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Tout sur l’arrosage des plantes : quand et comment arroser, eau de cuisson et oyas

Le test du doigt, bien arroser, lire les besoins de chaque plante, manque ou excès d'eau, recycler l'eau de cuisson et arroser malin avec les oyas

Par Arnaud Sion
Publié: Mis à jour: 11 minutes lire

Trop d’eau, pas assez, au mauvais moment : l’arrosage est la première cause de dépérissement des plantes, en intérieur comme au jardin. Et pourtant, il suffit de quelques gestes simples pour ne plus jamais se tromper. Moi Arnaud Sion, que l’on surnomme Arnaud Vanille, j’ai appris auprès des planteurs de vanille et de poivre que l’eau est à la fois la meilleure alliée et la pire ennemie d’une plante. Dans ce guide, je vous explique comment savoir quand arroser, comment arroser, comment reconnaître un manque ou un excès d’eau, comment recycler l’eau de cuisson pour nourrir vos plantes, et comment arroser malin avec les oyas, ces jarres en terre cuite qui font économiser jusqu’à la moitié de l’eau ou plus.

L’avis d’Arnaud, créateur du Comptoir de ToamasinaMon outil préféré pour arroser, c’est mon index. Avant chaque arrosage, je l’enfonce dans la terre : s’il ressort sale et humide, j’attends ; s’il ressort propre et sec, j’arrose. C’est tout. Les plantes meurent beaucoup plus souvent noyées que désséchées, parce qu’on arrose par habitude, à jour fixe, sans regarder la plante. Le vanillier me l’a appris : une liane qui baigne dans l’eau pourrit en quelques semaines. Observez vos plantes, touchez la terre, et vous aurez la main verte.

Tout sur l’arrosage des plantes : l’essentiel

LE BON TESTLe doigt dans la terre, sur 2 à 3 cm
À BANNIRLe calendrier fixe
LE GESTEArroser à fond, puis vider la soucoupe
L’EAUDe pluie ou reposée, à température ambiante
L’ENGRAIS GRATUITL’eau de cuisson, sans sel, refroidie
L’ASTUCE ÉCOLes oyas en terre cuite
Tout sur l’arrosage des plantes

Le test du doigt, le geste le plus fiable pour savoir quand arroser

Savoir quand arroser ses plantes

Oubliez le calendrier. Arroser tous les mercredis est la meilleure façon de noyer ses plantes. Les besoins en eau changent selon l’espèce, le terreau, la taille du pot, la lumière, la température et la saison : une même plante peut demander de l’eau tous les trois jours en été et toutes les trois semaines en hiver. Le test du doigt. C’est mon astuce numéro un, et la plus fiable. Enfoncez votre index de deux à trois centimètres dans la terre. S’il ressort un peu sale, avec de la terre humide collée, il reste de l’humidité : attendez. S’il ressort propre et sec, il est temps d’arroser. Prenez l’habitude de toucher la terre avant chaque arrosage : en quelques jours, vous saurez reconnaître les besoins de chacune de vos plantes. Le test du poids. Soulevez le pot juste après un bon arrosage pour retenir son poids. Quand il est nettement plus léger, qu’il a perdu environ un tiers à la moitié de ce poids, c’est le moment de réarroser. Très pratique pour les petits pots et les orchidées. La taille du pot compte. Un pot haut garde de l’eau au fond, même si la surface semble sèche : une plante aux racines profondes dans un grand pot restera hydratée plus longtemps. Un petit pot, au contraire, sèche très vite.

Comment bien arroser une plante

Arroser à fond. Versez l’eau lentement, sur toute la surface de la terre, jusqu’à ce qu’elle s’écoule par les trous du pot. Toute la motte est ainsi humidifiée, et les racines descendent en profondeur. Mieux vaut un arrosage copieux de temps en temps que de petites gorgées tous les jours. Vider la soucoupe. Quinze à trente minutes après l’arrosage, videz l’eau restée dans la soucoupe ou le cache-pot : des racines qui baignent finissent par manquer d’air et pourrir. Un pot percé, toujours. Le trou de drainage est indispensable. Contrairement à une idée très répandue, une couche de cailloux au fond d’un pot sans trou n’empêche pas l’eau de stagner : elle fait même remonter la zone détrempée vers les racines. Ce qui compte, c’est que l’eau puisse sortir. La bonne eau. Utilisez une eau à température ambiante, pour éviter un choc thermique aux racines. L’eau de pluie est idéale ; à défaut, laissez reposer l’eau du robinet douze à vingt-quatre heures dans un arrosoir, pour que le chlore s’évapore. Le bon moment. Au jardin, arrosez tôt le matin ou le soir, jamais en plein soleil : l’eau s’évapore moins et les feuilles ne brûlent pas.

