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Différences entre rhum et cachaça

Par Arnaud Sion
Publié: Mis à jour: 20 minutes lire

Parce qu’ils ont des origines et des matières premières similaires, on se pose souvent la question : quelle est la différence entre le rhum et la cachaça ? Les deux spiritueux sont faits à partir de canne à sucre, peuvent être vieillis en fût et sont de véritables passions nationales. Moi, Arnaud Sion, je vis à Belo Horizonte, dans le Minas Gerais, depuis novembre 2015 : c’est l’État brésilien qui compte le plus de producteurs de cachaça. Dans cet article, je vous explique les différences entre rhum et cachaça sous quatre angles, l’histoire, la production, le titrage en alcool et le vieillissement, puis je vous donne mes conseils pour choisir et déguster une bonne cachaça.

L’avis d’Arnaud, créateur du Comptoir de ToamasinaMon conseil : ne dites jamais « rhum brésilien » à un Mineiro ! La cachaça est une eau-de-vie de jus de canne frais, définie par la loi brésilienne, et sa cousine la plus proche est le rhum agricole, pas le rhum de mélasse. Pour comprendre la différence, goûtez côte à côte une cachaça blanche de petit alambic et un rhum agricole blanc : même famille, mais la cachaça est souvent plus douce et plus herbacée. Et pour la caipirinha, prenez toujours une cachaça, jamais un rhum.
Sommaire

Le Comptoir de Toamasina, l’épicerie qui vous fait vivre le monde des saveurs

Le Comptoir de Toamasina est né en 2010 autour de la vanille. Je sélectionne mes vanilles et mes épices en Europe, auprès d’importateurs spécialisés, après avoir appris le métier auprès des producteurs. Mais c’est au Brésil, où je vis depuis novembre 2015, que j’ai vraiment découvert la cachaça, un alcool formidable pour les cocktails. Le Comptoir a même ouvert en 2016 une petite plantation de vanille à des fins de test.

Aujourd’hui, il n’est pas rare de mélanger la cachaça avec de la poudre d’açaí pour réaliser des cocktails qui surprennent et font voyager vos papilles. Si vous aimez le Brésil, lisez aussi mon voyage à Tiradentes et mes adresses pour bien manger à Belo Horizonte.

Regardez notre vidéo de voyage dans le Minas Gerais, sur les routes de l’État de la cachaça :

Cachaça et rhum, deux spiritueux de canne à sucre

Le rhum et la cachaça sont des spiritueux anciens, nés dans différentes parties du continent américain. Ils ont longtemps été boudés par les bars à cocktails, au profit des boissons d’origine européenne. Cette période est terminée : aujourd’hui, le rhum et la cachaça sont de plus en plus célébrés derrière le comptoir. Si vous aimez les rhums maison, lisez absolument mon guide pour faire un rhum arrangé.

Si similaires, certains ne savent pas énumérer les différences entre le rhum et la cachaça. La cachaça est-elle un rhum ? Non : c’est une eau-de-vie de canne à sucre, mais c’est un spiritueux à part entière, avec sa propre définition légale. On peut résumer la principale différence en une phrase : la cachaça est faite au Brésil à partir de jus de canne à sucre frais fermenté, tandis que le rhum est fait dans le monde entier, le plus souvent à partir de mélasse.

Pour aller plus loin, Le Comptoir de Toamasina analyse les deux distillats sous quatre aspects essentiels : les origines historiques, la production, le titrage en alcool et le vieillissement.

La cachaça est un spiritueux brésilien de A à Z : sa matière première, sa législation, ses bois et ses cocktails. Le rhum, lui, est un spiritueux mondial. Parmi les rhums du monde, ce sont surtout les rhums des Caraïbes, de tradition anglaise, espagnole ou française, qui servent de référence. Contrairement au rhum agricole, qui est souvent comparé à la cachaça, le rhum traditionnel de mélasse a un profil très différent. Bref, rhum et cachaça sont cousins, mais certainement pas jumeaux.

