Maison ActualitésOù acheter des épices de qualité
Maison ActualitésOù acheter des épices de qualité

Où acheter des épices de qualité

Par Arnaud Sion
Publié: Mis à jour: 23 minutes lire

Où acheter des épices de qualité ? C’est souvent la première question que l’on se pose quand on découvre qu’un poivre fraîchement moulu ou une vraie gousse de vanille n’ont rien à voir avec la poudre grise du placard. Et la réponse n’est pas évidente : les contrôles officiels montrent qu’une part importante des épices vendues en Europe est coupée, colorée ou mal étiquetée. Moi, Arnaud Sion, créateur du Comptoir de Toamasina, je travaille la vanille et les épices depuis 2010. Dans ce guide complet, je vous explique ce qu’est réellement une épice de qualité, comment la reconnaître, quelles épices sont les plus fraudées, où les acheter (en grande surface, en épicerie fine, au marché ou en ligne) et comment les conserver pour qu’elles gardent tout leur parfum.

L’avis d’Arnaud, créateur du Comptoir de ToamasinaMon premier conseil tient en une phrase : achetez vos épices entières, avec un nom d’origine précis, et moulez-les vous-même au dernier moment. C’est le meilleur rempart contre les fraudes et contre la perte de goût. Une épice de qualité coûte un peu plus cher au gramme, mais elle est tellement plus puissante qu’on en met moins : à l’usage, elle ne revient pas plus cher. Les épices, c’est des couleurs et des odeurs : si un bocal ne sent presque rien quand vous l’ouvrez, il n’a plus rien à donner à votre cuisine.
Sommaire

Pourquoi est-il si difficile de trouver des épices de qualité ?

Le marché des épices est l’un des plus exposés à la fraude alimentaire. Les épices voyagent de loin, passent par de nombreux intermédiaires, et une fois réduites en poudre, il devient presque impossible de voir à l’œil nu ce qu’elles contiennent. C’est le terrain idéal pour les tricheurs.

Les chiffres officiels sont parlants. Lors d’une enquête publiée en 2018 sur des contrôles réalisés en 2016, la DGCCRF (la Répression des fraudes) a relevé des anomalies sur 51 % des épices en poudre prélevées : 81 % pour le safran, 59 % pour les poivres, 54 % pour les paprikas et piments, 41 % pour les currys et curcumas. Lors de nouveaux contrôles menés en 2019 dans le cadre d’un plan européen, le taux d’anomalies est tombé à 26,4 %, soit encore un produit sur quatre, et seuls 15 % des safrans contrôlés étaient conformes.

À l’échelle européenne, l’étude coordonnée par le Centre commun de recherche de la Commission européenne (JRC), publiée en 2021 sur 1 885 échantillons, a classé 17 % des épices comme suspectes. L’origan arrivait en tête avec 48 % d’échantillons suspects, devant le poivre (17 %), le cumin (14 %), le curcuma et le safran (11 % chacun). Des colorants non autorisés ont été retrouvés dans 2 % des échantillons.

Épice Enquête DGCCRF (contrôles 2016) Étude européenne JRC (2021)
Safran 81 % d’anomalies 11 % d’échantillons suspects
Poivres 59 % d’anomalies 17 % d’échantillons suspects
Paprika et piments 54 % d’anomalies Non détaillé
Curry et curcuma 41 % d’anomalies 11 % (curcuma)
Origan Non détaillé 48 % d’échantillons suspects
Cumin Non détaillé 14 % d’échantillons suspects
Ensemble des épices 51 % d’anomalies 17 % d’échantillons suspects

Les deux enquêtes n’emploient pas la même méthode, ce qui explique les écarts de chiffres. Mais le message est le même : une épice sur quatre ou cinq, et parfois bien plus selon l’épice, n’est pas ce que dit son étiquette.

Guide des épices et condiments

Les épices et condiments : un marché très exposé à la fraude

Quelles sont les fraudes les plus courantes sur les épices ?

Les fraudes se rangent en quatre grandes familles. Les connaître, c’est déjà savoir quoi regarder.

Les matières de charge. On ajoute à l’épice moulue une substance bon marché pour augmenter le poids : amidon, farine, sel, sable, grignons d’olive. Dans le safran, on retrouve parfois des étamines de crocus, sans goût, mélangées aux stigmates. Selon la DGCCRF, ces substances de charge représentaient 19 % des anomalies relevées en 2016.

La substitution d’espèce ou de qualité. On vend une épice moins chère sous le nom d’une épice plus noble : un « safran » composé à 100 % de fleurs de carthame, un curcuma d’une autre espèce, une cannelle de Chine (la cassia) vendue comme cannelle du Sri Lanka. Dans l’origan, la fraude la plus répandue consiste à ajouter des feuilles d’olivier broyées. Pour le poivre, il arrive que l’on mélange des grains légers, vides ou déjà épuisés de leurs huiles essentielles.

Les colorants interdits. Pour raviver une poudre terne, certains ajoutent des colorants non autorisés, comme les colorants de la famille des Soudan dans les piments et paprikas. Des études ont même retrouvé, notamment au Bangladesh, du chromate de plomb dans certains curcumas : un pigment toxique ajouté pour rendre la poudre plus jaune.

