Maison RecettesEntréesMagret à la mangue au poivre sauvage de Madagascar

Magret à la mangue au poivre sauvage de Madagascar

Une recette qui sent bon les îles

Par Arnaud Sion
4 minutes lire

Il y a des recettes qui sentent l’été avant même d’arriver dans l’assiette. Ces verrines de magret à la mangue, je les prépare chaque année dès que les premières mangues bien mûres arrivent sur l’étal, et elles ne font jamais long feu.

Le principe est simple : de fines tranches de magret séché disposées en corolle, un cœur de mangue crémeuse relevé au poivre sauvage de Madagascar, et une pointe de fraîcheur avec des pousses de radis. C’est frais, c’est chic, et ça se mange en deux bouchées.

Ce que j’aime ici, c’est le contraste : le gras délicat du canard, le sucré presque floral de la mangue, et la longueur boisée du voatsiperifery qui vient tout relier. Je vous partage ma façon de la réussir à tous les coups.

Pourquoi cette verrine me suit tout l’été

Quand il fait chaud, je n’ai plus envie d’allumer le four ni de passer une heure en cuisine avant l’apéritif. Cette recette ne demande aucune cuisson : on assemble, on met au frais, et c’est prêt.

Elle voyage aussi très bien. Je l’ai servie aussi bien sur une table de fête que dans une glacière pour un pique-nique au bord de l’eau — dans des petits pots à couvercle, elle tient parfaitement le trajet.

Le voatsiperifery, mon poivre sauvage de cueillette

Le voatsiperifery n’est pas un poivre de plantation. C’est une liane sauvage qui grimpe à plus de vingt mètres dans les forêts humides de l’est de Madagascar, et ses petits grains à queue se récoltent un à un, à la main.

J’ai passé du temps là-bas, aux côtés des cueilleurs, et c’est ce qui m’a fait tomber amoureux de ce poivre. Contrairement à un poivre noir classique, il développe des notes d’agrumes et de fleurs en attaque, puis une chaleur boisée qui reste longtemps en bouche. C’est exactement ce qu’il faut pour ne pas écraser la mangue.

Mon reportage aux côtés des cueilleurs de voatsiperifery, dans les forêts de l’est de Madagascar.
Mon reportage aux côtés des cueilleurs de voatsiperifery, dans les forêts de l’est de Madagascar.
Pyramide olfactive — VoatsiperiferyATTAQUEAgrumes, fleursCŒURPoivre, boisFONDCamphre, eucalyptus
Comparaison sensorielle — Voatsiperifery

Profil comparatif indicatif (échelle de 0 à 5)

Comment je choisis une mangue à point

Tout repose sur la mangue. Trop verte, elle sera fibreuse et acide ; trop mûre, elle rendra de l’eau et noiera la crème.

Je la choisis souple sous une légère pression, jamais dure comme une pierre, avec un parfum qui se sent déjà au niveau du pédoncule. Les variétés type Kent ou Amélie, à chair peu filandreuse, sont mes préférées pour cette recette.

Une mangue bien mûre, souple et parfumée : la base de verrines réussies.
Une mangue bien mûre, souple et parfumée : la base de verrines réussies.

Si vos mangues sont encore fermes le jour J, placez-les deux ou trois jours dans une corbeille avec une banane : l’éthylène qu’elle dégage accélère joliment le mûrissement.

Mes astuces pour des verrines nettes et gourmandes

Coupez la mangue en dés vraiment réguliers, petits mais visibles : c’est ce qui donne cette texture agréable sous la cuillère, à mi-chemin entre la salade et la mousse.

Pour la corolle de magret, je chevauche les tranches en les laissant légèrement dépasser du bord de la verrine. Une fois le froid passé, elles se figent et gardent leur forme de fleur.

L’avis d’Arnaud

Je réserve toujours mon dernier tour de moulin pour le moment du service. Le voatsiperifery est volatil : moulu trop tôt, il perd ses notes fleuries. Moulu à la minute au-dessus de la verrine, il parfume aussi le nez de vos convives avant la première bouchée.

Quelles variantes et quels accords

Vous pouvez remplacer les pousses de radis par du cresson ou de la roquette pour une note végétale plus poivrée, ou glisser quelques éclats de noisette torréfiée pour le croquant.

Côté boisson, un vin blanc sec et vif — un jurançon sec, un côtes-de-gascogne — accompagne très bien le gras du canard et le sucré de la mangue. Sans alcool, une eau pétillante avec un trait de citron vert fait parfaitement l’affaire.

À retenir

Verrine sans cuisson, prête en 15 minutes. Le trio gagnant : une mangue à point, un magret séché finement tranché et du voatsiperifery moulu à la minute. Se prépare à l’avance et se sert bien froid.

Précaution

Le magret séché est une charcuterie crue. Comme toute charcuterie non cuite, il est déconseillé aux femmes enceintes non immunisées contre la toxoplasmose ; on le remplace alors par du magret cuit puis refroidi.

Ma recette de verrines de magret à la mangue

Voici les proportions pour cinq verrines d’apéritif. Comptez quinze minutes de préparation et un passage au frais avant de servir.

Magret à la mangue au poivre sauvage de Madagascar

Verrines de magret à la mangue au poivre sauvage de Madagascar

Imprimer
Pour combien: 5 personnes Temps de préparation:
Valeurs nutritionnelles 200 Calories 20 grams gras
Note 5.0/5
( 3 vote )

Ingrédients

  • 1 mangue bien mûre
  • 2 cuillères à soupe de crème fraîche épaisse
  • 20 fines tranches de magret de canard séché
  • 50 g de pousses de radis (ou de cresson)
  • Sel
  • Poivre sauvage de Madagascar (voatsiperifery) du Comptoir de Toamasina

Préparation

Coupez la chair de la mangue en petits dés réguliers. Mélangez-les délicatement avec la crème fraîche, salez et donnez deux ou trois tours de moulin de poivre sauvage de Madagascar.
Chemisez chaque verrine avec les tranches de magret en les faisant se chevaucher pour dessiner une corolle, comme une fleur qui s'ouvre.
Garnissez le centre avec la préparation à la mangue, puis couvrez d'un nuage de pousses de radis.
Réservez au frais au moins 30 minutes. Au moment de servir, ajoutez une dernière pincée de voatsiperifery fraîchement moulu.

REMARQUES

Choisissez un magret séché finement tranché, pas trop gras. Vous pouvez préparer les verrines quelques heures à l'avance et les garder au réfrigérateur, filmées, en n'ajoutant les pousses de radis et le dernier tour de poivre qu'au moment de servir.

Les épices de la recette

Le poivre sauvage de Madagascar (voatsiperifery) est la signature de cette verrine. Retrouvez-le, ainsi que toute ma sélection de poivres en grains, sur la boutique du Comptoir de Toamasina.

Vous aimerez peut-être aussi

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.