Les 4 différences entre le rhum et la cachaça : l’histoire des deux spiritueux

Il y a une histoire commune : celle de la canne à sucre. Au XVIe siècle, le sucre était un produit précieux, tout comme les épices venues des Indes, et faisait partie d’un cycle économique très lucratif pour les colons. Au Brésil, après l’arrivée de Pedro Álvares Cabral en 1500, les colons portugais constatent que le sol est fertile et le climat tropical. Ils ont déjà l’expérience de la canne à sucre à Madère et à São Tomé : ils décident de la cultiver dans leur nouvelle colonie. Les premiers moulins à sucre, les engenhos, se développent dans les années 1530, notamment autour de São Vicente, puis dans le Nordeste. Le Brésil devient l’un des plus grands producteurs de sucre au monde, au prix du travail de millions de personnes réduites en esclavage : ce sont les esclaves africains qui faisaient tourner les moulins et les alambics.

La naissance de la cachaça est entourée de légendes. La plus racontée dit que les esclaves des moulins auraient remarqué que la garapa, le jus de canne, fermentait spontanément, et que ce liquide distillé donnait une eau-de-vie. On raconte aussi que le surnom « pinga » viendrait des gouttes qui « pingavam », qui tombaient de l’alambic. Ce sont des récits populaires, pas des faits documentés, mais ils disent bien combien la cachaça est liée à l’histoire de l’esclavage et des moulins. Ce qui est sûr, c’est que la cachaça apparaît au XVIe siècle sur la côte brésilienne : elle est souvent présentée comme l’une des premières eaux-de-vie distillées des Amériques.

Le rhum a une origine similaire, liée à la production de sucre, mais dans les colonies britanniques des Caraïbes. Il apparaît au XVIIe siècle à la Barbade, à partir des sous-produits de l’industrie sucrière, notamment la mélasse. Fait intéressant : les planteurs de la Barbade avaient appris la culture de la canne au contact du Brésil, où les Néerlandais occupaient alors une partie du Pernambouc. La cachaça est donc l’aînée, et le rhum un cousin plus jeune. Je raconte la naissance des différents styles de rhum dans mon article sur les différents types de rhum.

Ainsi, le rhum et la cachaça sont apparus à des endroits et à des moments différents. Et aujourd’hui, la loi les sépare clairement : la cachaça, selon la législation brésilienne, ne peut être produite qu’au Brésil, un peu comme le champagne en France. Le rhum peut être fait, en théorie, n’importe où dans le monde. C’est pour cela qu’il est faux d’appeler la cachaça « rhum brésilien ».

Histoire de la cachaça

La cachaça est née dans les moulins à sucre du Brésil colonial, au XVIe siècle

Une production différente : jus de canne à sucre ou mélasse ?

Pour comprendre les différences entre le rhum et la cachaça, il faut analyser leur production. Les deux sont fermentés puis distillés, en colonne ou en alambic. Mais la différence la plus nette réside dans la matière première.

  • ›La cachaça est fabriquée à partir de la fermentation et de la distillation de la garapa, c’est-à-dire du jus de canne à sucre frais. La canne est coupée, broyée, et son jus doit fermenter rapidement, avant de s’abîmer.
  • ›La plupart des rhums sont produits à partir de mélasse, le résidu sirupeux de la fabrication du sucre. La législation brésilienne définit d’ailleurs le rhum comme une boisson issue d’un distillat de mélasse, éventuellement assemblé avec un distillat de jus de canne, et vieilli au moins en partie en fût de chêne ou d’un bois équivalent.

L’exception, c’est le rhum agricole des Antilles françaises, fait lui aussi de jus de canne frais. C’est pour cela que la cachaça et le rhum agricole sont si proches. Ce qui les distingue alors : le terroir, les variétés de canne, les levures, les méthodes de distillation et souvent le degré de distillation, plus bas pour de nombreuses cachaças, ce qui garde beaucoup de caractère de la canne.

