprise brésilienne exporte elle-même l’açaí. Dans cet article, je vous explique où part l’açaí exporté, quels pays l’achètent, combien le Brésil en vend réellement à l’étranger, et quelles formes voyagent : pulpe surgelée, sorbets sucrés ou poudre RWD.

L’avis d’Arnaud, créateur du Comptoir de ToamasinaMon avis : l’açaí que l’on mange hors du Brésil est rarement celui que l’on boit à Belém. Pour voyager, il doit être surgelé, sucré ou séché, et chaque forme change le goût. Si vous voulez retrouver le vrai açaí du Pará, choisissez une pulpe nature ou une poudre pure, sans sucre ni sirop de guaraná ajouté, et préparez-la vous-même. C’est exactement pour cela que j’ai choisi la poudre séchée en RWD.

L’açaí du nord du Brésil au monde entier

Aujourd’hui, le fruit venu d’Amazonie est une véritable fièvre, même loin de sa région d’origine : le nord du Brésil. L’açaí a gagné en notoriété lorsqu’il a cessé d’être connu uniquement comme un aliment de base des populations du nord du Brésil et a gagné l’amour des surfeurs et des sportifs de Rio de Janeiro, dans les années 1980 et 1990. De Rio, il est parti vers la Californie, puis vers le reste du monde.

Dans les États de l’Amazonas et du Pará, ainsi que dans d’autres États de la région amazonienne, l’açaí est principalement consommé avec de la farine de manioc ou de tapioca, du poisson et des crevettes. Le pirão, cette purée épaisse de farine de manioc, accompagne aussi l’açaí sur la table, ainsi que les gelées, les glaces et les sucreries. Dans d’autres régions, le fruit a du succès lorsqu’il est mélangé à du granola et à du sirop de guaraná. Je raconte ces différences dans comment est consommé l’açaí au Brésil.

En outre, l’açaí a une grande importance économique : la boisson obtenue à partir de son fruit a une forte consommation régionale, et les exportations ont fortement augmenté ces dernières années. C’est ce voyage, du nord du Brésil au monde entier, que je vous propose de suivre.

Açaí d’Amazonie

L’açaí, du nord du Brésil au monde entier

Le Brésil est-il un grand producteur d’açaí ?

Oui, et c’est même le seul grand producteur mondial. Le Brésil a produit près de 2 millions de tonnes de fruits en 2024, dont environ 90 % dans l’État du Pará, selon l’IBGE. La Colombie, souvent citée comme deuxième producteur, en produit à peine quelques milliers de tonnes. J’ai détaillé ces chiffres dans les plus grands producteurs d’açaí au monde et le classement des États brésiliens dans quel État produit l’açaí ?.

L’açaí provient du palmier açaizeiro, aussi appelé palmier pinot, Euterpe oleracea, qui peut atteindre 20 à 25 mètres de hauteur, avec de grandes feuilles finement découpées en lanières, de couleur vert foncé. Ses fleurs sont petites, groupées en grandes grappes jaunâtres. À maturité, les fruits sont d’une couleur violette, presque noire. On les récolte pendant une bonne partie de l’année, mais plus intensément de juillet à décembre. Aujourd’hui, grâce à l’irrigation et aux variétés améliorées par l’Embrapa, certaines plantations produisent aussi pendant l’entressafre, de janvier à juin.

Mais voici le point que beaucoup ignorent : environ 90 % de l’açaí produit au Brésil reste au Brésil, selon le secrétariat à l’agriculture du Pará. L’export ne représente qu’une petite partie de la récolte, même s’il pèse de plus en plus lourd dans les prix.

Où part l’açaí exporté ?

Selon le secrétariat au développement agricole du Pará (Sedap), cité par la presse paraense en octobre 2025, les exportations d’açaí de l’État se répartissent ainsi, en volume.

Destination Part des volumes exportés par le Pará Ce qu’il faut retenir
États-Unis Environ 58 % Premier marché depuis les années 2000, celui des bols et des smoothies
Australie Environ 15,6 % 2 111 tonnes de janvier à août 2025, contre 1 493 tonnes un an plus tôt
Pays-Bas Environ 12,7 % Porte d’entrée de l’açaí vers une partie de l’Europe
Japon Environ 11,2 % 1 515 tonnes au premier semestre 2025, contre 229 tonnes un an plus tôt
Autres pays Le reste Canada, Chili, France, Portugal, Grèce, Guyane, Suriname, Hong Kong…

Les États-Unis restent le premier marché, de loin. Selon le centre international d’affaires de la Fédération des industries du Pará (FIEPA), les exportations d’açaí du Pará vers les États-Unis ont atteint environ 43,7 millions de dollars au premier semestre 2025, en hausse de près de 60 % sur un an.

