Le cocktail Orgasme, c’est ce shooter crémeux et mentholé qu’on commande en fin de soirée, souvent pour le nom autant que pour le goût. En France, c’est le fameux shot en deux couches liqueur de menthe verte et crème de whisky. Moi Arnaud Sion, créateur du Comptoir de Toamasina, j’en ai créé ma propre version un soir à São Paulo, avec de la cachaça, une crème de rhum à la vanille et mon sirop maison à la vanille Bourbon de Madagascar. Je vous donne ici la recette exacte, l’origine du cocktail, ses cousins (Screaming Orgasm, After Eight) et tout ce qu’il faut savoir pour le réussir du premier coup.
- › Le cocktail Orgasme en un coup d’œil
- › Qu’est-ce que le cocktail Orgasme ?
- › L’histoire de mon Orgasme à la vanille Bourbon
- › Le profil aromatique du cocktail
- › Ma recette du cocktail Orgasme à la vanille Bourbon
- › Bien choisir la vanille et les ingrédients
- › Orgasme vanille, Orgasme classique, After Eight : le comparatif
- › Les variantes selon votre alcool de base
- › Comment servir et sublimer le shooter
- › Les erreurs à éviter
- › Vos questions fréquentes
Le cocktail Orgasme en un coup d’œil
Ce qu’il faut savoir avant de le préparer
Qu’est-ce que le cocktail Orgasme ?
Sous ce nom un brin provocateur se cachent en réalité plusieurs recettes, selon le pays où on le commande.
En France, l’Orgasme est un shot en deux couches. Si vous vous demandez comment s’appelle le shot au Get 27 et au Baileys, c’est lui : une liqueur de menthe verte au fond, une crème de whisky irlandaise versée délicatement par-dessus, et on le boit d’un trait. Le contraste entre la fraîcheur de la menthe et l’onctuosité de la crème fait tout son succès dans les bars.
Dans les pays anglo-saxons, l’Orgasm est plutôt un mélange Baileys et amaretto, parfois complété d’une liqueur de café selon les bars. On le sert sur glace, dans un petit verre bas.
Le Screaming Orgasm, lui, est la version longue et plus forte : on y ajoute généralement de la vodka à la base Baileys, amaretto et liqueur de café. C’est un cocktail qui se sirote sur glace, pas un shot.
L’Orgasme appartient à la grande famille des cocktails au nom suggestif, avec le Sex on the Beach, le Slippery Nipple ou le Screaming Orgasm. Et non, aucun n’a de vertu aphrodisiaque prouvée : c’est surtout le nom qui fait sourire en le commandant. La vanille traîne une réputation d’épice sensuelle depuis des siècles, mais c’est de la culture plus que de la science.
L’histoire de mon Orgasme à la vanille Bourbon
Ma version est née d’une commande précise : un anniversaire des 18 ans à São Paulo, pour lequel la cliente voulait sortir des classiques brésiliens (caïpirinha, batidas) tout en restant festive. J’ai choisi de partir de l’Orgasme français, que les Brésiliens ne connaissent pas, pour y apporter deux marqueurs très forts : la cachaça, l’eau-de-vie de canne nationale, et la vanille Bourbon de Madagascar, mon produit de cœur.
La recette tient en quatre ingrédients : la cachaça ou un rhum blanc en base, une crème de rhum à la vanille à la place de la crème de whisky, une petite dose de liqueur de menthe pour garder l’ADN du shot original, et mon sirop de vanille maison, préparé avec les gousses que je sélectionne pour le Comptoir. Ce soir-là, j’ai servi la version en petit verre à pied pour la rendre plus chic, et la version shooter pour les plus pressés. On peut aussi la réaliser avec du rhum, de la tequila ou de la vodka.
Ce qui a marqué les invités, c’est la longueur : la vraie vanille apporte des notes de fruits secs, de pruneau confit et de beurre fondu que l’on garde en bouche longtemps après la dernière gorgée. Depuis, c’est la version que je conseille à tous ceux qui trouvent l’Orgasme classique trop sucré ou trop « bonbon à la menthe ».
Le profil aromatique du cocktail
Un cocktail bien construit se lit comme un parfum : une attaque qui saisit, un cœur qui installe le goût, un fond qui prolonge. Voici comment mon Orgasme à la vanille Bourbon se déroule en bouche.
Pyramide olfactive de mon cocktail Orgasme à la vanille Bourbon de Madagascar
L’attaque est fraîche : la liqueur de menthe réveille le palais dès la première seconde, sans dominer grâce à sa faible dose (1 cl seulement). C’est le clin d’œil au shot français d’origine.
Le cœur, c’est là que la vanille fait toute la différence. La crème de rhum vanillée et le sirop à la gousse de vanille Bourbon installent une rondeur crémeuse, avec des notes de fruits secs et de beurre fondu qu’aucun arôme artificiel ne sait imiter.
Le fond tire vers la canne à sucre fraîche de la cachaça, une pointe de sucre roux et le côté confit de la gousse, qui prolongent le shooter en bouche pendant de longues secondes.
