Le persil, on le connaît tous en pluche sur une assiette ou dans un taboulé. En infusion, beaucoup moins. Pourtant, une tasse de persil chaud au citron après un repas copieux, c’est une habitude que j’ai prise au Brésil, où les tisanes d’herbes fraîches font partie du quotidien, et que je n’ai jamais abandonnée.
Le persil est une herbe aromatique cultivée dans les zones tempérées et subtropicales. Au-delà de son goût agréable et de sa capacité à relever les autres aliments, il est traditionnellement utilisé pour ses propriétés diurétiques. On le retrouve aussi sous le nom de thé au persil, même s’il ne contient pas de thé. Dans cet article, je vous explique comment faire une bonne infusion de persil, ce que l’on peut raisonnablement en attendre, et les précautions à connaître.
- › Le persil, quelle plante est-ce ?
- › Que contient le persil ?
- › Quels sont les bienfaits de l’infusion de persil ?
- › Infusion de persil et reins : ce que dit la recherche
- › Comment faire une infusion de persil ?
- › Quelles variantes pour l’infusion de persil ?
- › Quel goût a l’infusion de persil ?
- › Les erreurs à éviter
- › Qui doit éviter l’infusion de persil ?
- › Comment conserver le persil pour vos infusions ?
- › Vos questions sur l’infusion de persil

Le guide de l’infusion de persil : composition, préparation et précautions.
Le persil, quelle plante est-ce ?
Le persil (Petroselinum crispum) appartient à la famille des Apiacées, comme la carotte, le céleri, la coriandre ou le fenouil. Originaire du pourtour méditerranéen, il est cultivé depuis l’Antiquité, d’abord comme plante médicinale puis comme condiment.
On en trouve deux grandes formes au marché. Le persil plat, aux feuilles larges, est le plus parfumé : c’est lui que je choisis pour les infusions. Le persil frisé, plus décoratif, a un goût plus discret et une texture plus ferme. Il existe aussi un persil tubéreux, cultivé pour sa racine, que l’on cuisine comme un légume d’hiver.
Pour l’infusion, ne jetez surtout pas les tiges : elles concentrent beaucoup d’arômes et donnent une boisson plus ronde que les feuilles seules. C’est d’ailleurs une excellente façon de valoriser les tiges qui restent après avoir ciselé le persil pour un plat.
Que contient le persil ?
Le persil frais est l’une des herbes les plus riches en vitamines et en minéraux. Voici les valeurs moyennes pour 100 grammes de feuilles crues :
| Pour 100 g de persil frais | Valeur moyenne |
|---|---|
| Eau | 88,7 % |
| Énergie | 33 kcal |
| Protéines | 3,3 g |
| Lipides | 0,6 g |
| Glucides | 5,7 g |
| Calcium | 179 mg |
| Fer | 3,2 mg |
| Magnésium | 21 mg |
| Phosphore | 49 mg |
| Potassium | 711 mg |
| Sodium | 2 mg |
| Zinc | 1,3 mg |
Le persil est aussi riche en vitamine C, en vitamine K, en provitamine A et en folates, ainsi qu’en chlorophylle et en flavonoïdes comme l’apigénine. Un point d’honnêteté important : ces chiffres valent pour les feuilles que l’on mange. Une tasse d’infusion n’en extrait qu’une petite partie, et la vitamine C supporte mal la chaleur. Pour profiter pleinement des vitamines du persil, il vaut mieux aussi en parsemer généreusement ses plats.
Côté vitamines, le persil est un véritable concentré (les valeurs varient selon les tables et les variétés) :
| Vitamine pour 100 g de persil frais | Valeur moyenne | Ce que ça représente |
|---|---|---|
| Vitamine C | 125 à 135 mg | Plus que l’orange (environ 50 mg) |
| Vitamine K1 | Environ 1 600 µg | Plus de 20 fois l’apport de référence (75 µg) |
| Provitamine A (bêta-carotène) | Environ 5 000 µg | Une excellente source |
| Vitamine B9 (folates) | Environ 150 µg | Les trois quarts de l’apport de référence |
Ses principaux composés actifs sont les flavonoïdes (apigénine, lutéoline, quercétine), les molécules de son huile essentielle (apiol et myristicine), la chlorophylle et des caroténoïdes comme la lutéine et la zéaxanthine. Le persil est aussi une bonne source de fer d’origine végétale. Ce fer est moins bien absorbé que celui de la viande, mais la vitamine C, celle du persil lui-même et surtout celle du citron, améliore nettement son absorption : c’est une bonne raison d’associer les deux.