Mais les plus fortes progressions viennent d’ailleurs : le Japon a presque multiplié ses achats par sept en un an, et les Pays-Bas, grands ports d’entrée en Europe, ont connu une hausse comparable. L’Australie, où les bols d’açaí sont devenus un classique des cafés, progresse aussi régulièrement.

La France, elle, n’apparaît pas parmi les premiers acheteurs : une partie de l’açaí consommé en France peut d’ailleurs transiter par d’autres pays européens, sous forme de pulpe surgelée ou de produits déjà transformés.

Açaí du Brésil au monde

Du Pará aux États-Unis, au Japon et à l’Europe : les routes de l’açaí

Combien d’açaí le Brésil exporte-t-il vraiment ?

C’est une question plus difficile qu’il n’y paraît. L’açaí n’a pas de code douanier unique : il est déclaré sous plusieurs catégories, comme les jus de fruits non fermentés sans sucre ajouté ou les fruits préparés et conservés. Au premier semestre 2025, ces deux catégories représentaient respectivement environ 55 % et 31 % de la valeur des exportations d’açaí du Pará, selon la FIEPA.

En appliquant une méthode d’estimation à ces codes, la Fapespa, la fondation statistique du Pará, estime que l’État a exporté en 2025 environ 35 000 tonnes de produits dérivés de l’açaí, pour environ 128 millions de dollars. En 2002, ces exportations ne dépassaient pas 300 tonnes. En vingt ans, l’açaí est donc passé du statut de curiosité à celui de produit d’exportation à part entière.

Il faut lire ces chiffres avec prudence : ce sont des estimations, et les chercheurs qui suivent la filière reconnaissent que la traçabilité de l’açaí exporté reste difficile. En 2022, je citais dans la première version de cet article une hausse « incroyable » des exportations : la tendance s’est confirmée, mais les montants exacts varient selon les sources.

Sous quelles formes l’açaí voyage-t-il ?

La baie d’açaí est l’un des fruits les plus fragiles qui soient : elle commence à fermenter quelques heures après la récolte. Impossible donc de l’exporter fraîche. Elle quitte le Brésil sous l’une de ces formes.

Forme exportée Comment elle est faite Avantages Limites
Pulpe surgelée nature Fruits trempés, blanchis, dépulpés, pasteurisés puis surgelés en sachets Le goût le plus proche de l’açaí frais Chaîne du froid à -18 °C de bout en bout, transport coûteux
Mix sorbet sucré Pulpe mélangée à du sucre ou du sirop de guaraná, parfois à des fruits Prêt à servir en bol glacé Beaucoup de sucre ajouté, goût éloigné de l’açaí du Pará
Poudre RWD Pulpe séchée en quelques minutes sur un film chauffé par de l’eau Légère, stable, sans chaîne du froid, couleur préservée Il faut la réhydrater ou la mixer
Autres poudres Lyophilisation ou atomisation, souvent avec un support Stables et légères Procédés et résultats très variables selon les fabricants
Ingrédients industriels Extraits, colorants, huile d’açaí Cosmétique, boissons, compléments Le fruit n’est plus qu’un ingrédient parmi d’autres

La pulpe surgelée est la forme la plus exportée vers les États-Unis et l’Australie. Elle demande une chaîne du froid parfaite, du Pará jusqu’au congélateur du client. Je vous explique comment en faire chez vous dans la pulpe d’açaí surgelée maison.

Les mix sorbets sont souvent très sucrés : c’est l’açaí du sud du Brésil, mélangé à du sirop de guaraná, bien loin de l’açaí nature du Pará. Les poudres, enfin, voyagent sans froid et se conservent longtemps, ce qui en fait la forme idéale pour l’Europe. Enfin, une partie de l’açaí exporté sert d’ingrédient à l’industrie, notamment pour l’açaí dans la cosmétique.

Pourquoi la poudre RWD voyage si bien

Pour mon açaí, j’ai choisi la poudre séchée par RWD, pour Refractance Window Drying. Le principe est simple : la pulpe est étalée en couche très fine sur un film plastique transparent, posé sur de l’eau chaude, autour de 95 à 98 °C. La chaleur traverse le film et sèche la pulpe en quelques minutes, sans qu’elle soit exposée longtemps à une température élevée.