Lire les besoins en eau de chaque plante

Ce que les feuilles nous disent. La taille et la texture des feuilles sont un bon indice. Les plantes aux feuilles grandes, fines et délicates, comme le bégonia, aiment un environnement humide et une terre toujours fraîche. À l’inverse, les plantes aux feuilles petites, dures et étroites, comme le romarin, supportent très bien la sécheresse et demandent peu d’eau. Les plantes qui stockent l’eau. La forme de la plante est parfois explicite : les cactus, comme le mandacaru brésilien, Cereus jamacaru, et les plantes grasses ont des tiges ou des feuilles charnues qui stockent l’eau. Elles préfèrent des arrosages rares et copieux, avec une terre qui sèche complètement entre deux arrosages. Les orchidées ont des racines aériennes qui doivent respirer : on les arrose par trempage, puis on les laisse bien sécher. Voyez comment bien arroser les orchidées et, pour la reine des lianes, comment arroser le vanillier.

Comment bien arroser une plante en regardant ses feuilles

La taille et la texture des feuilles révèlent les besoins en eau de la plante

Manque d’eau ou excès d’eau : comment faire la différence

Le piège, c’est qu’une plante trop arrosée et une plante assoiffée peuvent toutes les deux avoir des feuilles molles. Voici comment les distinguer.

Le diagnostic de l’arrosage

Indice Manque d’eau Excès d’eau
Feuilles Flétries, sèches, cassantes, recroquevillées Jaunes, molles, d’aspect détrempé
Bords des feuilles Pointes brunes et sèches Taches brunes molles, chute de feuilles
Tiges Affaissées mais sèches Flasques, molles, parfois noires à la base
Terre Sèche, dure, décollée des bords du pot Toujours détrempée, collante, odeur de moisi
Poids du pot Très léger Anormalement lourd
Racines Sèches mais saines Brunes ou noires, molles, pourries
Petites bêtes Araignées rouges en air sec Moucherons autour du pot

Que faire en cas de manque d’eau ? Plongez le pot entier dans une bassine d’eau à température ambiante pendant vingt à trente minutes, jusqu’à ce que les bulles cessent, puis laissez bien égoutter. Et en cas d’excès ? Arrêtez d’arroser, sortez la motte du pot pour la laisser respirer, coupez les racines pourries et rempotez dans un terreau frais et sec si nécessaire.

Recycler l’eau de cuisson pour nourrir ses plantes

Quand on fait cuire des légumes, des œufs ou des féculents, une partie de leurs minéraux passe dans l’eau. Plutôt que de la jeter dans l’évier, vous pouvez en faire un engrais naturel et gratuit, à condition de respecter quelques règles.

Quelle eau de cuisson pour quelles plantes ?

Eau de cuisson Ce qu’elle apporte Pour qui Fréquence
Légumes Potassium, magnésium, un peu de phosphore et de fer Plantes vertes, fleurs de balcon, potager Une fois par semaine
Œufs durs Un peu de calcium venu des coquilles Tomates, légumes-fruits, plantes à fleurs ; pas les plantes de terre acide Une fois par semaine, diluée
Riz, pâtes, pommes de terre Amidon, qui nourrit la vie du sol, et un peu de potassium Plantes vertes, fougères, potager Une fois par mois

Les six règles d’or. D’abord, zéro sel : le sel brûle les racines, déshydrate la plante et abîme durablement la terre. Seule l’eau de cuisson non salée convient. Ensuite, aucune matière grasse ni épice : l’huile colmate la terre et étouffe les racines. Troisième règle, laissez toujours refroidir l’eau à température ambiante : une eau chaude détruit les racines. Quatrième règle, arrosez au pied, sans mouiller les feuilles, pour éviter les taches et les maladies. Cinquième règle, diluez : environ un volume d’eau de cuisson pour un à deux volumes d’eau claire, et alternez avec des arrosages à l’eau claire. Enfin, utilisez-la dans les vingt-quatre à quarante-huit heures : riche en amidon et en sucres, elle fermente vite, sent mauvais et attire les moucherons. Et l’eau salée des pâtes ? On lit souvent qu’elle fait un bon désherbant pour les allées. Je vous le déconseille : le sel s’accumule dans le sol, ruisselle vers les massifs et pollue les eaux. Pour désherber entre les dalles, l’eau bouillante seule, par exemple celle de la cuisson non salée, suffit très bien. Dans le même esprit zéro déchet, lisez quatre idées pour recycler son marc de café.

