Maison VitalitéRégimeRégime anti-inflammatoire

Régime anti-inflammatoire

ce qu’il faut manger et ce qu’il faut éviter

Par Arnaud Sion
Publié: Mis à jour: 11 minutes lire

Découvrez le régime anti-inflammatoire : ce qu’il faut manger, ce qu’il vaut mieux limiter, et ce que la science en dit vraiment.

Le régime anti-inflammatoire est une façon de s’alimenter centrée sur les aliments riches en antioxydants et en bonnes graisses, comme les fruits et légumes colorés, les noix, les épices comme le curcuma et les poissons gras comme le saumon, tout en limitant les aliments ultra-transformés, riches en sucres ajoutés, en graisses saturées et en graisses trans.

Son objectif est de limiter l’inflammation chronique de bas niveau, une inflammation discrète et permanente, sans douleur ni fièvre, que la recherche associe à de nombreux troubles de santé liés à l’âge et au mode de vie. Ce n’est pas un régime au sens strict, avec des interdits et des quantités à peser, mais plutôt un modèle d’alimentation très proche de la cuisine méditerranéenne.

Avant de changer profondément votre alimentation, il est recommandé de consulter un médecin ou un diététicien-nutritionniste. Une évaluation complète permettra d’élaborer un plan alimentaire personnalisé, adapté à vos besoins, à vos goûts et à votre état de santé.

L’inflammation chronique, de quoi parle-t-on ?

L’inflammation est d’abord une réaction de défense utile : quand on se coupe ou qu’on attrape un virus, le corps envoie ses cellules immunitaires, la zone rougit, chauffe, puis tout rentre dans l’ordre. C’est l’inflammation aiguë.

L’inflammation chronique de bas niveau est différente : elle ne se voit pas, ne fait pas mal, mais elle dure. On la repère par des marqueurs dans le sang, comme la protéine C-réactive (CRP) ou l’interleukine 6. Elle est favorisée par l’excès de graisse abdominale, la sédentarité, le tabac, le manque de sommeil, le stress et une alimentation riche en produits ultra-transformés.

L’alimentation n’est donc qu’une pièce du puzzle, mais c’est une pièce sur laquelle on peut agir chaque jour.

Ce que dit la science

Le modèle le plus étudié est l’alimentation méditerranéenne. Dans le grand essai espagnol PREDIMED, des participants à risque cardiovasculaire ont suivi pendant plusieurs années un régime méditerranéen enrichi en huile d’olive vierge extra ou en noix. Dans un sous-groupe suivi trois ans, certains marqueurs de l’inflammation liés au cœur et aux vaisseaux ont baissé par rapport au groupe témoin.

Les chercheurs ont aussi créé un « indice inflammatoire de l’alimentation », qui classe les aliments selon leur effet sur les marqueurs de l’inflammation. Dans les études d’observation, les personnes dont l’alimentation a l’indice le plus inflammatoire ont plus souvent des problèmes cardiovasculaires. Ces études montrent une association, pas une relation de cause à effet.

En résumé, une alimentation de type méditerranéen aiderait à réduire l’inflammation de bas niveau et accompagnerait une bonne santé cardiovasculaire. Aucun aliment isolé, ni le curcuma ni les baies, ne produit à lui seul cet effet : c’est l’ensemble qui compte.

Épices et cuisine méditerranéenne

La cuisine méditerranéenne, modèle le plus étudié de l’alimentation anti-inflammatoire.

Les marqueurs sanguins de l’inflammation

Comment savoir s’il y a une inflammation chronique ? Il n’existe pas de « test de l’inflammation » à faire soi-même, mais le médecin dispose de plusieurs marqueurs sanguins. Ils ne se lisent jamais seuls : une infection, une blessure ou un effort intense les font aussi monter.

