Après ma recette de l’Aperol Spritz, je vous propose aujourd’hui celle du cocktail Piña Colada. Nous quittons le Brésil pour Porto Rico, où la Piña Colada est la boisson nationale. Comme j’adore la noix de coco, c’est l’un de mes cocktails préférés, et l’un de ceux qu’on me demande le plus souvent derrière le bar. Dans cet article, moi, Arnaud Sion, je vous raconte son histoire, je vous explique la différence entre lait et crème de coco, je vous donne ma recette, mes astuces pour une texture parfaite et mes variantes aux épices.
- › La Piña Colada : qu’est-ce que c’est exactement ?
- › Une histoire disputée entre plusieurs barmen
- › Lait de coco ou crème de coco ?
- › Quel rhum ou quelle cachaça choisir ?
- › La recette de la Piña Colada
- › Les astuces de Chef Arnaud pour la réussir comme un chef
- › Trois Piña Colada comparées
- › Vous êtes un expert de la célèbre Piña Colada ?
- › La Piña Colada et le Brésil
- › Servir et accompagner la Piña Colada
- › Mon verdict
- › Vos questions fréquentes
La Piña Colada : qu’est-ce que c’est exactement ?
La Piña Colada est un cocktail à base de rhum blanc, d’ananas et de coco. Son nom vient de l’espagnol et signifie « ananas filtré », en référence au jus d’ananas frais, pressé puis filtré, qui en est la base. Elle est particulièrement populaire à Porto Rico, qui en a fait sa boisson officielle en 1978.
C’est une boisson au rhum qu’on ne sent presque pas, tant la coco et l’ananas l’enrobent. On a parfois l’impression de boire un milkshake coco-ananas, et c’est justement là que se cache le piège : elle reste un vrai cocktail alcoolisé, à savourer avec modération.
Sur cette boisson, tout le monde a une opinion ou un souvenir à raconter : une plage, des vacances, une soirée d’été. C’est sans doute ce qui en fait l’un des cocktails les plus célèbres au monde.
Une histoire disputée entre plusieurs barmen
La Piña Colada que vous connaissez aujourd’hui n’a pas toujours existé, et son invention fait débat. Voici les principales versions :
- ›la légende du pirate : au XIXe siècle, le pirate portoricain Roberto Cofresí aurait servi à son équipage un mélange de coco, d’ananas et de rhum blanc. C’est un récit populaire, sans preuve ;
- ›le Caribe Hilton de San Juan : l’hôtel attribue la création de la recette moderne à son barman Ramón « Monchito » Marrero, en 1954, après des mois d’essais ;
- ›un autre barman du même hôtel, Ricardo García, revendiquait lui aussi la paternité du cocktail ;
- ›le restaurant Barrachina, dans le vieux San Juan, affirme qu’un barman espagnol l’aurait mise au point en 1963.
Ce qui est sûr, c’est que l’arrivée de la crème de coco en conserve, dans les années 1950, a rendu la recette facile à reproduire, et que le tourisme a fait voyager la Piña Colada dans le monde entier.
Lait de coco ou crème de coco ?
C’est la question qu’on me pose le plus souvent, et elle change tout :
- ›la crème de coco pour cocktail est épaisse et sucrée : c’est l’ingrédient de la recette classique, celui qui donne la texture de velours ;
- ›le lait de coco est plus liquide et non sucré : il donne une Piña Colada plus légère, qu’il faut alors sucrer avec un peu de sirop de sucre de canne ;
- ›la crème de coco de cuisine, non sucrée, est une bonne solution intermédiaire.
Ma version de 2022 utilisait du lait de coco à parts égales avec le jus d’ananas. C’est bon, mais moins onctueux : aujourd’hui, je préfère la crème de coco, et je réserve le lait de coco aux versions allégées. Pour tout savoir sur ce fruit, lisez qu’est-ce que la noix de coco.
Quel rhum ou quelle cachaça choisir ?
La recette portoricaine utilise un rhum blanc léger, de type espagnol. Il laisse toute la place à l’ananas et à la coco. Un rhum agricole blanc, plus aromatique et plus végétal, donne une Piña Colada plus puissante ; un rhum ambré, une version plus ronde et plus vanillée.
Au Brésil, on la prépare volontiers avec de la cachaça, l’eau-de-vie de jus de canne frais : le résultat est plus vif, un peu plus herbacé. Pour comprendre la différence, lisez les différences entre rhum et cachaça, et pour choisir la bouteille, mon guide quel rhum pour une Piña Colada.

Un rhum blanc léger laisse toute la place à l’ananas et à la coco
La recette de la Piña Colada
Ingrédients
- 5 cl de rhum blanc (ou de cachaça)
- 3 cl de crème de coco sucrée pour cocktail
- 9 cl de jus d'ananas, idéalement pressé et filtré
- 150 g de glace pilée
- Quelques graines de gousse de vanille ou 3 gouttes d'extrait de vanille (facultatif)
- 1 pincée de graine de maniguette moulue (facultatif)
- 1 tranche d'ananas pour le décor
Préparation
Placez un grand verre 10 minutes au congélateur.