Ma recette du cocktail Orgasme à la vanille Bourbon
Voici la recette exacte servie à São Paulo, pour un shooter généreux ou un petit verre à pied. Multipliez simplement les doses par le nombre d’invités. Le sirop de vanille se prépare la veille.
Ingrédients
- 2 cl de cachaça (ou de rhum blanc agricole)
- 2 cl de crème de rhum à la vanille
- 1 cl de liqueur de menthe verte
- 1 cl de sirop de vanille Bourbon maison
- Quelques glaçons (pour refroidir le verre)
Préparation
Refroidissez le verre (shooter ou petit verre à pied) 15 minutes au congélateur, ou avec quelques glaçons que vous jetez avant de verser.
Versez dans le verre la cachaça (ou le rhum), la liqueur de menthe et le sirop de vanille maison, puis mélangez à la cuillère.
Posez une cuillère à l'envers au ras du liquide et versez très lentement la crème de rhum vanille sur le dos de la cuillère.
La crème se dépose en couche onctueuse sur le dessus : c'est elle qui donne sa mousse au shooter.
Servez immédiatement, en shooter à boire d'un trait ou en verre à pied à déguster en deux gorgées.
REMARQUES
Tout se joue sur le sirop : préparez-le la veille avec une vraie gousse de vanille Bourbon de Madagascar fendue et grattée, jamais avec un sirop aromatisé à la vanilline. Pour la version française d'origine, remplacez la crème de rhum par une crème de whisky. À consommer avec modération.

Mon cocktail Orgasme à la vanille Bourbon, version verre à pied
Bien choisir la vanille et les ingrédients
Quatre ingrédients seulement : chacun compte, et c’est la qualité de chacun qui fait la différence entre un shooter banal et un cocktail signature.
La vanille, le cœur du cocktail. Prenez une vanille Bourbon de Madagascar de qualité gourmet : gousses noires, souples, brillantes, charnues, qui embaument dès l’ouverture du sachet. Une gousse sèche et cassante a perdu l’essentiel de ses arômes et donnera un sirop plat.
Le sirop de vanille maison. C’est la signature du cocktail. Évitez les sirops du commerce aromatisés à la vanilline : ils donnent un goût de bonbon qui écrase tout. La base est simple : 200 g de sucre, 200 ml d’eau, 2 gousses fendues et grattées, 10 minutes à frémissement, puis 24 heures d’infusion. Il se garde plusieurs semaines au réfrigérateur ; pour une conservation plus longue, suivez ma recette de sirop de vanille longue conservation.
La cachaça ou le rhum. Une cachaça blanche apporte des notes de canne fraîche, légèrement végétales. Un rhum blanc agricole fonctionne très bien aussi. Pour comprendre ce qui les distingue, voyez mes différences entre rhum et cachaça.
La crème de rhum à la vanille. C’est elle qui fait la couche onctueuse du dessus. À défaut, une crème de whisky irlandaise type Baileys fera l’affaire : vous revenez alors vers la version française, avec la cachaça en plus.
La liqueur de menthe verte. Elle donne la fraîcheur d’attaque. N’en mettez pas plus d’1 cl : au-delà, la menthe écrase la vanille et on retombe dans le shot classique.
Comparaison sensorielle : mon Orgasme vanille Bourbon, l’Orgasme classique et l’After Eight
Orgasme vanille, Orgasme classique, After Eight : le comparatif
Le radar ci-dessus compare mon Orgasme à la vanille Bourbon avec ses deux cousins les plus connus. Les différences sautent aux yeux.
Mon Orgasme vanille Bourbon est de loin le plus vanillé. La menthe est présente mais en retrait, et la cachaça lui donne un peu plus de puissance que la version classique. C’est un shooter plus long en bouche, moins « bonbon ».
L’Orgasme classique (liqueur de menthe verte + crème de whisky) est le plus sucré et le plus mentholé, sans aucune profondeur vanillée. C’est le shot festif par excellence, qu’on retrouve sur toutes les cartes de bars.
L’After Eight ajoute une liqueur de cacao à la menthe et à la crème, en trois couches bien distinctes. Il rappelle le chocolat à la menthe dont il tire son nom, et se sert volontiers en pousse-café.
Les variantes selon votre alcool de base
Version française fidèle, twistée vanille. 2 cl de liqueur de menthe verte au fond, 2 cl de crème de whisky par-dessus, et 1 cl de sirop de vanille Bourbon mélangé à la menthe avant de monter la couche. C’est le shot que tout le monde connaît, avec une profondeur en plus.
Version rhum. Remplacez la cachaça par un rhum blanc agricole, ou par un rhum ambré pour un profil plus boisé qui s’accorde superbement avec la vanille. Pour prolonger l’univers, mon rhum arrangé à la vanille de Madagascar fait une base remarquable.
Version tequila. Servez-la en verre à shot : le côté vif et poivré de la tequila crée un contraste étonnant avec la crème vanillée. Nettement plus puissant en bouche.
Version vodka. Plus neutre, elle laisse toute la place à la vanille et à la menthe. C’est la version la plus « propre » aromatiquement, idéale pour ceux qui découvrent.