Marqueur Ce qu’il indique
CRP (protéine C réactive) Le marqueur le plus courant de l’inflammation ; il est normalement bas (souvent moins de 5 à 6 mg/L selon les laboratoires)
CRP ultrasensible (hs-CRP) Détecte une inflammation « à bas bruit », utilisée par les médecins pour évaluer le risque cardiovasculaire
Vitesse de sédimentation (VS) Mesure indirecte, peu spécifique, qui augmente avec l’âge et de nombreuses situations
Numération formule sanguine, fibrinogène, ferritine Complètent le bilan ; la ferritine reflète aussi les réserves de fer
Glycémie, insuline, bilan lipidique Les déséquilibres métaboliques vont souvent de pair avec l’inflammation de bas niveau

Seul votre médecin peut prescrire et interpréter ces analyses. Un résultat anormal mérite toujours un avis médical, pas un simple changement d’assiette.

Aliments autorisés

Dans le régime anti-inflammatoire, on privilégie les aliments bruts et peu transformés. Explorez une palette de saveurs tout en favorisant votre bien-être grâce à une sélection d’ingrédients intéressants :

  • Herbes aromatiques : origan, thym, coriandre, persil, menthe et romarin, riches en polyphénols.
  • Épices : curcuma, cannelle, curry, clous de girofle, gingembre, ail et oignon.
  • Poissons riches en oméga-3 : sardines, maquereau, hareng, anchois et saumon, deux fois par semaine dont un poisson gras. Le thon en conserve en apporte peu.
  • Graines : graines de lin, de chia, de courge et de sésame.
  • Fruits riches en vitamine C : orange, citron, mandarine, acérola, goyave, kiwi et ananas.
  • Fruits rouges et fruits colorés : fraise, myrtille, framboise, raisin, cerise, grenade et açaí, riches en anthocyanes, ces pigments violets antioxydants.
  • Fruits à coque : amandes, noix, noisettes et noix du Brésil, une petite poignée par jour.
  • Légumineuses : lentilles, pois chiches, haricots, riches en fibres qui nourrissent le microbiote.
  • Céréales complètes : avoine, riz complet, sarrasin, quinoa, pain complet.
  • Aliments fermentés : yaourt nature, kombucha et kéfir.
  • Légumes : brocoli, chou-fleur, chou kale, épinards, laitue, carottes, tomates, poivrons, à chaque repas.
  • Huiles végétales : huile d’olive vierge extra en premier lieu, huile de colza et huile de lin pour les oméga-3. Pour bien la choisir, lisez mon guide de l’huile d’olive, et pour la cuisson, peut-on chauffer l’huile d’olive ?

En intégrant ces ingrédients à votre alimentation, vous alliez le plaisir à une démarche active pour votre santé.

Épices anti-inflammatoires

Curcuma, gingembre, cannelle, girofle : les épices ont toute leur place dans une alimentation anti-inflammatoire.

Les épices, un vrai plus en cuisine

Les épices concentrent des polyphénols étudiés pour leurs effets anti-inflammatoires : la curcumine du curcuma, les gingérols du gingembre, l’eugénol du clou de girofle, le cinnamaldéhyde de la cannelle. Ces effets ont surtout été observés en laboratoire, et les quantités utilisées en cuisine sont faibles. Leur grand intérêt est ailleurs : elles donnent du goût sans sel ni sucre, et rendent les légumes et légumineuses bien plus appétissants. Associez le curcuma à un corps gras et à une pincée de poivre noir pour mieux absorber sa curcumine. Pour aller plus loin : 4 façons de profiter du curcuma, le curcuma, l’intestin et le cerveau et consommer le curcuma sans risque.

Favorisez la santé en limitant certains aliments

Pour limiter l’inflammation, une attention particulière doit être portée à certains aliments, sans pour autant les bannir totalement :

  • Produits ultra-transformés : pizzas industrielles, nuggets, plats préparés, lasagnes surgelées, chips, riches en graisses de mauvaise qualité, en sel et en additifs.
  • Graisses saturées et trans en excès : fritures, bacon, viennoiseries et biscuits industriels, produits contenant des huiles partiellement hydrogénées.
  • Charcuteries : saucisse, jambon, salami, pastrami, coppa et mortadelle, à limiter à 150 g par semaine selon les repères français.
  • Sucres ajoutés : sodas, jus en bouteille ou en poudre, biscuits, gâteaux, céréales sucrées, sauces comme le ketchup.
  • Viandes rouges : bœuf, agneau, porc, à limiter à 500 g par semaine environ, en privilégiant volaille, poisson et légumineuses.
  • Farines raffinées : pain blanc, pâtes et riz blancs, à remplacer le plus souvent possible par leurs versions complètes.
  • Alcool : le moins possible.

