Grade A, grade B, « vanilla extract », « vanilla flavoring », 13,35 onces par gallon, codes douaniers, tarifs de Trump : aux États-Unis, la vanille obéit à des règles uniques au monde. C’est même le seul arôme qui possède sa propre définition légale. Or les États-Unis sont le premier importateur de vanille de la planète : leurs règles, leurs grades et leurs droits de douane pèsent sur le prix de la vanille partout, jusque dans votre cuisine. Moi Arnaud Sion, créateur du Comptoir de Toamasina, je travaille la vanille de Madagascar depuis 2010. Voici la classification américaine de la vanille expliquée simplement : les grades A et B, les normes de la FDA, l’étiquetage, la douane, les tarifs de 2025-2026, et ce que tout cela change pour vous.
- › L’essentiel en un coup d’œil
- › Grade A et grade B
- › Une vanille définie par la loi
- › 13,35 onces : l’unité de vanille
- › Extrait, flavoring, poudre : les 8 produits officiels
- › L’étiquetage et les glaces
- › La classification douanière
- › Les tarifs de Trump et la vanille
- › L’accord États-Unis-Mexique-Canada
- › Les contrôles à l’importation
- › États-Unis ou Europe : les différences
- › Vos questions fréquentes
La classification américaine de la vanille : l’essentiel

Le guide réglementaire de la vanille aux États-Unis
Grade A et grade B : la classification commerciale américaine
En Europe, on parle de vanille gourmet, TK ou rouge. Aux États-Unis, le commerce distingue surtout deux catégories : le grade A et le grade B. La différence tient avant tout à l’humidité de la gousse, donc à son aspect et à son usage.
Le grade A, la vanille des chefs. Souvent vendue sous les noms de gourmet, prime ou extra, c’est une gousse longue, souple, charnue, noire à brun très foncé, brillante, avec une surface huileuse. Son humidité plus élevée la rend facile à fendre et à gratter, et ses arômes se libèrent vite dans une crème ou un lait. C’est la gousse idéale pour la pâtisserie, les sauces et les desserts.
Le grade B, la vanille d’extraction. Plus sèche, plus fine, souvent plus claire, parfois rougeâtre et fendue, elle est moins séduisante à l’œil. Mais comme elle contient moins d’eau, elle concentre davantage de matière aromatique au kilo : c’est pourquoi les industriels la choisissent pour fabriquer les extraits. Elle convient aussi pour faire son propre extrait à la maison.
| Grade A | Grade B | |
|---|---|---|
| Autres noms | Gourmet, prime, extra | Extraction, rouge, TK selon les pays |
| Humidité | Élevée, autour de 30 à 35 % | Plus basse, souvent 15 à 25 % |
| Aspect | Noire, souple, charnue, brillante | Plus sèche, plus claire, parfois fendue |
| Usage idéal | Pâtisserie, crèmes, sauces | Extraits, infusions longues |
| Équivalent français | Vanille gourmet | Vanille TK ou rouge |
Peut-on les utiliser l’un pour l’autre ? Oui, les deux sont de la vraie vanille. Mais pour gratter les graines d’une gousse dans une crème anglaise, un grade A sera bien plus agréable ; pour un extrait, un grade B fera très bien l’affaire. Mon conseil d’acheteur. Méfiez-vous des vanilles « rouges » vendues comme des vanilles de prestige, avec des noms ronflants de médaille : une gousse rouge et fendue est souvent une gousse récoltée trop mûre ou mal préparée, qui n’a rien à faire dans une gamme haut de gamme. Au Comptoir, j’ai toujours préféré ne vendre que de la vanille gourmet. Pour la classification européenne, lisez la classification officielle des gousses de vanille.
Pyramide aromatique d’une gousse de vanille de Madagascar grade A
Profil indicatif : gousse grade A, gousse grade B et extrait de vanille
Une vanille définie par la loi : les normes de la FDA
Aux États-Unis, la vanille est un cas unique : c’est le seul arôme qui dispose de « normes d’identité » fédérales, fixées par la FDA, l’agence américaine des aliments et des médicaments, dans une partie du code fédéral appelée 21 CFR Part 169. Autrement dit, la loi définit précisément ce qu’on a le droit d’appeler « vanilla extract », « vanilla flavoring » ou « vanilla powder ».