Au Brésil, on distingue aussi deux grandes familles de cachaça :

  • ›la cachaça de alambique, distillée par lots dans des alambics en cuivre, avec la séparation de la tête, du cœur et de la queue de distillation : c’est le cœur, le « coração », qui fait les meilleures cachaças artisanales ;
  • ›la cachaça de coluna, distillée en colonne continue, en grands volumes, plus neutre et souvent moins chère.

Comme la cachaça peut être distillée en alambic ou en colonne, deux cachaças peuvent être aussi différentes qu’un rhum blanc industriel et un rhum agricole. Ces différences de production donnent des saveurs, des arômes et des finales différents dans les deux distillats.

Une teneur en alcool différente : le titrage en alcool

La législation brésilienne fixe des fourchettes de titrage en alcool qui marquent aussi la différence entre rhum et cachaça. Ces règles figurent aujourd’hui dans le décret brésilien n° 12.709 du 31 octobre 2025 sur les boissons, qui a pris le relais du décret n° 6.871 de 2009 cité dans notre première version :

  • ›la cachaça doit titrer de 38 à 48 % vol. à 20 °C. C’est « la dénomination typique et exclusive de l’eau-de-vie de canne produite au Brésil » ;
  • ›le rhum, pour être vendu au Brésil, doit titrer de 35 à 54 % vol. ;
  • ›l’aguardente de cana, l’eau-de-vie de canne au sens large, titre de 38 à 54 % vol. : une eau-de-vie de canne brésilienne au-dessus de 48 % vol. ne peut donc pas s’appeler cachaça.

La réglementation encadre aussi l’ajout de sucre : une cachaça peut recevoir une petite quantité de sucre, et au-delà, elle doit porter la mention adoçada (sucrée).

Une autre différence : beaucoup de cachaças titrent autour de 40 % vol., tandis que de nombreux rhums agricoles blancs titrent 50 % vol. ou plus. À la dégustation, la cachaça paraît donc souvent plus douce en alcool.

Ces règles ne concernent que les boissons vendues au Brésil. Dans d’autres pays, on trouve des rhums bien plus forts, comme les rhums overproof qui dépassent 60 % vol. En Europe, le rhum doit titrer au moins 37,5 % vol.

Un vieillissement très différent, en fût de chêne ou en bois brésilien, mais une puissance aromatique incroyable

Le dernier aspect sous lequel nous analysons les différences entre le rhum et la cachaça est celui du vieillissement.

Le rhum est très souvent vieilli, selon des règles qui dépendent du pays de production. La maturation se fait presque toujours en fûts de chêne, souvent des fûts ayant contenu du bourbon américain ou du cognac. Il n’existe pas de loi internationale sur l’âge minimal du rhum : chaque pays fixe ses règles, et l’âge ne fait pas tout. Sous les tropiques, le rhum vieillit vite.

La cachaça, elle, n’a aucune obligation de vieillissement. Beaucoup de cachaças sont vendues blanches, après un simple repos en cuve inox ou en bois neutre. Mais une fois mûrie, elle acquiert des saveurs, des arômes, une couleur et une douceur très appréciés, avec une palette unique au monde grâce aux bois brésiliens :

  • ›l’amburana : des notes de cannelle, de vanille et d’épices douces, très gourmandes ;
  • ›le bálsamo : des notes balsamiques, herbacées, presque anisées ;
  • ›le jequitibá : un bois neutre qui adoucit sans colorer ;
  • ›l’ipê et le chêne : plus de structure et de boisé.

Selon les normes brésiliennes, une cachaça dite envelhecida (vieillie) doit contenir au moins 50 % de cachaça vieillie au moins un an en fût de 700 litres maximum ; une cachaça premium est vieillie à 100 % pendant au moins un an, et une extra premium au moins trois ans. Ces mentions sont l’équivalent brésilien de nos VO et XO.

La cachaça est ainsi devenue un véritable produit culturel. C’est LA boisson brésilienne par excellence et la base de la caipirinha, le cocktail emblématique du Brésil.