Version anglo-saxonne. Baileys et amaretto à parts égales, 1 cl de sirop de vanille, sur glace. Plus d’amande, plus de douceur, pas de menthe.
Comment servir et sublimer le shooter
Monter la couche crémeuse. Mélangez d’abord la base (cachaça, menthe, sirop) directement dans le verre. Posez ensuite une cuillère à l’envers au ras du liquide et versez la crème de rhum très lentement sur son dos : elle se dépose en couche onctueuse sur le dessus au lieu de se mélanger. C’est cette « mousse » qui fait l’effet visuel et la texture du premier contact en bouche. Les premières fois, allez vraiment doucement.
La bonne température. Le shooter se boit bien frais, autour de 4 à 6 °C. Passez vos verres 15 minutes au congélateur, ou refroidissez-les avec quelques glaçons que vous jetez juste avant de verser. Pas de glace dans le shot lui-même : elle diluerait la couche crémeuse.
Les finitions qui font la différence. Une demi-gousse de vanille déjà utilisée, fendue et posée sur le bord du verre, une petite feuille de menthe fraîche, ou quelques copeaux de chocolat noir si vous voulez tirer vers l’After Eight. Évitez la chantilly, qui alourdit et masque la vanille.
Les erreurs à éviter
Utiliser un sirop industriel. C’est l’erreur numéro un. La vanilline de synthèse donne un goût plat et sucré qui tue tout l’intérêt de cette recette. Vingt minutes de préparation la veille suffisent pour un sirop maison.
Forcer sur la menthe. Au-delà d’1 cl, la liqueur de menthe écrase la vanille. Si vous aimez la menthe, gardez plutôt la version française classique.
Associer la crème à un ingrédient acide. Jus de citron, d’orange ou de fruit de la passion font cailler les crèmes de liqueur. Gardez les agrumes pour d’autres cocktails.
Verser la crème d’un coup. Elle plonge et se mélange à la base : vous perdez la couche et l’effet visuel. Toujours au dos de la cuillère, en filet.
Servir dans un verre tiède. Le shooter se réchauffe aussitôt, l’alcool ressort et la crème devient écœurante.
Vos questions fréquentes
Comment s’appelle le shot au Get 27 et au Baileys ?
C’est l’Orgasme, dans sa version française : la liqueur de menthe verte au fond du verre, la crème de whisky versée délicatement par-dessus, en deux couches, et on le boit d’un trait.
Quelle différence entre l’Orgasme et le Screaming Orgasm ?
L’Orgasme est un shot court. Le Screaming Orgasm est un cocktail long et plus fort, qui associe généralement vodka, amaretto, liqueur de café et Baileys, servi sur glace.
Quel est le degré d’alcool de ce cocktail ?
Avec la cachaça, comptez environ 20 % vol. pour mon Orgasme à la vanille Bourbon, contre 15 à 18 % pour le shot classique menthe et crème de whisky. À consommer avec modération.
Par quoi remplacer la crème de rhum à la vanille ?
Par une crème de whisky irlandaise, en ajoutant éventuellement quelques gouttes de sirop de vanille maison supplémentaires. Vous obtenez une version à mi-chemin entre l’Orgasme français et ma recette.
Peut-on préparer le cocktail Orgasme à l’avance ?
La base (cachaça, menthe, sirop) peut être mélangée et gardée au frais quelques heures. La couche de crème, elle, se monte à la minute, juste avant de servir, sinon elle se mélange au reste.
Le cocktail Orgasme est-il aphrodisiaque ?
Non, malgré son nom. Comme pour le Sex on the Beach, c’est un nom de bar pensé pour faire sourire. La vanille a une vieille réputation d’épice sensuelle, mais aucune étude ne lui prête un tel effet.
Quelle vanille choisir pour ce cocktail ?
La vanille Bourbon de Madagascar reste la référence : ronde, gourmande, riche en vanilline naturelle. Une vanille de Tahiti donnera un profil plus floral et anisé, intéressant avec la menthe.
Ma sélection de vanille pour vos cocktails
Ce cocktail vaut ce que vaut votre vanille. Voici les gousses et l’extrait que j’utilise moi-même pour mes sirops et mes cocktails.
- › Nos gousses de vanille Bourbon de Madagascar — la référence pour le sirop de ma recette signature.
- › Nos vanilles du monde — Tahiti et d’autres origines pour créer vos propres variantes.
- › Notre extrait de vanille — la solution rapide quand on n’a pas de sirop maison sous la main.
D’autres cocktails à la vanille à découvrir sur le blog : le cocktail vanille Bourbon Gold Rush, le cocktail vanille, fruit de la passion et vodka, ou la caïpirinha pour rester dans l’ambiance brésilienne.
Le cocktail Orgasme à la vanille Bourbon, c’est un shooter simple à préparer, spectaculaire à servir et mémorable en bouche. Tout se joue sur la vanille : avec une vraie gousse Bourbon de Madagascar dans votre sirop, un classique de bar devient une signature. L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.