Otite estivale : causes, symptômes et prévention pour protéger vos oreilles. Avec l’arrivée des beaux jours, les baignades à la plage, à la piscine ou en rivière se multiplient. Mais cette période de détente comporte aussi des risques pour les oreilles. Chaque été, les médecins voient revenir les cas d’otite estivale, une infection qui touche le conduit auditif externe. On l’appelle aussi « otite du baigneur ».
Au Brésil, où la baignade fait partie de la vie presque toute l’année, c’est un motif de consultation très courant chez les nageurs et les enfants. Nous allons tout vous expliquer : d’où elle vient, comment la reconnaître, ce que fait le médecin et surtout comment l’éviter.
Sommaire
D’où vient l’otite estivale ?
Également appelée otite externe, cette infection survient principalement après une exposition prolongée à l’eau (mer, piscine, rivière, lac). Le conduit auditif est étroit et légèrement courbé : l’eau peut y stagner. Cette humidité persistante ramollit la peau du conduit, détache le cérumen protecteur et crée de minuscules fissures. Les bactéries, le plus souvent Pseudomonas aeruginosa ou des staphylocoques, plus rarement des champignons, en profitent pour s’installer.
D’autres facteurs aggravants existent :
- Traumatismes causés par les cotons-tiges ou des objets pointus (cure-dents, stylos, épingles) : ils éraflent la peau et repoussent le cérumen au fond du conduit, où il peut former un bouchon qui retient l’eau.
- Élimination excessive du cérumen, pourtant essentiel : il est légèrement acide, hydrofuge et protège naturellement l’oreille.
- Affections cutanées préexistantes (eczéma, psoriasis, dermatite séborrhéique, allergies).
- Bouchons d’oreille, écouteurs ou appareils auditifs mal nettoyés, qui entretiennent l’humidité.
- Eau de baignade de mauvaise qualité : plans d’eau peu renouvelés, piscines mal entretenues.

Mer, piscine ou rivière : c’est l’eau qui stagne dans le conduit qui fait le lit de l’otite du baigneur.
Comment reconnaître une otite estivale ?
Le diagnostic relève d’un professionnel de santé, qui examine l’oreille avec un otoscope. Certains symptômes doivent toutefois alerter :
- Démangeaisons dans le conduit au début
- Douleur parfois vive, qui augmente quand on tire sur le pavillon de l’oreille, qu’on appuie sur le petit cartilage devant le conduit ou qu’on mâche
- Sensation d’oreille bouchée et baisse d’audition temporaire, quand le conduit gonfle
- Écoulement blanchâtre ou jaunâtre, parfois malodorant
- Rougeur et gonflement du conduit, parfois ganglion douloureux devant ou sous l’oreille
La fièvre est peu fréquente dans l’otite externe simple. Une fièvre élevée, des vertiges importants ou une douleur très profonde orientent plutôt vers une autre atteinte (otite moyenne, extension de l’infection) et justifient de consulter rapidement. La baisse d’audition liée à une otite externe est généralement réversible une fois l’inflammation traitée.
| Otite externe (du baigneur) | Otite moyenne | |
|---|---|---|
| Où | Conduit auditif, entre le pavillon et le tympan | Derrière le tympan |
| Cause typique | Eau qui stagne, peau du conduit abîmée (cotons-tiges, grattage) | Souvent après un rhume, surtout chez l’enfant |
| Signe caractéristique | Douleur quand on tire sur le pavillon ou qu’on appuie devant l’oreille | Douleur profonde, fièvre plus fréquente |
| Écoulement | Possible, blanchâtre ou jaunâtre | Possible si le tympan se perce |
| Saison | Été, baignades | Plutôt automne et hiver |
Comment la soigner ?
Une consultation, chez le médecin généraliste ou un ORL, s’impose pour :
- Bénéficier d’un traitement adapté : le médecin nettoie parfois le conduit, puis prescrit le plus souvent des gouttes auriculaires (antibiotiques, parfois associées à un anti-inflammatoire), et un antalgique contre la douleur. Les antibiotiques par la bouche sont réservés aux formes qui s’étendent au-delà du conduit.
- Vérifier l’état du tympan : certaines gouttes sont contre-indiquées si le tympan est percé. C’est une raison majeure pour ne pas utiliser de gouttes « qui traînent » dans l’armoire à pharmacie.
- Éviter les baignades et garder l’oreille au sec pendant la durée indiquée par le médecin, souvent une semaine à dix jours.
- Prévenir les complications : infection qui s’étend aux tissus voisins, lésions du cartilage, troubles auditifs persistants.
Les personnes diabétiques, immunodéprimées ou âgées doivent consulter sans attendre : chez elles, une otite externe peut plus facilement se compliquer. Pendant le traitement, protégez l’oreille sous la douche avec un coton imbibé d’un peu de vaseline à l’entrée du conduit, si votre médecin est d’accord.