Une histoire de fraudes. Ces normes sont nées pour lutter contre les tromperies. Au milieu du XXe siècle, des fabricants vendaient sous le nom d’extrait de vanille des mélanges à base de vanilline de synthèse ou d’extraits d’autres plantes, comme la fève tonka, riche en coumarine. La coumarine est d’ailleurs interdite comme additif alimentaire aux États-Unis depuis les années 1950, ce qui explique que la fève tonka y soit toujours proscrite en cuisine. Pour protéger les consommateurs, la FDA a fixé des règles très strictes.
Deux espèces seulement. Pour la loi américaine, les « gousses de vanille » sont les fruits mûrs, correctement préparés et séchés, de deux espèces : Vanilla planifolia, la vanille Bourbon, et Vanilla tahitensis, la vanille de Tahiti. Les autres espèces, comme Vanilla pompona, ne peuvent pas entrer dans un produit portant le nom réglementaire d’extrait de vanille. Une règle intéressante à connaître quand on s’intéresse aux vanilles rares du Brésil, comme dans quelle gousse de vanille est la plus rare.
13,35 onces : l’unité de vanille, cœur du système américain
La FDA ne mesure pas la vanille à la gousse, mais au poids de matière sèche. Elle définit une « unité » de gousses de vanille : 13,35 onces, soit environ 378 grammes, de gousses contenant au maximum 25 % d’humidité. Un extrait de vanille doit contenir au moins l’équivalent aromatique d’une unité par gallon, soit 3,785 litres.
Pourquoi l’humidité compte tant. Une gousse souple contient beaucoup d’eau, une gousse sèche en contient peu. Pour que chaque extrait contienne la même quantité de vraie vanille, la loi ajuste le poids de gousses selon leur humidité. Plus la gousse est humide, plus il en faut.
| Humidité des gousses | Poids minimum | En grammes |
|---|---|---|
| 15 %, gousse sèche | 11,78 onces | Environ 334 g |
| 25 %, gousse de référence | 13,35 onces | Environ 378 g |
| 33 %, gousse souple | Environ 15 onces | Environ 425 g |
Cela représente environ 100 grammes de gousses par litre d’extrait, bien plus que beaucoup d’extraits vendus en Europe. C’est un bon repère si vous faites votre extrait de vanille maison.
Extrait, flavoring, poudre : les 8 produits officiels
| Nom officiel | Alcool | Vanille minimum | À retenir |
|---|---|---|---|
| Vanilla extract | 35 % minimum | 1 unité par gallon | L’extrait pur de référence |
| Concentrated vanilla extract | 35 % minimum | 2 unités ou plus | Indique sa concentration, par exemple « 2-fold » |
| Vanilla flavoring | Moins de 35 % | 1 unité par gallon | De la vraie vanille, mais moins d’alcool |
| Concentrated vanilla flavoring | Moins de 35 % | 2 unités ou plus | Version concentrée |
| Vanilla powder | Forme sèche | 1 unité pour 8 livres | Poudre sur support, sucre ou amidon |
| Vanilla-vanillin extract | 35 % minimum | 1 unité + 1 once de vanilline max | Doit mentionner la vanilline comme arôme artificiel |
| Vanilla-vanillin flavoring | Moins de 35 % | Idem | Idem |
| Vanilla-vanillin powder | Forme sèche | Idem | Idem |
À retenir. Aux États-Unis, un « vanilla extract » contient forcément de la vraie vanille, en quantité définie, et au moins 35 % d’alcool. Si le fabricant ajoute de la vanilline, il doit changer le nom du produit et le signaler. Ce que l’on appelle en français « arôme vanille » correspond souvent, lui, à un produit qui n’aurait pas le droit de s’appeler ainsi outre-Atlantique. Pour comprendre la différence, lisez arôme de vanille ou extrait de vanille et comment fabrique-t-on l’extrait de vanille.
