Maison ActualitésVanillevanille bleue La Réunion

vanille bleue La Réunion

Par Arnaud Sion
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On me pose souvent la question : la vanille bleue existe-t-elle vraiment, et est-elle la meilleure du monde ? Comme je m’appuie sur plus de dix années à sélectionner des vanilles directement chez les producteurs, je vais vous répondre en toute transparence — y compris sur ce que nous ne vendons pas. Car sur ce sujet, il se raconte beaucoup de choses.

Qu’est-ce que la vanille bleue de la Réunion ?

La vanille bleue est, à la base, une gousse de vanille Bourbon classique. Ce qui la rend exceptionnelle, c’est son affinage : elle est vieillie pendant environ deux ans, bien plus longtemps que les quelques mois d’une vanille ordinaire. Elle est cultivée uniquement sur l’île de la Réunion, du côté de Saint-Philippe, selon une méthode de production restée fidèle à celle des années 1800. C’est le savoir-faire d’un producteur qui transforme une belle gousse en objet d’exception, au parfum d’une intensité rare. Son prix dépasse les 1 000 euros le kilo, ce qui la réserve, dans les faits, aux plus grandes tables.

Gousses de vanille Bourbon de Madagascar d'exception

Gousses de vanille Bourbon de Madagascar

Le secret d’un affinage de deux ans

Pourquoi un affinage si long change-t-il tout ? Parce que la vanille, comme un grand vin ou un vieux rhum, continue d’évoluer après sa préparation. Au fil des mois, ses arômes se concentrent, se complexifient, gagnent en profondeur ; des notes de pruneau, de cacao, de bois précieux apparaissent, là où une gousse jeune reste plus simple. Mais ce temps a un coût : plus on affine, plus on perd en poids et plus le risque augmente. Chaque gousse qui traverse deux années d’affinage sans se dégrader est une petite victoire — et c’est cette rareté, autant que le savoir-faire, qui explique le prix.

La Réunion, berceau de la vanille cultivée

Si la Réunion est une terre de vanille d’exception, ce n’est pas un hasard. C’est sur cette île, alors appelée Bourbon, qu’un jeune esclave de douze ans, Edmond Albius, mit au point en 1841 le geste de fécondation manuelle de la fleur de vanille — ce simple mouvement qui permit, pour la première fois hors du Mexique, de faire fructifier l’orchidée. Cette découverte a littéralement fondé l’industrie mondiale de la vanille et donné son nom à la « vanille Bourbon ». L’île porte donc, dans son histoire, une légitimité unique sur cette épice.

Est-elle vraiment bleue ?

Non, et c’est la première idée reçue à balayer : la gousse n’est pas de couleur bleue. Elle reste d’un beau noir profond et brillant, gorgée d’huiles. Le mot « bleue » n’évoque pas la couleur mais l’excellence, comme lorsqu’on parle de sang bleu ou d’un cordon-bleu. C’est une appellation d’image, associée à un producteur et à son affinage hors norme, pas une variété botanique différente.

Vanille bleue ou vanille Bourbon : faut-il craquer ?

Soyons pragmatiques. Pour la quasi-totalité de vos desserts — crème brûlée, glace, pâtisserie, chantilly — une excellente vanille de Madagascar vous donnera un résultat superbe, à un prix raisonnable. La vanille bleue, elle, relève d’une autre logique : c’est un produit de dégustation, un luxe que l’on réserve à une assiette gastronomique où la vanille est la vedette, et où son affinage de deux ans se goûte vraiment. Payer un tel prix pour l’noyer dans une pâte à gâteau serait un gaspillage. À chaque vanille son usage.

Comment reconnaître une gousse d’affinage long

Une gousse longuement affinée se repère au toucher et au nez : elle est très souple, grasse, presque collante d’huiles, d’un brun très foncé et uniforme, et son parfum embaume dès qu’on ouvre la boîte. Il arrive même qu’un léger « givre » de cristaux de vanilline apparaisse à sa surface — un signe naturel de richesse, à ne surtout pas confondre avec de la moisissure. Méfiez-vous à l’inverse d’une gousse rigide ou sèche vendue à prix d’or : la rareté ne se décrète pas, elle se sent.

Peut-on en acheter au Comptoir de Toamasina ?

Soyons honnêtes : « Vanille Bleue » est une marque déposée. Nous ne pouvons donc pas la commercialiser sous ce nom, et nous préférons vous le dire clairement plutôt que d’entretenir la confusion. En revanche, nous sélectionnons des vanilles d’exception qui jouent dans la même cour aromatique, et nous étudions même la production d’une vanille longuement affinée au Brésil, où je vis et travaille. L’idée n’est pas de copier, mais de proposer, un jour, notre propre gousse de très long affinage.

Nos vanilles d’exception à découvrir

En attendant, voici les gousses que je sélectionne et que vous pouvez déguster dès aujourd’hui :

La meilleure vanille n’est pas toujours la plus chère : c’est celle que l’on choisit en connaissance de cause, et que l’on respecte dans l’assiette.

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