Ce n’est pas de la lyophilisation, qui sèche le produit congelé sous vide, ni de l’atomisation, qui pulvérise la pulpe dans de l’air chaud, souvent avec un support comme la maltodextrine. Le RWD donne une poudre pure, qui garde la couleur violette intense et le goût terreux et cacaoté de l’açaí.

Pour l’export, ses avantages sont décisifs : une poudre légère, qui ne demande ni camion frigorifique ni congélateur, et qui se conserve plusieurs mois dans un sachet hermétique, à l’abri de la lumière et de l’humidité. Pour comparer la poudre et la pulpe, lisez pourquoi acheter l’açaí en poudre plutôt que la pulpe congelée, et pour l’utiliser, mon atelier sur l’açaí.

Séchage de l’açaí par fenêtre de réfractance

Le séchage RWD : la pulpe d’açaí sèche en quelques minutes sur un film chauffé par de l’eau

ATTAQUEFruits noirs, mûreCŒURCacao amer, noisetteFONDTerreux, végétal

La pyramide aromatique de la poudre d’açaí RWD

Quatre marchés, quatre façons de manger l’açaí

Chaque grand marché a adopté l’açaí à sa façon, et cela influence ce que le Brésil exporte.

  • ›Aux États-Unis, l’açaí s’est imposé au début des années 2000 dans les bols glacés garnis de granola et de fruits, et dans les smoothies. Les sachets de pulpe surgelée y sont devenus courants dans les rayons.
  • ›En Australie, les bols d’açaí font partie de la culture des cafés de plage, un peu comme à Rio.
  • ›Au Japon, l’açaí se vend en boissons, en desserts et en bols, et la demande a fortement progressé en 2025.
  • ›En Europe, l’açaí arrive surtout par les grands ports, comme Rotterdam aux Pays-Bas, puis se diffuse sous forme de pulpe, de poudre et de produits transformés.

En France, l’açaí a longtemps été surtout connu comme superaliment en poudre, avant de gagner les bars à bols des grandes villes. La façon brésilienne de le préparer, épais et à peine sucré, reste encore méconnue : c’est ce que je montre dans ma recette d’açaí bowl brésilienne.

Pulpe surgelée, poudre RWD ou mix sorbet : quelle forme choisir ?

Les trois formes d’açaí exportées comparées : mon avis

Ma lecture, échelle indicative de 0 à 5


Le radar compare les trois formes d’açaí que l’on trouve le plus souvent hors du Brésil. La pulpe surgelée nature est la plus fidèle au goût du Pará, mais elle dépend entièrement du froid. La poudre RWD est la plus pratique à transporter et à conserver, tout en restant pure. Le mix sorbet sucré est le plus facile à servir, mais le plus éloigné de l’açaí d’origine, à cause du sucre ajouté. C’est ma lecture qualitative, à partir de mon expérience du produit.

Les défis de l’export : prix, tarifs et traçabilité

Le succès de l’açaí à l’étranger a des conséquences très concrètes au Brésil.

  • ›Des prix en hausse à Belém : selon le Dieese, le prix moyen du litre d’açaí de type moyen à Belém est passé d’environ 22 reais en juin 2022 à plus de 41 reais en mai 2026, soit une hausse de plus de 80 %, bien au-delà de l’inflation. Les chercheurs de l’Embrapa citent notamment les achats des usines tournées vers l’export, qui réduisent l’offre sur les marchés urbains.
  • ›Une dépendance au marché américain : en 2025, l’annonce de nouvelles surtaxes américaines sur les produits brésiliens a beaucoup inquiété la filière du Pará, très exposée aux États-Unis.
  • ›La traçabilité : en septembre 2025, l’ONG brésilienne Repórter Brasil a de nouveau documenté des conditions de travail difficiles chez les cueilleurs, parfois des adolescents. Les acheteurs étrangers demandent de plus en plus des garanties sur l’origine.

J’aborde ces effets sociaux et environnementaux en détail dans le boom de l’açaí, et le chemin concret du fruit dans comment l’açaí quitte la forêt amazonienne et le Brésil.

Propriétés nutritionnelles de l’açaí : ce que le voyage change

Lorsque l’açaí a commencé à être consommé dans les villes les plus diverses du Brésil, il a acquis le statut d’aliment de remise en forme. Sa pulpe est riche en lipides, surtout insaturés, et apporte des fibres, des minéraux comme le calcium et le potassium, et des anthocyanes, les pigments violets qui lui donnent sa couleur.