Quels sont les bienfaits de l’infusion de persil ?
On lit beaucoup de promesses sur le thé au persil. Je préfère vous dire ce qui est solide et ce qui ne l’est pas, au conditionnel et sans miracle.
Une boisson traditionnellement diurétique. Le persil est utilisé depuis longtemps en médecine traditionnelle pour favoriser l’élimination de l’eau. Quelques travaux, surtout chez l’animal, vont dans ce sens, et sa richesse en potassium pourrait y contribuer. Une infusion pourrait donc aider à se sentir moins gonflé après un repas salé, sans plus.
Des composés antioxydants. Le persil contient des flavonoïdes et des caroténoïdes étudiés pour leurs propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires. Les recherches sont encore préliminaires, et une infusion en apporte bien moins que les feuilles fraîches.
Une haleine plus fraîche. Mâcher du persil après un plat à l’ail est un vieux réflexe de cuisine. Sa chlorophylle et ses arômes masqueraient les odeurs ; une infusion tiède après le repas fait un peu le même travail, de façon agréable.
Une boisson chaude sans excitant. Sans théine ni caféine, elle se boit le soir et compte dans l’hydratation de la journée, ce qui n’est pas rien en hiver, quand on boit moins.
En revanche, l’infusion de persil ne fait pas maigrir et ne remplace aucun traitement. Elle peut accompagner une alimentation équilibrée, c’est tout ce qu’on peut honnêtement en dire.
Le niveau de preuve, bienfait par bienfait
Plus la barre est longue, plus l’usage est documenté par la recherche (échelle indicative).

Infusion de persil et reins : ce que dit la recherche
Le persil est surtout réputé pour son action sur les reins. Voici ce que les études permettent de dire, au conditionnel.
Un effet diurétique expliqué chez l’animal. Chez le rat, une infusion de persil augmente le volume d’urine. Les chercheurs ont identifié le mécanisme : elle freinerait une « pompe » des cellules du rein (la Na+/K+-ATPase) qui récupère le sodium. Moins de sodium réabsorbé, c’est plus d’eau éliminée. Et comme le persil apporte lui-même beaucoup de potassium, cette élimination ne s’accompagnerait pas d’une perte excessive de ce minéral, contrairement à certains médicaments. L’apiol et la myristicine de son huile essentielle renforceraient cet effet.
Un « rinçage » des voies urinaires. En augmentant le flux d’urine, le persil est traditionnellement utilisé pour « drainer » les reins. Des travaux chez l’animal suggèrent un effet sur la formation des cristaux, mais il n’existe pas d’étude solide chez l’humain. Attention aussi : le persil contient des oxalates, l’un des constituants des calculs les plus fréquents. Les personnes concernées doivent donc demander l’avis de leur médecin avant toute cure.
Des antioxydants protecteurs. En laboratoire, les flavonoïdes du persil (apigénine, apiine) stimulent les enzymes antioxydantes du corps, et la myristicine en active une autre, la glutathion S-transférase. Ces résultats, obtenus sur des cellules et chez l’animal, intéressent les chercheurs mais ne permettent pas de parler d’un effet prouvé chez l’humain.
| Effet étudié | Ce qu’on sait | Niveau de preuve |
|---|---|---|
| Augmentation du volume d’urine | Mécanisme identifié chez le rat | Préliminaire |
| Élimination de l’eau sans perte de potassium | Richesse naturelle en potassium | Plausible |
| Cristaux urinaires | Quelques études animales | Très préliminaire |
| Protection antioxydante du rein | Cellules et animaux | Préliminaire |
| Absorption du fer avec le citron | Effet bien connu de la vitamine C | Bien documenté |
Comment faire une infusion de persil ?
La recette d’origine de cet article, celle que l’on trouve souvent, consiste à ajouter cinq cuillères à soupe de persil haché dans un litre d’eau bouillante, à remuer quatre minutes puis à retirer du feu. Elle fonctionne, mais je l’ai fait évoluer sur trois points.
D’abord, je ne fais plus bouillir le persil : l’eau bouillante lui donne vite un goût de légume cuit. J’arrête le feu au premier frémissement (85 à 90 °C), j’ajoute le persil hors du feu et je couvre, pour garder les arômes qui s’évaporent. Ensuite, j’infuse plus longtemps, 7 à 10 minutes, ce qui donne une boisson plus parfumée. Enfin, j’ajoute du citron, une fois l’infusion tiédie (sous 60 °C, pour préserver sa vitamine C), et du gingembre, qui transforment une boisson un peu plate en vraie tisane.