L’étiquetage trompeur. Origine floue ou fausse, poids inexact, allergènes non déclarés : lors de l’enquête de 2016, 7 % des échantillons contenaient des allergènes non mentionnés sur l’étiquette, et 17 % présentaient un étiquetage défaillant.

À retenirPlus une épice est chère et plus elle est vendue en poudre, plus elle est exposée à la fraude. Le safran, le poivre, le paprika, le curcuma et l’origan sont les plus surveillés. Acheter entier et chez un vendeur capable de nommer l’origine de son lot réduit fortement le risque.

Qu’est-ce qu’une épice de qualité ?

Il est difficile de définir ce qu’est une « épice d’excellente qualité », alors commençons par le plus simple : une épice de qualité est une épice qui a encore quelque chose à donner. Son parfum doit vous sauter au nez dès l’ouverture du sachet, sa couleur doit être naturelle, vive et homogène, et son goût doit être net, sans note de poussière, de moisi ou de rance.

Derrière ce résultat, il y a toute une chaîne. Une belle épice vient d’une plante cueillie à bonne maturité, séchée correctement, triée, puis stockée et transportée à l’abri de l’humidité et de la chaleur. Trop d’épices sont transportées de la mauvaise manière : un conteneur surchauffé ou un entrepôt humide suffit à ruiner un lot.

L’origine compte aussi énormément. Il y a curcuma et curcuma, cannelle et cannelle, poivre et poivre. Un curcuma de Madagascar n’a pas le même profil qu’un curcuma indien, un poivre noir de Kampot n’a rien à voir avec un poivre noir standard. Les mélanges bas de gamme, eux, contiennent souvent une part importante de tiges et d’autres parties de la plante, parce que tamiser correctement coûte cher.

Enfin, une épice de qualité vient de la dernière récolte. Une épice entière bien conservée garde ses arômes un à trois ans selon les cas ; une poudre perd l’essentiel de son parfum en quelques mois.

Comment reconnaître une épice de qualité avant de l’acheter ?

Voici les six règles que j’applique moi-même, en boutique comme en ligne.

Règle n°1 : préférez les épices entières. Grains de poivre, bâtons de cannelle, noix de muscade, clous de girofle, gousses de vanille, graines de cumin ou de coriandre. Une épice entière protège ses huiles essentielles à l’intérieur ; une fois moulue, l’oxydation commence immédiatement. Et dans une poudre, on peut cacher presque n’importe quoi. Dans un flacon d’épices entières, il ne doit jamais y avoir de poudre au fond.

Règle n°2 : exigez une origine précise et le nom botanique. « Poivre noir » ne veut rien dire. « Poivre noir de Madagascar, Piper nigrum » ou « poivre sauvage voatsiperifery, Piper borbonense » vous en apprend beaucoup plus. Les mentions vagues comme « origine UE et non UE » cachent souvent des mélanges de lots.

Règle n°3 : regardez la date et la récolte. Une date de durabilité minimale très lointaine sur une poudre doit vous alerter. Un vendeur sérieux sait vous dire de quelle récolte vient son lot.

Règle n°4 : lisez la mention « traité par ionisation ». En Europe, l’ionisation (une irradiation qui détruit les micro-organismes) est autorisée pour les herbes aromatiques séchées, les épices et les condiments, mais elle doit obligatoirement figurer sur l’étiquette, avec la mention « traité par ionisation » ou « traité par rayonnements ionisants ». Elle est interdite en agriculture biologique. Une épice récoltée, séchée et stockée proprement n’en a pas besoin.

Règle n°5 : méfiez-vous des prix impossibles. Le safran, la vanille ou certains poivres rares demandent un travail énorme. Un prix très inférieur au marché signifie presque toujours une matière épuisée, coupée ou mal payée au producteur. Je l’explique pour le safran dans le prix du safran au kilo.

Règle n°6 : faites confiance à vos sens. Une épice de qualité sent fort et juste. Frottez un grain entre vos doigts, écrasez une graine : le parfum doit être immédiat. Une couleur trop éclatante, presque fluo, sur un paprika ou un curcuma est au contraire suspecte.

Épices entières ou moulues : lesquelles acheter ?

La différence est énorme, et c’est le premier geste qui change une cuisine. Les arômes des épices sont portés par des composés volatils : la pipérine et les terpènes du poivre, l’eugénol du clou de girofle, le cinnamaldéhyde de la cannelle, la vanilline de la vanille. Dès que l’épice est broyée, la surface en contact avec l’air explose et ces molécules s’évaporent ou s’oxydent.

Un poivre en grains garde son parfum longtemps ; le même poivre moulu industriellement l’a en grande partie perdu au bout de quelques mois. C’est pour cela que je conseille toujours un moulin, et de moudre au moment de servir. J’ai détaillé tout cela dans poivre moulu ou en grains.

