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Larmes artificielles

Tout savoir pour soulager les yeux secs et irrités en toute sécurité

Par Equipe du Comptoir de Toamasina
Publié: Mis à jour: 8 minutes lire

Les yeux secs et irrités sont des désagréments courants, notamment en automne et en hiver, quand le chauffage assèche l’air, ou pour les personnes qui travaillent de longues heures devant un écran. Sensation de sable dans les yeux, brûlures, yeux qui piquent ou, paradoxalement, qui larmoient : pour soulager ces symptômes, beaucoup se tournent vers les larmes artificielles, des solutions stériles conçues pour lubrifier et apaiser la surface de l’œil.

Mais savez-vous les choisir et les utiliser correctement ? Conservateurs, flacon ou unidoses, collyre ou gel, et surtout signes qui doivent faire consulter : voici tout ce qu’il faut savoir sur ces produits du quotidien.

Qu’est-ce que les larmes artificielles ?

Il faut savoir que les larmes artificielles sont des solutions stériles qui viennent compléter ou remplacer le film lacrymal naturel. Elles servent à lubrifier et maintenir l’hydratation de la surface de l’œil, ce qui apporte un soulagement rapide en cas de sécheresse ou d’irritation.

Contrairement à une idée répandue, elles ne reproduisent pas exactement nos larmes, qui contiennent de l’eau, des sels, des lipides, du mucus et des protéines. Elles associent généralement une base saline à un agent lubrifiant qui les rend plus ou moins visqueuses : dérivés de cellulose (carmellose, hypromellose), hyaluronate de sodium, carbomères ou alcool polyvinylique. Plus le produit est visqueux, plus il reste longtemps sur l’œil, mais plus il peut brouiller la vue quelques instants.

Forme Texture Quand l’utiliser
Collyre fluide Liquide, très peu visqueux Gêne légère, en journée, devant les écrans
Collyre visqueux (hyaluronate, cellulose) Plus épais, reste plus longtemps Sécheresse modérée, environnement sec
Gel ou pommade Très épais, brouille la vue Plutôt le soir, au coucher
Unidoses sans conservateur Variable Usage fréquent, œil sensible, porteurs de lentilles

Différence entre larmes artificielles et collyres

Techniquement, les larmes artificielles sont elles-mêmes des collyres. Mais dans le langage courant, on distingue les collyres « médicamenteux », qui contiennent un principe actif pour traiter un problème précis : infection (antibiotiques), inflammation (corticoïdes), allergie (antihistaminiques), glaucome, etc. Beaucoup de ces collyres nécessitent une prescription médicale et un diagnostic préalable.

Les larmes artificielles, elles, ne soignent pas une cause : elles lubrifient. Elles sont souvent disponibles sans ordonnance, en pharmacie. Attention aussi aux collyres dits « décongestionnants » ou « pour blanchir l’œil », qui contiennent un vasoconstricteur : ce ne sont pas des larmes artificielles, ils ne sont pas faits pour un usage prolongé et ont leurs propres contre-indications. Demandez conseil à votre pharmacien.

D’où vient la sécheresse oculaire ?

Pour bien utiliser les larmes artificielles, il aide de comprendre pourquoi l’œil sèche. Nos larmes forment un film très fin, en plusieurs couches. La couche d’eau hydrate l’œil ; par-dessus, une fine couche grasse, produite par de petites glandes situées au bord des paupières (les glandes de Meibomius), limite l’évaporation. Quand l’une ou l’autre fait défaut, l’œil s’assèche.

Deux grands mécanismes sont décrits. Soit l’œil ne produit pas assez de larmes, ce qui devient plus fréquent avec l’âge ou avec certaines maladies et certains médicaments. Soit les larmes s’évaporent trop vite, le cas le plus courant : paupières enflammées (blépharite), glandes bouchées, clignements trop rares devant un écran, air sec ou venté. Dans ce second cas, les compresses tièdes sur les paupières et une hygiène douce du bord des paupières, montrées par un professionnel, complètent souvent l’usage des gouttes.

C’est pour cela qu’un même symptôme peut appeler des solutions différentes, et qu’un avis est utile quand la gêne dure.

Pourquoi utiliser des larmes artificielles ?

Les larmes artificielles sont particulièrement utiles en cas de :

  • sécheresse oculaire liée à l’utilisation prolongée d’écrans, car on cligne beaucoup moins des yeux quand on fixe un écran ;
  • inconfort lié aux lentilles de contact, avec des produits compatibles avec les lentilles ;
  • conditions climatiques difficiles : vent, froid, soleil, air sec ;
  • environnements à faible humidité : bureaux climatisés, avions, maisons chauffées en hiver ;
  • irritation passagère après une exposition à la fumée, à la poussière ou au chlore de la piscine.

La sécheresse oculaire devient aussi plus fréquente avec l’âge, et certains médicaments peuvent la favoriser. Si vous avez besoin de gouttes tous les jours depuis longtemps, il est utile d’en chercher la cause avec un professionnel.

Soin des yeux en automne

En automne et en hiver, l’air chauffé assèche les yeux comme les lèvres : un peu d’attention suffit souvent.