Persil frais ou séché ? Le frais donne une infusion verte, vive, nettement meilleure. Le séché dépannera en hiver : comptez une cuillère à soupe pour 25 cl, et la même méthode.
Ingrédients
- 20 g de persil plat frais, feuilles et tiges (un petit bouquet)
- 50 cl d'eau
- 2 fines rondelles de gingembre frais (ou 1 pincée de gingembre en poudre)
- 1/2 citron non traité (jus et un ruban de zeste)
- 3 baies de Timut légèrement écrasées (facultatif)
- 1 c. à café de miel (facultatif)
Préparation
Rincez le persil dans un grand bol d'eau froide, égouttez-le et hachez-le grossièrement, tiges comprises.
Portez l'eau au premier frémissement, puis coupez le feu.
Ajoutez le persil, le gingembre, le ruban de zeste de citron et les baies de Timut.
Couvrez et laissez infuser 7 à 10 minutes.
Filtrez dans une théière ou directement dans les tasses en pressant légèrement le persil.
Ajoutez le jus du demi-citron et, si vous le souhaitez, le miel une fois l'infusion un peu tiédie.
Pour une version glacée, laissez refroidir puis servez sur des glaçons avec des rondelles de concombre.
REMARQUES
Une à deux tasses par jour suffisent. Déconseillée en infusion concentrée pendant la grossesse ; sous traitement anticoagulant, demandez l'avis de votre médecin. Le persil congelé en cubes fonctionne très bien en hiver.
Quelles variantes pour l’infusion de persil ?
Persil, citron et gingembre. C’est ma version de base, détaillée dans la recette ci-dessus. Le gingembre apporte une chaleur bienvenue en automne ; à défaut de frais, une petite pincée de gingembre en poudre fait l’affaire.
Persil et baie de Timut. C’est l’accord épice que je préfère. Trois ou quatre baies de Timut légèrement écrasées dans la théière répondent aux notes végétales du persil par une fraîcheur de pamplemousse. Le résultat est étonnant, très désaltérant, et se boit aussi froid.
Persil et menthe. Moitié persil, moitié menthe fraîche, pour une infusion digestive plus douce, que les enfants trouvent souvent plus agréable.
Persil, fenouil et citron. Une cuillère à café de graines de fenouil légèrement écrasées ajoute une note anisée qui s’accorde naturellement avec le persil, son cousin botanique. C’est ma tisane d’après-repas de fête.
Décoction de racines. La racine de persil (le persil tubéreux) est l’usage le plus traditionnel pour les tisanes « drainantes ». Mettez 10 à 15 g de racine finement coupée dans 25 cl d’eau froide, portez à frémissement 5 minutes, puis laissez infuser à couvert 5 minutes avant de filtrer. Le goût est plus doux, proche du céleri-rave.
Eau de persil au citron, à froid. Mixez 20 à 30 g de persil frais avec 30 à 50 cl d’eau froide et le jus d’un demi-citron, puis filtrez. Sans chauffage, la vitamine C est préservée. C’est une boisson très concentrée : une fois de temps en temps, pas tous les matins.
Version glacée. Laissez refroidir l’infusion, ajoutez le jus d’un citron vert, quelques rondelles de concombre et servez sur des glaçons.
Pour d’autres idées de boissons chaudes du soir, j’ai rassemblé mes favorites dans ma tisane d’après le dîner.
Quel goût a l’infusion de persil ?
Bien préparée, l’infusion de persil plat s’ouvre sur une note herbacée très fraîche, presque chlorophyllienne. Au milieu, on retrouve des notes douces qui rappellent la carotte et le céleri, ses cousins. La finale est légèrement amère et poivrée, et c’est elle que le citron vient équilibrer. Le persil séché donne une infusion plus ronde mais plus terne, la menthe une boisson plus sucrée et plus fraîche.
Profil comparatif indicatif (échelle de 0 à 5)
Quelles erreurs éviter avec l’infusion de persil ?
Faire bouillir le persil. À gros bouillons, il cuit au lieu d’infuser, et la boisson prend un goût de bouillon de légumes. Ajoutez-le toujours hors du feu.
Oublier le couvercle. Les arômes du persil sont volatils : sans couvercle, ils partent avec la vapeur.
Utiliser du persil fatigué. Un bouquet jauni ou ramolli donne une infusion terne et un peu amère. Pour la tisane, le persil doit être aussi frais que pour un taboulé.
Ne pas le laver. Le persil retient de la terre au pied des tiges. Rincez-le dans un grand bol d’eau froide, en le remuant, plutôt que sous le robinet.