L’étiquetage : glaces, arômes et procès
Les trois glaces à la vanille. La réglementation américaine distingue trois catégories de glaces. Une « vanilla ice cream » n’est parfumée qu’avec de la vraie vanille. Une « vanilla flavored ice cream » contient de la vanille, avec une part limitée de vanilline de synthèse. Et une « artificially flavored vanilla ice cream » est parfumée principalement ou uniquement avec des arômes artificiels. Il suffit de lire le nom pour savoir ce que l’on achète.
La vanilline, un arôme artificiel. Pour la FDA, ce qui compte, ce n’est pas seulement la molécule mais son origine. La vanilline issue de la gousse est naturelle ; la vanilline fabriquée à partir d’autres matières premières doit être déclarée comme arôme artificiel dans les produits standardisés à la vanille. Des procès à répétition. Ces règles sont prises très au sérieux : depuis 2019, de nombreuses actions collectives ont visé des marques de boissons, de laits végétaux ou de glaces dont l’étiquette mettait en avant la vanille alors que le goût venait surtout d’autres arômes. Pour aller plus loin, lisez la vanilline, l’arôme de la vanille.
La classification douanière de la vanille aux États-Unis
À la frontière, chaque marchandise reçoit un code du tarif douanier américain, le HTSUS, basé sur le système harmonisé international. Pour la vanille, les principaux codes sont les suivants.
| Produit | Code | Chapitre |
|---|---|---|
| Gousses entières, ni broyées ni pulvérisées | 0905.10 | 09, épices |
| Gousses broyées ou en poudre | 0905.20 | 09, épices |
| Oléorésines et extraits végétaux | Généralement 1302 | 13, sucs et extraits, selon la composition |
| Vanilline | 2912.41 | 29, chimie organique |
Les gousses de vanille entières entrent normalement sans droit de douane de base aux États-Unis. Pour les extraits, le classement exact dépend de la composition du produit, alcool, sucres, supports, et peut parfois relever d’autres positions, comme les préparations aromatiques : c’est une question à trancher avec un déclarant en douane, produit par produit.
Les tarifs de Trump et la vanille : la chronologie
Depuis 2025, la vanille a traversé une véritable tempête tarifaire aux États-Unis. Voici les grandes étapes, car elles ont compté dans l’évolution des prix.
| Date | Événement |
|---|---|
| Avril 2025 | Annonce des tarifs « réciproques » : Madagascar est menacé d’un taux de 47 %, l’un des plus élevés d’Afrique |
| Août 2025 | Entrée en vigueur des taux par pays, 15 % pour Madagascar |
| Septembre 2025 | Expiration de l’AGOA, l’accord qui ouvrait le marché américain à de nombreux produits africains |
| 14 novembre 2025 | Un décret exempte des tarifs réciproques de nombreux produits agricoles non cultivés aux États-Unis, dont les épices, le café et le cacao |
| 20 février 2026 | La Cour suprême annule les tarifs fondés sur la loi d’urgence économique ; le jour même, une surtaxe mondiale temporaire de 10 % est décidée sur une autre base légale |
| Mai 2026 | Le tribunal du commerce international invalide à son tour cette surtaxe, mais seulement pour les importateurs qui l’avaient contestée |
Ce qu’il faut en retenir. La vanille, comme les autres épices, a bénéficié d’une exemption des tarifs réciproques à partir de novembre 2025, parce qu’on ne peut pas la cultiver à grande échelle aux États-Unis. Mais le cadre juridique change très vite : avant toute importation, il faut vérifier les droits en vigueur au jour de l’arrivée de la marchandise. J’avais analysé les premiers effets de ces tarifs dans Madagascar face aux droits de douane de Trump, et j’en suis les conséquences dans le prix de la vanille en 2026.
L’accord États-Unis-Mexique-Canada et l’extrait de vanille
L’accord commercial entre les États-Unis, le Mexique et le Canada, appelé USMCA en anglais et ACEUM en français, joue un rôle discret mais important pour la vanille. Il permet à un produit fabriqué dans l’un des trois pays d’entrer dans les autres avec des droits préférentiels, à condition de respecter des « règles d’origine ».