Mode d’emploi

Pour une efficacité maximale et sans risque de contamination, suivez ces étapes :

  1. Lavez-vous les mains.
  2. Inclinez la tête légèrement en arrière et regardez vers le haut.
  3. Tirez doucement la paupière inférieure vers le bas pour former une petite poche.
  4. Déposez une goutte dans cette poche, sans que l’embout ne touche l’œil, les cils ou les doigts.
  5. Fermez doucement les yeux une ou deux minutes, sans les frotter, pour bien répartir le produit.

Si vous utilisez un autre collyre, attendez quelques minutes entre les deux produits. Respectez la durée de conservation après ouverture indiquée sur la boîte ou la notice, ne prêtez pas votre flacon, et jetez une unidose après usage, sauf mention contraire. Un gel ou une pommade, plus épais, s’utilise plutôt le soir, car il brouille la vue quelques minutes.

Précautions et risques

Les larmes artificielles sont en général bien tolérées, mais quelques précautions s’imposent. Pour choisir un produit adapté, demandez conseil à votre pharmacien, et consultez un médecin ou un ophtalmologiste si les symptômes persistent.

  • Les conservateurs : certains flacons multidoses contiennent des conservateurs, comme le chlorure de benzalkonium, qui peuvent irriter la surface de l’œil en cas d’usage fréquent. Les ouvrages de référence en ophtalmologie conseillent de privilégier les formules sans conservateur au-delà de trois à quatre instillations par jour.
  • Les allergies : irritations, rougeurs ou démangeaisons peuvent survenir avec certains composants. Arrêtez le produit et demandez conseil.
  • Les infections : un embout touché ou un flacon gardé trop longtemps après ouverture peut être contaminé et favoriser une conjonctivite ou une kératite, surtout chez les porteurs de lentilles.
  • Le masquage d’un problème : soulager un œil sec sans en chercher la cause peut retarder le diagnostic d’une maladie des paupières, d’une allergie ou d’une maladie générale. On parle parfois de « dépendance », mais il s’agit plutôt d’un besoin persistant qui mérite un avis médical.

Les effets généraux comme une hausse de la pression artérielle ou du rythme cardiaque, parfois cités, concernent certains collyres médicamenteux (vasoconstricteurs notamment), pas les larmes artificielles classiques.

Information santé

Ces informations générales ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé. Demandez conseil à votre pharmacien pour choisir un produit, et consultez un médecin ou un ophtalmologiste si la sécheresse ou l’irritation persiste. Consultez en urgence en cas d’œil rouge et douloureux, de baisse brutale de la vision, de forte sensibilité à la lumière, ou après une projection de produit chimique (rincez abondamment à l’eau et appelez le 15 ou le 112).

Protéger ses yeux au quotidien

Les gouttes soulagent, mais les habitudes comptent autant. Devant un écran, pensez à la règle souvent conseillée des 20-20-20 : toutes les 20 minutes, regardez quelque chose situé à environ 6 mètres pendant 20 secondes, et clignez volontairement des yeux. Placez l’écran légèrement sous le niveau des yeux : on ouvre moins grand les paupières, et les larmes s’évaporent moins vite.

  • évitez de diriger l’air du chauffage, de la climatisation ou de la ventilation de la voiture vers le visage ;
  • aérez chaque jour et ne surchauffez pas la maison ; nos conseils pour garder la maison au chaud pendant le froid vont dans ce sens ;
  • portez des lunettes de soleil ou de protection par grand vent ;
  • buvez régulièrement : lisez notre guide sur l’hydratation en hiver ;
  • respectez les durées de port des lentilles, et dormez suffisamment : voici 11 conseils pour mieux dormir.

Si vos yeux piquent surtout au contact d’un chat ou d’un chien, l’allergie est peut-être en cause plutôt que la sécheresse : voyez notre article sur les poils d’animaux dans la maison. Et pour les enfants, limiter le temps d’écran le soir protège aussi leurs yeux et leur sommeil.

Les écrans et les yeux des enfants

Devant un écran, on cligne beaucoup moins des yeux : les pauses régulières comptent, pour les adultes comme pour les enfants.

Pour préserver votre santé oculaire, choisissez toujours un produit adapté à vos besoins, avec l’aide de votre pharmacien, et n’hésitez pas à consulter si l’inconfort s’installe. Gardez en tête que les larmes artificielles sont un soulagement, pas un traitement de fond : elles apaisent l’œil pendant qu’on agit sur ce qui l’assèche, qu’il s’agisse de l’écran, de l’air de la maison, des lentilles ou des paupières. C’est cette combinaison de petits gestes qui, le plus souvent, fait la différence au fil des semaines.

Questions fréquentes

Peut-on utiliser des larmes artificielles tous les jours ?

Oui, elles sont conçues pour cela, de préférence sans conservateur si l’on en met souvent. Mais un besoin quotidien et durable justifie de faire le point avec un médecin ou un ophtalmologiste.

Unidoses ou flacon ?

Les unidoses sont généralement sans conservateur et limitent le risque de contamination. Certains flacons multidoses sont aussi sans conservateur grâce à un système spécial. Lisez l’étiquette et demandez à votre pharmacien.

Peut-on les utiliser avec des lentilles ?

Seulement les produits indiqués comme compatibles avec les lentilles. Dans le doute, retirez les lentilles avant d’instiller les gouttes.

Quand faut-il consulter ?

Si les symptômes durent malgré les gouttes, et sans attendre en cas d’œil rouge et douloureux, de baisse de la vision, de gêne à la lumière, de sécrétions, ou après un choc ou une projection dans l’œil.

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