Mais la forme exportée compte beaucoup :

  • ›le blanchiment et la pasteurisation, indispensables pour la sécurité sanitaire, chauffent brièvement le fruit ;
  • ›la lumière, l’air et la chaleur dégradent les anthocyanes : une pulpe décongelée trop longtemps perd sa belle couleur ;
  • ›les mix sorbets ajoutent beaucoup de sucre : lisez toujours l’étiquette ;
  • ›une poudre pure, bien conservée, concentre le fruit sans rien lui ajouter.

En 2022, je citais une étude sur la fonction vasculaire. Les recherches sur ces sujets restent préliminaires, et je préfère aujourd’hui en rester à ce que l’on sait. Pour aller plus loin, lisez les bienfaits de l’açaí en poudre.

Information santéL’açaí est un aliment : riche en fibres et en polyphénols, il aiderait à varier les apports dans le cadre d’une alimentation équilibrée, sans effet thérapeutique démontré. Les préparations sucrées sont caloriques. En cas de doute, de traitement ou de grossesse, demandez conseil à votre médecin.

Du palmier açaí, tout peut être utilisé

Le saviez-vous ? Du palmier açaí, tout peut être utilisé : fruits, feuilles, racines, cœur de palmier, tronc et grappes de fruits.

Le cœur de palmier de l’açaí est largement vendu. Le tronc est utilisé dans les constructions rustiques et les feuilles servent à couvrir les maisons. Les fibres des feuilles sont tressées en chapeaux, en nattes et en paniers. Les grappes séchées, enfin, sont utilisées comme balais.

Et le noyau, qui représente la plus grande partie du poids du fruit, n’est pas un simple déchet : il sert à l’artisanat, aux bijoux, au compost et comme combustible. Avec l’essor des exportations, la gestion des tonnes de noyaux laissées par les batteurs et les usines est d’ailleurs devenue un vrai sujet à Belém.

Les populations riveraines du fleuve Amazone utilisent ce palmier comme source de revenus et comme base de l’alimentation de leurs familles pratiquement toute l’année. Pour tout savoir sur l’arbre, lisez tout savoir sur le palmier açaí.

La légende de l’açaí

Avant de conquérir le monde, l’açaí était déjà une histoire. On dit que, dans la région où se trouve aujourd’hui la ville de Belém, une grande tribu manquait de nourriture. Le cacique Itaki prit alors une décision terrible : tous les nouveau-nés seraient sacrifiés. Même sa fille, Iaçã, dut perdre son enfant. Une nuit, Iaçã crut entendre sa fille pleurer au pied d’un palmier ; on la retrouva le lendemain enlacée au tronc, le regard tourné vers des grappes de petits fruits sombres.

Itaki fit cueillir ces fruits, qui donnèrent un jus épais et nourrissant capable de nourrir tout son peuple, et il mit fin aux sacrifices. En hommage à sa fille, il donna au palmier le nom d’açaí, Iaçã lu à l’envers. Je raconte cette légende en entier dans la légende de l’açaí.

Ma série sur la filière de l’açaí

Cet article fait partie d’une série où chaque texte répond à une question précise :

Et pour comprendre ce qui se passe avant même la récolte : comment se fait la pollinisation de l’açaí.

Pour goûter l’açaí comme au Brésil, découvrez ma poudre d’açaí RWD, mon guarana en poudre, mon acérola en poudre et mes superaliments du Brésil.

Mon verdict : l’açaí exporté du nord du Brésil

Voici mon évaluation, critère par critère.

Vos questions fréquentes

Quels pays achètent le plus d’açaí brésilien ?Les États-Unis, avec environ 58 % des volumes exportés par le Pará, devant l’Australie, les Pays-Bas et le Japon.
Le Brésil exporte-t-il beaucoup d’açaí ?Environ 90 % de l’açaí reste au Brésil. La Fapespa estime les exportations du Pará à environ 35 000 tonnes de dérivés en 2025.
Sous quelle forme l’açaí est-il exporté ?Surtout en pulpe surgelée, en mix sorbets sucrés, en poudre et comme ingrédient pour l’industrie.
Pourquoi l’açaí n’est-il pas exporté frais ?La baie fermente quelques heures après la cueillette : elle doit être transformée très vite.
Quelle forme d’açaí choisir en France ?Une pulpe nature ou une poudre pure, sans sucre ajouté, pour retrouver le goût de l’açaí du Pará.
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