En limitant ces aliments, vous contribuez à un équilibre nutritionnel propice à la santé, tout en réduisant les facteurs associés à l’inflammation.

Plutôt que… Essayez…
Soda ou jus industriel Eau, infusion, eau pétillante au citron
Pain blanc Pain complet ou au levain
Charcuterie au petit-déjeuner Œufs, yaourt nature, fruits à coque
Biscuits industriels Fruit frais et une poignée d’amandes
Steak plusieurs fois par semaine Sardines, maquereau, lentilles
Sauce toute prête Huile d’olive, citron, herbes et épices

Oméga-3 et oméga-6 : trouver le bon équilibre

Les oméga-3 et les oméga-6 sont deux familles de graisses indispensables, que le corps ne sait pas fabriquer. Les oméga-3 servent à fabriquer des molécules qui aident à éteindre l’inflammation ; les oméga-6, présents en abondance dans l’huile de tournesol, les produits industriels et les plats frits, sont surtout utiles à dose raisonnable. Or l’alimentation occidentale apporte souvent dix à quinze fois plus d’oméga-6 que d’oméga-3, alors que les autorités de santé conseillent un rapport proche de cinq pour un.

Pour rééquilibrer, trois gestes simples : un poisson gras par semaine au minimum, de l’huile de colza ou de noix pour les vinaigrettes, et une cuillère de graines de lin moulues dans le yaourt ou le porridge. L’huile d’olive, riche en oméga-9, reste l’huile de base pour la cuisson.

En cuisine : les gestes qui comptent

Au-delà du choix des aliments, la façon de les cuisiner et de les associer compterait aussi.

  • Cuire en douceur. Les grillades à feu vif, les fritures et les viandes carbonisées produisent des composés appelés produits de glycation avancée (AGE), soupçonnés d’entretenir l’inflammation. La vapeur, le mijotage, le four doux et les marinades (citron, vinaigre, herbes) en produisent beaucoup moins.
  • Refroidir ses féculents. Riz, pommes de terre ou pâtes cuits puis refroidis (en salade, par exemple) forment de l’amidon résistant, qui se comporte comme une fibre et nourrit les bonnes bactéries de l’intestin.
  • Commencer par l’acidulé et les légumes. Une entrée de crudités assaisonnée au citron ou au vinaigre ralentirait l’arrivée du sucre dans le sang lors du repas.
  • Garder l’huile d’olive vierge extra crue. Son oléocanthal, responsable du léger piquant en gorge, est étudié pour son action anti-inflammatoire, à des doses très inférieures à un médicament.
  • Associer curcuma, poivre noir et matière grasse. La pipérine du poivre et un peu d’huile augmentent nettement l’absorption de la curcumine.
  • Penser aux aliments fermentés. Yaourt nature, kéfir, choucroute crue ou kimchi soutiendraient la diversité du microbiote.

Une journée type anti-inflammatoire

Repas Idée de menu
Petit-déjeuner Flocons d’avoine, yaourt nature, fruits rouges, noix et une pincée de cannelle
Déjeuner Salade de lentilles, légumes crus, huile d’olive, herbes ; une orange
Collation Une poignée d’amandes et un kiwi
Dîner Sardines ou saumon, légumes rôtis au curcuma et au poivre noir, quinoa
Boissons Eau, thé vert ou infusions à volonté

Ce menu n’a rien de compliqué : des produits simples, beaucoup de végétaux, de bonnes huiles et des épices. Il peut s’adapter à tous les budgets en misant sur les légumineuses, les légumes de saison et les poissons gras en conserve comme la sardine ou le maquereau.