Six astuces pour prévenir l’otite estivale
Nous vous recommandons ces bonnes pratiques, simples et efficaces :
- Séchez délicatement vos oreilles après la baignade avec le coin d’une serviette, uniquement le pavillon et l’entrée du conduit. Un sèche-cheveux tenu à bonne distance, à température tiède, peut aider.
- Inclinez la tête d’un côté puis de l’autre, en tirant doucement le lobe, pour évacuer l’eau résiduelle.
- Consultez en cas d’écoulement (liquide foncé, jaunâtre ou malodorant) ou de douleur qui s’installe.
- Bannissez les cotons-tiges dans le conduit auditif : le cérumen s’évacue seul, il suffit de nettoyer l’entrée de l’oreille.
- Ne grattez pas, même en cas de démangeaisons, ni avec le doigt ni avec un objet.
- Évitez l’automédication : les remèdes maison (huiles, ail, gouttes diverses) peuvent aggraver la situation, surtout si le tympan est abîmé.
Si vous êtes sujet aux otites à répétition et que vous nagez beaucoup, parlez-en à votre médecin. Il pourra vous conseiller des bouchons de baignade adaptés, un bonnet couvrant les oreilles ou, selon votre cas, une solution à utiliser après la baignade, uniquement si le tympan est intact.

Après chaque baignade, un geste simple : pencher la tête et sécher l’entrée de l’oreille.
Mer, piscine, rivière, plongée : ce qui change
Toutes les eaux ne se valent pas, mais aucune n’est totalement sans risque. Ce qui compte surtout, c’est le temps passé dans l’eau et l’humidité qui reste dans le conduit ensuite.
- Lacs, étangs et rivières : l’eau y est plus chaude en été et moins renouvelée, ce qui peut favoriser la présence de bactéries. Respectez les avis de baignade affichés par les mairies et les agences régionales de santé.
- Piscines : le chlore limite les germes quand l’entretien est bon, mais il peut dessécher et irriter la peau du conduit. Les longues séances répétées exposent davantage.
- Mer : le sel n’empêche pas l’eau de stagner dans l’oreille. Un rinçage à l’eau douce de l’entrée de l’oreille, puis un séchage soigneux, reste le bon réflexe.
- Plongée et sports nautiques : une oreille infectée ou douloureuse n’est pas compatible avec la plongée. Attendez l’accord de votre médecin avant de reprendre.
En voyage, glissez dans la trousse un bonnet de bain, une petite serviette pour les oreilles et, si vous avez une prescription, vos bouchons de baignade. Et si la douleur apparaît loin de chez vous, mieux vaut consulter sur place que d’attendre le retour : une otite externe prise tôt se traite plus facilement. Pensez enfin à ne pas confondre l’otite avec une simple sensation d’eau dans l’oreille, qui disparaît en quelques minutes en penchant la tête ; une gêne qui dure plusieurs heures, ou qui devient douloureuse, mérite d’être examinée.
Les enfants et les nageurs réguliers
Les enfants passent des heures dans l’eau et plongent volontiers : ils sont en première ligne. Apprenez-leur à pencher la tête en sortant de l’eau et séchez leurs oreilles avec une serviette. Un enfant qui se plaint de l’oreille, qui pleure quand on touche son pavillon ou qui a un écoulement doit être examiné par un médecin. Nous avons regroupé les autres soucis de saison dans notre article sur les maladies estivales courantes chez les enfants.
Les nageurs réguliers, eux, ont intérêt à bien rincer et sécher leurs oreilles après chaque séance et à entretenir leurs bouchons. Et pour une journée complète au bord de l’eau, n’oubliez pas le reste du corps : la protection de la peau, les bons réflexes contre l’insolation et ceux contre les insectes estivaux.
Information santé
Cet article est informatif et ne remplace pas une consultation. Une douleur d’oreille, un écoulement ou une baisse d’audition doivent être examinés par un médecin. N’introduisez jamais de gouttes dans l’oreille sans avis médical : certaines sont dangereuses si le tympan est percé. Consultez rapidement en cas de fièvre, de diabète ou de baisse de l’immunité.
À retenir : en cas de douleur ou de gêne persistante, consultez sans tarder. Une prise en charge rapide limite les risques de complications et vous permet de profiter pleinement de l’été ! Pour d’autres conseils de saison, lisez aussi Santé en été.
Questions fréquentes
Combien de temps dure une otite du baigneur ?
Avec un traitement adapté, la douleur s’atténue en général en quelques jours, et la guérison prend souvent une semaine à dix jours. Si rien ne s’améliore, reconsultez.
Peut-on se baigner avec une otite externe ?
Non, il est conseillé de garder l’oreille au sec jusqu’à la guérison, selon la durée indiquée par le médecin.
L’otite externe est-elle contagieuse ?
Non, elle ne se transmet pas d’une personne à l’autre. Elle est liée à l’humidité et à l’état de la peau du conduit.
Les cotons-tiges provoquent-ils des otites ?
Ils peuvent y contribuer : ils irritent la peau du conduit, retirent le cérumen protecteur et peuvent former un bouchon qui retient l’eau.