Versez dans le blender le rhum, la crème de coco, le jus d'ananas et la vanille.
Ajoutez la glace pilée.
Mixez 15 à 20 secondes, juste assez pour obtenir une texture lisse et veloutée.
Versez dans le verre bien froid.
Saupoudrez d'une pincée de maniguette si vous le souhaitez.
Décorez avec la tranche d'ananas et servez aussitôt avec une paille.
REMARQUES
Avec du lait de coco à la place de la crème de coco, utilisez 6 cl de lait de coco et ajoutez 1 cl de sirop de sucre de canne. À consommer avec modération.
Voici ma recette, proche de la version portoricaine, au blender. Si vous n’avez pas de blender, versez les ingrédients dans un shaker avec des glaçons, secouez fort 15 secondes et filtrez sur de la glace pilée.
La pyramide olfactive de la Piña Colada à la vanille
Les astuces de Chef Arnaud pour la réussir comme un chef
- ›Ne mixez pas trop longtemps : la coco a tendance à mousser et à monter très vite. Quinze à vingt secondes suffisent pour une texture lisse.
- ›Pressez votre ananas : un jus frais filtré change tout, et vous retrouvez le sens du nom « ananas filtré ». Gardez une tranche pour le décor.
- ›Refroidissez le verre : 10 minutes au congélateur, et votre cocktail reste froid plus longtemps.
- ›Dosez la glace : trop de glace dilue le goût, pas assez donne une boisson tiède et lourde.
- ›Ajoutez une épice : la graine de maniguette, ou graine de paradis, apporte des notes poivrées d’agrumes et de gingembre qui rendent la boisson plus glamour. Une pincée moulue suffit.
- ›Une pointe de vanille : quelques graines de gousse de vanille ou trois gouttes d’extrait de vanille arrondissent l’ensemble.
Trois Piña Colada comparées
Mon ressenti de dégustation, échelle indicative de 0 à 5
Le radar compare trois versions que je prépare souvent. La classique au rhum blanc est la plus douce et la plus coco. La version à la cachaça gagne en vivacité et en fraîcheur végétale. La version vanille et maniguette est la plus épicée et la plus gourmande, sans perdre l’ananas. C’est une lecture de dégustation, indicative.
Vous êtes un expert de la célèbre Piña Colada ?
Alors sortez des sentiers battus et voyagez dans le monde des épices ! On conserve les éléments fondateurs, le rhum blanc et la coco, mais on remplace une partie du jus d’ananas, très sucré, par du jus d’aloe vera, plus raffiné et plus léger. Vous pouvez aussi ajouter une touche de gingembre, de coriandre en graines ou d’autres épices.
Mes variantes préférées :
- ›vanille et maniguette : quelques graines de vanille et une pincée de maniguette moulue ;
- ›gingembre : une demi-cuillère à café de gingembre frais râpé, ou une pincée de gingembre en poudre ;
- ›coriandre : trois ou quatre graines de coriandre concassées, pour une note citronnée ;
- ›sans alcool : remplacez le rhum par du jus d’ananas et un trait de citron vert, comme dans ma Virgin Colada.
Et si vous voulez retrouver ces saveurs au petit-déjeuner, essayez mon açaí bowl Piña Colada ou, au dessert, ma Panna Colada à l’extrait de vanille.

Une Piña Colada parfumée à la vanille, ma variante préférée
La Piña Colada et le Brésil
Au Brésil, la noix de coco est partout : sur les plages du Nordeste, et notamment à Bahia, on boit l’eau de coco directement dans le fruit vert. Les cocktails coco-ananas y sont naturellement chez eux, souvent préparés à la cachaça. Depuis Belo Horizonte, où je vis depuis 2015, la mer est loin : c’est le genre de boisson qu’on trouve au bout de la route, sur la côte. Voici justement une vidéo de la route entre Belo Horizonte et Rio de Janeiro :
Servir et accompagner la Piña Colada
Servez-la dans un grand verre large et haut, ou dans un verre hurricane, avec une paille. Décorez avec une tranche ou un quartier d’ananas, et, si vous aimez, une fleur comestible.
C’est un cocktail riche, qui se suffit presque à lui-même. Pour l’apéritif, j’aime le servir avec des bouchées salées et légèrement épicées : brochettes de crevettes au citron vert, accras, chips de banane plantain. Évitez les plats très crémeux, qui alourdiraient l’ensemble.
Préparez-la au dernier moment : une Piña Colada qui attend se sépare, la coco remonte et la texture perd son velours.
Pour parfumer vos Piña Colada, découvrez ma vanille de Madagascar, mon extrait de vanille de Madagascar, mon gingembre en poudre, ma coriandre en graines et mes poivres rares.
Mon verdict : la Piña Colada à la vanille
Voici mon évaluation de cette recette, critère par critère.
Vos questions fréquentes
Vanilles du monde
Dans mon livre, je raconte les grandes vanilles du monde, leurs terroirs et les gestes pour bien les choisir, les conserver et les cuisiner.