Au-delà de l’assiette

L’alimentation agit d’autant mieux qu’elle s’accompagne d’un mode de vie favorable :

  • bouger chaque jour, au moins 30 minutes de marche ou d’activité modérée ;
  • bien dormir, car le manque de sommeil augmente les marqueurs inflammatoires ;
  • arrêter le tabac, l’un des plus puissants facteurs d’inflammation ;
  • gérer le stress par la respiration, la marche ou toute activité qui vous apaise ;
  • maintenir un poids stable, car la graisse du ventre produit elle-même des molécules inflammatoires.

Pour les articulations en particulier, j’ai détaillé les aliments à limiter dans 8 aliments à limiter en cas d’arthrose.

Information santé

Les informations de cet article sont données à titre informatif et ne remplacent pas l’avis d’un médecin ou d’un diététicien-nutritionniste. L’alimentation anti-inflammatoire ne traite aucune maladie et ne remplace pas un traitement. En cas de maladie inflammatoire, de traitement en cours, de grossesse ou avant de prendre des compléments (curcuma, oméga-3), demandez conseil à un professionnel de santé.

Ma recette de bol anti-inflammatoire

Voici un bol complet qui réunit presque toutes les familles d’aliments de cet article : poisson gras, céréale complète, légumes, graines et une vinaigrette au curcuma et au gingembre.

Épices anti-inflammatoires le guide complet pour les intégrer au quotidien

Bol anti-inflammatoire au saumon, quinoa et vinaigrette curcuma-gingembre

Imprimer
Pour combien: 2 Temps de préparation: Temps de cuisson:
Valeurs nutritionnelles 200 Calories 20 grams gras
Note 5.0/5
( 1 vote )

Ingrédients

  • 120 g de quinoa
  • 2 pavés de saumon (ou 2 boîtes de sardines)
  • 1 petit brocoli
  • 1 avocat
  • 1 poignée de jeunes pousses d'épinards
  • 100 g de myrtilles ou de grenade
  • 2 c. à soupe de graines de courge
  • 3 c. à soupe d'huile d'olive vierge extra
  • 1 c. à soupe de jus de citron
  • 1/2 c. à café de curcuma en poudre
  • 1/2 c. à café de gingembre râpé
  • 1 pincée de poivre noir
  • Sel

Préparation

Rincez le quinoa et faites-le cuire 12 à 15 minutes dans deux fois son volume d'eau salée.
Détaillez le brocoli en petits bouquets et faites-le cuire 5 minutes à la vapeur pour qu'il reste croquant.
Faites cuire le saumon 4 à 5 minutes par face à la poêle, à feu moyen.
Préparez la vinaigrette : mélangez l'huile d'olive, le citron, le curcuma, le gingembre, le poivre et une pincée de sel.
Répartissez dans deux bols le quinoa, les épinards, le brocoli, l'avocat en lamelles et le saumon émietté.
Parsemez de myrtilles et de graines de courge, puis arrosez de vinaigrette.

REMARQUES

Les sardines en conserve sont une alternative économique, tout aussi riche en oméga-3. L'huile d'olive et le poivre noir aident à absorber la curcumine. Se prépare la veille : gardez la vinaigrette à part.

Questions fréquentes

Le régime anti-inflammatoire fait-il maigrir ?

Ce n’est pas son objectif, mais en remplaçant les produits ultra-transformés par des aliments bruts riches en fibres, beaucoup de personnes mangent plus sainement et peuvent perdre du poids naturellement.

Faut-il arrêter le gluten et les produits laitiers ?

Non, sauf en cas de maladie cœliaque, d’allergie ou d’intolérance diagnostiquée. Les céréales complètes et les laitages fermentés comme le yaourt ont leur place dans ce modèle.

En combien de temps voit-on des effets ?

Dans les études, les marqueurs de l’inflammation évoluent sur plusieurs semaines à plusieurs mois. C’est une habitude de vie, pas une cure.

Faut-il prendre des compléments de curcuma ?

Ce n’est pas nécessaire. Le curcuma en cuisine suffit pour le goût et le plaisir ; les compléments, plus concentrés, ont des contre-indications et ne se prennent que sur avis médical.

Vous aimerez peut-être aussi

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.