En boire de grandes quantités. Une à deux tasses par jour suffisent. Le persil est une plante aux molécules actives, et c’est en quantité raisonnable qu’il reste un plaisir sans risque.
Qui doit éviter l’infusion de persil ?
En cuisine, le persil ne pose pas de problème. En infusion concentrée et régulière, en revanche, quelques précautions s’imposent. Les femmes enceintes doivent éviter les infusions de persil concentrées : certaines de ses molécules, comme l’apiol, pourraient stimuler l’utérus à forte dose. J’en parle plus en détail dans quelles tisanes et thés peut-on boire enceinte ?
Le persil est aussi très riche en vitamine K, qui intervient dans la coagulation : les personnes sous traitement anticoagulant doivent en parler à leur médecin avant d’en consommer régulièrement en grande quantité. Enfin, toute personne qui suit un traitement médical ou un régime particulier demandera conseil avant d’en faire une cure.
Quelques autres situations demandent de la prudence :
- Allaitement : le persil est traditionnellement connu pour freiner la montée de lait. On l’évite donc en infusion pendant l’allaitement, sauf au moment du sevrage et sur avis de la sage-femme.
- Problèmes rénaux : en cas de maladie des reins, d’excès de potassium dans le sang ou de calculs rénaux, demandez l’avis de votre médecin. Le persil est riche en potassium et contient des oxalates.
- Diurétiques : associée à un médicament diurétique, l’infusion pourrait accentuer la perte d’eau.
- Certains immunosuppresseurs : le persil pourrait modifier le taux sanguin de certains de ces médicaments. Parlez-en à votre pharmacien.
Pour un adulte en bonne santé, la règle de bon sens est d’une à deux tasses par jour. Si vous en faites une cure, faites des pauses : deux à trois semaines, puis une semaine d’arrêt.
Comment conserver le persil pour vos infusions ?
Pour avoir toujours du persil frais sous la main, je le garde comme un bouquet de fleurs : les tiges recoupées dans un verre d’eau, un sac léger posé dessus, au réfrigérateur. Il tient ainsi une bonne semaine. Toutes mes méthodes sont dans comment conserver le persil.
Le persil se congèle aussi très bien, et c’est pratique pour les infusions d’hiver : hachez-le, tiges comprises, répartissez-le dans un bac à glaçons avec un peu d’eau et congelez. Un cube suffit pour une tasse, que l’on met directement dans l’eau chaude. Vous pouvez enfin le faire sécher à l’abri de la lumière, en bouquets suspendus, puis le conserver dans un bocal hermétique jusqu’à six mois.
L’infusion préparée se garde 24 heures au réfrigérateur, dans une bouteille fermée. Au-delà, elle perd sa couleur et son parfum.
Les épices du Comptoir pour vos infusions
Pour donner du caractère à une infusion de persil, j’utilise le gingembre et la baie de Timut, deux épices que je sélectionne pour leur fraîcheur. Elles se glissent aussi dans vos tisanes d’hiver, vos marinades et vos salades.
Vos questions sur l’infusion de persil
Combien de tasses d’infusion de persil par jour ?
Une à deux tasses par jour suffisent, de préférence après le repas. Il est inutile d’en boire davantage, et il vaut mieux éviter les cures prolongées sans avis médical.
Peut-on utiliser les tiges de persil pour l’infusion ?
Oui, et c’est même recommandé : les tiges sont très parfumées et donnent une infusion plus ronde. C’est une bonne façon d’utiliser celles qui restent après avoir ciselé les feuilles.
Persil plat ou persil frisé pour une infusion ?
Le persil plat, plus aromatique. Le frisé fonctionne aussi, mais l’infusion sera plus discrète ; augmentez un peu la quantité.
L’infusion de persil fait-elle maigrir ?
Non. Elle peut aider à se sentir moins gonflé grâce à son effet traditionnellement diurétique, mais elle ne fait pas perdre de graisse. Elle s’intègre simplement à une alimentation équilibrée.
Peut-on boire de l’infusion de persil enceinte ?
Il vaut mieux s’en abstenir : à forte dose, certaines molécules du persil sont déconseillées pendant la grossesse. Le persil utilisé normalement en cuisine ne pose pas de problème, mais demandez conseil à votre sage-femme ou à votre médecin.
L’infusion de persil n’a rien d’une potion miracle, et c’est tant mieux : c’est une boisson simple, économique et anti-gaspi, qui donne une seconde vie aux tiges et rafraîchit agréablement après un repas riche. Essayez-la une fois avec du citron et quelques baies de Timut, et dites-moi en commentaire si elle a trouvé sa place à côté de votre verveine.