Différences entre rhum et cachaça : matière première, alcool, cocktail

Voici en un coup d’œil les différences entre rhum et cachaça :

Critère Cachaça Rhum
Origine légale Uniquement le Brésil (appellation exclusive) Tout pays, quelques appellations (AOC Martinique)
Matière première Jus de canne à sucre frais fermenté (garapa) Surtout mélasse ; jus de canne pour le rhum agricole
Titrage en alcool 38 à 48 % vol. selon la législation brésilienne Au moins 37,5 % vol. en Europe, 35 à 54 % vol. au Brésil
Vieillissement Facultatif ; chêne ou bois brésiliens (amburana, bálsamo, jequitibá…) Fréquent, presque toujours en fûts de chêne
Goût d’une version blanche Canne fraîche, végétal, parfois fruité De neutre (mélasse) à très végétal (agricole)
Cocktail emblématique Caipirinha Ti-punch, mojito, daiquiri, punch

Autre différence importante : le goût. Une cachaça blanche a souvent une attaque plus douce et plus herbacée qu’un rhum agricole blanc, avec des notes de canne fraîche, de banane verte ou d’herbe coupée. Un rhum de mélasse est plus rond, avec des notes de caramel et de fruits mûrs.

Cachaça blanche, cachaça vieillie à l’amburana ou rhum agricole blanc ?

Le profil aromatique de la cachaça comparé au rhum agricole

Ma lecture, échelle indicative de 0 à 5


Le radar compare trois eaux-de-vie de jus de canne que j’aime faire goûter côte à côte. La cachaça blanche domine en notes de canne fraîche et en douceur végétale. La cachaça vieillie à l’amburana est la plus épicée et la plus gourmande, avec ses notes de cannelle et de vanille. Le rhum agricole blanc est le plus puissant et le plus poivré. C’est une lecture indicative : chaque producteur a son style.

ATTAQUECanne fraîche, citron vertCŒURCannelle, vanille, bananeFONDBois d’amburana, épices douces

La pyramide olfactive d’une cachaça vieillie à l’amburana

La petite histoire de la cachaça

La cachaça, l’une des eaux-de-vie les plus consommées au Brésil, est devenue un véritable produit culturel. Surtout quand on pense au Brésil, c’est LA boisson nationale, celle que l’on trouve dans chaque boteco, des grandes villes aux plus petits villages. Elle a même sa journée : le 13 septembre, journée nationale de la cachaça.

Sa place dans l’histoire n’a pas toujours été simple. Au XVIIe siècle, la Couronne portugaise chercha à en limiter ou à en taxer le commerce, pour protéger les vins et les eaux-de-vie venus du Portugal. À Rio de Janeiro, la colère des producteurs déboucha en 1660 sur un épisode resté célèbre sous le nom de Revolta da Cachaça. Longtemps considérée comme la boisson des pauvres, la cachaça a été réhabilitée au XXe siècle comme un symbole de l’identité brésilienne.

Je vous raconte la suite de cette histoire dans l’histoire de la cachaça et dans l’histoire de la caïpirinha.

L’histoire de la cachaça est intimement liée à celle du Brésil

La cachaça suit l’histoire du pays : le cycle du sucre dans le Nordeste au XVIe et au XVIIe siècle, puis le cycle de l’or dans le Minas Gerais au XVIIIe siècle. Les chercheurs d’or et les villes coloniales comme Ouro Preto ou Tiradentes ont fait du Minas Gerais une terre d’alambics, et elle l’est restée.

Aujourd’hui, la filière est encore très artisanale. Selon l’Anuário da Cachaça 2024 du ministère de l’Agriculture brésilien, le pays comptait fin 2023 environ 1 217 cachaçarias enregistrées, présentes dans plus de 700 communes, près de 6 000 produits enregistrés et plus de 10 000 marques. Les exportations ont dépassé 20 millions de dollars et touché 76 pays. Mais l’essentiel de la cachaça est bu au Brésil, et une grande partie des petits producteurs vendent localement.