Le « saut tarifaire ». Une gousse de Madagascar n’est évidemment pas nord-américaine. Mais si elle est transformée en extrait au Mexique ou au Canada, le produit change de catégorie douanière : il passe du chapitre 09, les épices, au chapitre des extraits. Ce changement de chapitre peut suffire à lui donner le statut de produit originaire de la zone, selon les règles d’origine applicables à ce produit, avec à la clé des économies de droits. C’est une des raisons pour lesquelles une partie de la vanille de Madagascar transite par des usines d’extraction en Amérique du Nord. Le Mexique, berceau historique de la vanille, reste d’ailleurs un acteur de la transformation.
Les contrôles à l’importation
Le contrôle sanitaire des végétaux. Les gousses de vanille sont un produit végétal : leur importation peut nécessiter un permis du service d’inspection sanitaire des plantes, l’APHIS, et un certificat phytosanitaire délivré par le pays d’origine, qui atteste que le lot est exempt de parasites. Les agents des douanes peuvent inspecter la marchandise à la frontière. Les formalités alimentaires. Comme tout aliment, la vanille importée doit faire l’objet d’une notification préalable à la FDA avant son arrivée, et l’établissement qui la produit ou la conditionne doit être enregistré auprès de l’agence. La conformité des étiquettes. Un extrait importé doit respecter les normes d’identité décrites plus haut : un produit non conforme peut être refusé ou saisi. Pour les étapes côté exportateur, lisez les étapes pour devenir exportateur de vanille et l’importation de la vanille.
États-Unis ou Europe : les grandes différences
| États-Unis | France et Europe | |
|---|---|---|
| Grades commerciaux | Grade A et grade B | Gourmet, TK, rouge, coupes |
| Définition de l’extrait | Fixée par la loi : 35 % d’alcool, unité de vanille | Pas de norme aussi précise |
| Espèces reconnues | Planifolia et tahitensis | Plus de souplesse sur les espèces |
| Vanilline de synthèse | Doit changer le nom du produit | Encadrée par les règles sur les arômes |
| Norme de référence commune | ISO 5565 dans le commerce | ISO 5565 dans le commerce |
Pour les critères de qualité et la norme internationale, lisez la qualité de la vanille. Et pour la question que tout le monde se pose, faut-il acheter des gousses ou de l’extrait de vanille.
Vos questions fréquentes
Quelle est la différence entre la vanille grade A et grade B ?
Le grade A est une gousse souple, humide et huileuse, idéale en pâtisserie ; le grade B est plus sèche, destinée à l’extraction. Les deux sont de la vraie vanille.
Qu’est-ce qu’un vanilla extract aux États-Unis ?
Un extrait contenant au moins 35 % d’alcool et l’équivalent aromatique de 13,35 onces de gousses à 25 % d’humidité par gallon, selon les normes de la FDA.
Quelle différence entre vanilla extract et vanilla flavoring ?
Les deux contiennent la même quantité minimale de vraie vanille ; le flavoring contient simplement moins de 35 % d’alcool.
La vanille est-elle soumise aux tarifs de Trump ?
Les épices, dont la vanille, ont été exemptées des tarifs réciproques en novembre 2025, puis ces tarifs ont été annulés par la Cour suprême en février 2026. Le cadre évolue vite : vérifiez toujours les droits en vigueur.
Pourquoi la fève tonka est-elle interdite aux États-Unis ?
Parce qu’elle contient de la coumarine, interdite comme additif alimentaire par la FDA depuis les années 1950. Elle servait autrefois à frauder l’extrait de vanille.
Quel est le code douanier de la vanille ?
0905.10 pour les gousses entières et 0905.20 pour les gousses broyées ou en poudre, dans le chapitre des épices.
Ma vanille gourmet de Madagascar
Vanilles du monde
Dans mon livre, je raconte les grandes vanilles du monde, leurs terroirs, leurs qualités et les gestes pour bien les choisir et les cuisiner.
- › Nos gousses de vanille de Madagascar extra gourmet — l’équivalent du grade A.
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Grade A ou B, extrait ou flavoring, 13,35 onces par gallon : la classification américaine de la vanille peut sembler technique, mais elle repose sur une idée simple que je partage depuis toujours : une vanille doit être de la vraie vanille, et on doit pouvoir le lire sur l’étiquette.