Les plantes stockent l’eau

Les plantes grasses et les cactus stockent l’eau dans leurs tiges et leurs feuilles

Arroser malin avec les oyas

Une technique millénaire. Les oyas, ou ollas, sont des jarres en terre cuite poreuse que l’on enterre au pied des plantes et que l’on remplit d’eau. Utilisée depuis plus de deux mille ans, cette méthode est l’une des plus économes au monde. Comment ça marche ? L’argile cuite à basse température est parcourue de minuscules canaux. Quand la terre autour de l’oya sèche, elle « aspire » l’eau à travers les parois ; quand elle est assez humide, la diffusion ralentit d’elle-même. C’est donc la plante et le sol qui règlent le débit, sans gaspillage.

Quelle oya choisir ?

Usage Contenance
Pots et plantes d’intérieur Petites oyas de 0,3 à 0,5 litre
Jardinières et carrés potagers 1 à 3 litres
Massifs, potager, arbustes 5 à 10 litres ou plus

Les avantages. Les oyas permettent d’économiser une grande partie de l’eau, souvent de l’ordre de la moitié ou plus, car il n’y a presque plus d’évaporation ni de ruissellement. Les racines descendent en profondeur autour de la jarre, ce qui rend les plantes plus résistantes à la sécheresse. La surface du sol reste sèche, ce qui limite les mauvaises herbes, et les feuilles ne sont jamais mouillées, ce qui réduit les maladies comme le mildiou. Selon la taille de l’oya, le climat et la plante, elle offre trois à dix jours d’autonomie : parfait pour partir en week-end ou en vacances. L’installation. Enterrez l’oya jusqu’au col, près des racines, remplissez-la et fermez-la toujours avec son couvercle, pour limiter l’évaporation et empêcher les moustiques d’y pondre. L’entretien. Une fois par an, nettoyez-la avec un peu d’eau vinaigrée pour déboucher ses pores. En hiver, videz-la et paillez son col, ou rentrez les petits modèles : la terre cuite gorgée d’eau craint le gel.

L’arrosage selon les saisons

Au printemps, les plantes repartent : augmentez progressivement les arrosages et reprenez l’engrais. En été, la chaleur fait sécher la terre très vite, surtout en pot : vérifiez tous les jours, arrosez le matin ou le soir, et paillez la surface pour garder la fraîcheur. En automne, les jours raccourcissent : espacez les arrosages. En hiver, la plupart des plantes d’intérieur se reposent : arrosez beaucoup moins, mais surveillez l’air sec du chauffage, qu’on compense en posant les pots sur un plateau de billes d’argile humides. Pour vos herbes aromatiques, lisez aussi planter des herbes et épices à la maison.

Vos questions fréquentes

À quelle fréquence faut-il arroser une plante d’intérieur ?

Il n’y a pas de règle fixe : arrosez quand les deux à trois premiers centimètres de terre sont secs au toucher.

Comment savoir si une plante est trop arrosée ?

Feuilles jaunes et molles, terre toujours détrempée, pot lourd, moucherons et parfois une odeur de moisi.

Peut-on arroser avec l’eau du robinet ?

Oui, après l’avoir laissée reposer douze à vingt-quatre heures, à température ambiante. L’eau de pluie reste l’idéal.

L’eau de cuisson est-elle bonne pour les plantes ?

Oui, à condition qu’elle soit sans sel ni matière grasse, refroidie, diluée et utilisée dans les quarante-huit heures.

Faut-il mettre des cailloux au fond du pot ?

Ce n’est pas indispensable, et cela ne remplace jamais un trou de drainage. L’essentiel est que l’eau puisse s’écouler hors du pot.

Combien de temps une oya garde-t-elle les plantes hydratées ?

En général trois à dix jours, selon sa contenance, la chaleur et les besoins de la plante.

OBSERVERFeuilles, terre, poidsARROSERÀ fond, au pied, eau tièdeDRAINERPot percé, soucoupe vidée

La pyramide d’un bon arrosage

Besoins indicatifs de trois plantes : bégonia, romarin et cactus


Arroser, ce n’est pas verser de l’eau par habitude : c’est observer, toucher la terre et comprendre ce dont chaque plante a besoin. Avec ces quelques règles, vos plantes vous le rendront au centuple.

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