Le Minas Gerais, terre de cachaça

Je vis à Belo Horizonte, la capitale du Minas Gerais, et ici la cachaça fait partie du paysage. Le Minas Gerais est l’État qui compte le plus de cachaçarias enregistrées : 504 fin 2023, soit environ 41 % du total national, et plus de 2 000 produits enregistrés, selon l’Anuário da Cachaça 2024.

La région de Salinas, dans le nord du Minas, est la plus célèbre : sa cachaça bénéficie d’une indication géographique (indicação de procedência) depuis le début des années 2010. Les cachaças de Salinas sont souvent vieillies dans le bálsamo, ce qui leur donne une couleur dorée et un goût très reconnaissable.

À Belo Horizonte, le Mercado Central est l’endroit idéal pour découvrir la diversité des cachaças mineiras, des blanches de petit alambic aux vieilles cachaças d’amburana. Si vous voulez découvrir le vrai Minas Gerais, ses routes, ses fazendas et sa gastronomie, je vous emmène lors d’une journée Expéditions Ranger. Et pour goûter le terroir mineiro jusqu’au bout, lisez mon article sur le queijo Minas.

Belo Horizonte, Minas Gerais, Brésil

Belo Horizonte, capitale du Minas Gerais, l’État qui compte le plus de cachaçarias au Brésil

Vous le savez déjà, non ?

Quatre siècles d’histoire ont donné à la cachaça une quantité incroyable de surnoms inventés par les Brésiliens. On cite souvent plus de deux mille termes pour la désigner ! Certains seraient nés à l’époque où la cachaça était mal vue ou surveillée, pour en parler sans la nommer.

Parmi les plus connus :

  • ›pinga, le plus courant ;
  • ›branquinha, « la petite blanche » ;
  • ›água que passarinho não bebe, « l’eau que l’oiseau ne boit pas » ;
  • ›abre-coração, « l’ouvre-cœur » ;
  • ›água-benta, « l’eau bénite » ;
  • ›bafo-de-tigre, « l’haleine du tigre » ;
  • ›limpa-olho, « le lave-œil ».

En France, vous verrez aussi des orthographes approximatives : cachaca, cachasa, cachassa, catchaça. La bonne orthographe est cachaça, avec une cédille, et se prononce « kachassa ».

Comment choisir et déguster une cachaça ?

Pour bien choisir votre cachaça, regardez l’étiquette :

  • ›le mode de distillation : « de alambique » pour une cachaça artisanale distillée en alambic de cuivre, plus aromatique ;
  • ›le vieillissement : prata ou clássica pour une cachaça blanche, ouro ou envelhecida pour une cachaça passée en bois, premium ou extra premium pour les plus vieilles ;
  • ›le bois : amburana pour les notes épicées, bálsamo pour les notes herbacées, chêne pour un profil plus proche du rhum vieux ;
  • ›l’origine : Minas Gerais, et notamment Salinas, Paraty dans l’État de Rio, ou encore les régions de São Paulo et de Pernambouc.

Une cachaça blanche (prata) est idéale en cocktail ; une cachaça gold (ouro), passée en fût, apporte plus de rondeur ; une cachaça artisanale de petit alambic offre le plus de caractère. Comme un rhum arrangé maison, une cachaça peut être parfumée aux fruits et aux épices, mais goûtez-la d’abord nature pour comprendre son style.

Pour la dégustation, servez une cachaça blanche fraîche mais pas glacée, dans un petit verre tulipe. Une cachaça vieillie se déguste à température ambiante, comme un rhum vieux. Sentez d’abord, puis prenez une petite gorgée et gardez-la quelques secondes en bouche. La méthode est la même que celle que je vous explique pour une dégustation de rhum en 5 étapes.

La caipirinha, le cocktail brésilien emblématique

Impossible de parler de cachaça sans parler de la caipirinha. La loi brésilienne la définit même officiellement comme une boisson typique du Brésil, faite de cachaça, de citron vert et de sucre. On écrase le citron vert coupé en quartiers avec le sucre directement dans le verre, on ajoute de la glace pilée, puis la cachaça.

Peut-on faire une caipirinha avec du rhum ? On peut faire un cocktail très bon avec un rhum agricole, mais ce ne sera plus une caipirinha : au Brésil, la version au rhum s’appelle parfois caipiríssima, et celle à la vodka caipiroska. Ma recette de référence est ici : la recette originale de la caipirinha. Pour une version épicée, essayez le cocktail cachaça, gingembre et citron ou la caipirinha à l’açaí.

Information alcoolL’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération. Déconseillé aux femmes enceintes, interdit aux mineurs.

Recette originale de la caipirinha

La caipirinha, cocktail emblématique du Brésil : cachaça, citron vert et sucre

Cachaça brésilienne, épices et superaliments du Brésil

La cachaça est une base magnifique pour les épices. Sa douceur végétale accueille très bien :

  • ›la vanille de Madagascar, pour une cachaça arrangée ronde et gourmande ;
  • ›la cannelle et la fève tonka, qui rappellent les notes de l’amburana ;
  • ›la baie de Timut du Népal, un poivre aux notes de pamplemousse, superbe dans une caipirinha : écrasez 3 ou 4 baies avec le citron vert ;
  • ›la poudre d’açaí RWD, une cuillère à café dans le shaker pour une caipirinha violette, et la poudre d’acérola pour une touche acidulée.

Vous pouvez aussi préparer une cachaça arrangée exactement comme un rhum arrangé, avec des fruits tropicaux : maracujá, ananas, caju. Pour le choix de la gousse, lisez quelle vanille pour le rhum arrangé : les conseils valent aussi pour la cachaça.

Alors, rhum ou cachaça ?

Maintenant, vous savez tout sur les différences entre rhum et cachaça. La cachaça et le rhum partagent la canne à sucre, mais pas la même histoire, ni la même matière première, ni le même titrage, ni les mêmes bois. La cachaça est l’aînée, brésilienne par la loi, faite de jus de canne frais ; le rhum est un spiritueux mondial, le plus souvent de mélasse, avec le rhum agricole comme cousin le plus proche de la cachaça.

Mon choix ? Une cachaça blanche de petit alambic du Minas Gerais pour la caipirinha, une cachaça vieillie à l’amburana pour la dégustation, et un rhum agricole pour le ti-punch. Les trois ont leur place dans un bar de passionné.

Pour vos cachaças et caipirinhas épicées, découvrez ma vanille de Madagascar, mes baies de Timut du Népal, ma poudre d’açaí RWD et mon acérola en poudre.

Et vous, quel poivre vous ressemble ?Faites mon test en quelques questions pour trouver le poivre fait pour votre cuisine : Quel poivre choisir ?

Mon verdict : la cachaça de alambique du Minas Gerais

Voici mon évaluation, critère par critère.

Vos questions fréquentes

Quelle est la différence entre la cachaça et le rhum ?La cachaça est produite uniquement au Brésil à partir de jus de canne frais fermenté et titre 38 à 48 % vol. Le rhum peut être fait partout, le plus souvent à partir de mélasse.
La cachaça est-elle un rhum ?Non. C’est une eau-de-vie de canne à sucre, mais la loi brésilienne en fait une appellation exclusive, distincte du rhum.
Quelle est la différence entre la cachaça et le rhum agricole ?Les deux viennent du jus de canne frais. La cachaça est brésilienne, souvent distillée à un degré plus bas et parfois vieillie dans des bois brésiliens ; le rhum agricole vient surtout des Antilles françaises.
Quel goût a la cachaça ?Une cachaça blanche sent la canne fraîche et l’herbe, avec une bouche douce et végétale. Vieillie à l’amburana, elle prend des notes de cannelle et de vanille.
Peut-on faire une caipirinha avec du rhum ?On peut faire un bon cocktail avec un rhum agricole, mais ce ne sera plus une caipirinha, qui se fait par définition avec de la cachaça.
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