Pour aller plus loin, torréfiez vos épices entières quelques secondes à sec dans une poêle avant de les moudre : la chaleur réveille les huiles essentielles et développe des notes grillées. C’est particulièrement vrai pour le cumin, la coriandre et les poivres. Je vous montre comment faire dans comment torréfier le poivre.

Certaines épices se vendent pourtant très bien en poudre, à condition d’être fraîches : le curcuma, le paprika, le gingembre ou le piment d’Espelette sont difficiles à moudre finement chez soi. Pour elles, achetez de petites quantités, chez un vendeur qui les renouvelle souvent, et conservez-les à l’abri de la lumière.

ATTAQUEAgrumes, résine, fraîcheurCŒURPiquant chaud, bois, épicesFONDTerre, ambre, notes grillées

La pyramide olfactive d’un poivre noir fraîchement moulu

Safran, poivre, cannelle, curcuma, origan : comment éviter les pièges ?

Le safran. Achetez-le toujours en filaments, jamais en poudre. Un vrai stigmate de safran est rouge, évasé en trompette à une extrémité, et colore lentement l’eau tiède en jaune doré tandis que le filament reste rouge. Le carthame, lui, donne des filaments orange plus fins et plus irréguliers. Le safran ne se vend jamais à prix cassé : plusieurs dizaines de milliers de fleurs sont nécessaires pour un seul kilo.

Le poivre. Choisissez des grains entiers, réguliers, lourds dans la main, sans poussière. La densité est d’ailleurs l’un des critères des classifications professionnelles : au Brésil, par exemple, le ministère de l’Agriculture classe le poivre noir en types (Brasil ASTA, Brasil 1, Brasil 2), le nom ASTA venant de l’American Spice Trade Association, avec des exigences de densité, d’humidité et de propreté. Un poivre de qualité dépasse souvent 500 à 550 grammes par litre ; des grains légers et creux sont souvent des grains immatures ou épuisés. Pour choisir votre poivre, lisez quel est le meilleur poivre du monde.

La cannelle. La cannelle de Ceylan et la cannelle de Madagascar sont la même espèce, Cinnamomum verum : seul le terroir change. Elles se présentent en fines écorces roulées en plusieurs couches, faciles à casser. La cassia, Cinnamomum cassia, est une autre espèce, à l’écorce épaisse, dure, roulée en une seule couche, au goût plus brut. Les deux ont leur place en cuisine, mais elles ne doivent pas être confondues sur l’étiquette. J’explique la différence dans cannelle de Ceylan ou cannelle cassia.

Le curcuma et le paprika. Ce sont les deux poudres les plus exposées aux colorants. Une couleur naturelle est intense mais jamais fluorescente. Achetez-les chez un vendeur qui indique l’origine et renouvelle ses lots ; pour le paprika, choisissez bien entre doux, fumé et piquant, comme je l’explique dans paprika doux, fumé ou épicé.

L’origan. Préférez-le en feuilles séchées entières ou en bouquets plutôt qu’en poudre fine, et frottez-le entre vos doigts : il doit dégager immédiatement son parfum chaud et légèrement camphré. Un origan qui sent le foin ou l’herbe sèche neutre est soit vieux, soit coupé.

Cannelle de Ceylan et cannelle cassia

Cannelle de Ceylan et cassia : deux espèces à ne pas confondre sur l’étiquette

Grande surface, épicerie fine, marché ou internet : où acheter ses épices ?

Où acheter ses épices : grande surface, spécialiste ou vrac au marché

Mon ressenti de dégustation, échelle indicative de 0 à 5


Il n’y a pas de lieu parfait, mais chaque circuit a ses forces et ses pièges. Le radar ci-dessus résume mon ressenti, et le tableau ci-dessous vous aide à choisir.

Lieu d’achat Points forts Points faibles Mon conseil
Grande surface Pratique, prix bas, épices courantes Poudres en flacons exposés à la lumière, origine souvent vague, rotation lente Pour dépanner : choisissez les grains entiers et vérifiez la date
Épicerie fine et spécialiste Choix, épices entières, origines nommées, conseils Prix plus élevés, qualité variable d’une enseigne à l’autre Posez des questions : un bon épicier sait d’où vient son lot
Marché et vrac On sent, on voit, on achète la juste quantité Bacs ouverts à l’air et à la lumière, traçabilité rare Achetez peu, uniquement ce qui sent fort, et transvasez vite
Boutique en ligne spécialisée Fiches détaillées, grand choix de raretés, livraison Impossible de sentir avant d’acheter, sites de revente opportunistes Vérifiez nom botanique, origine, conditionnement et sérieux du vendeur
Souk ou marché en voyage Ambiance, épices locales, prix Colorants et mélanges « pour touristes », douane au retour Préférez les épices entières et les stands des locaux

En grande surface, on peut trouver de bonnes épices, surtout parmi les grains entiers, mais l’offre est dominée par des poudres en flacons transparents, exposées à la lumière, dont la rotation est parfois lente. C’est pratique pour dépanner, rarement pour se régaler.

Dans une épicerie fine ou chez un épicier spécialisé, vous trouverez plus de choix, des épices entières et souvent des origines nommées. La qualité dépend toutefois beaucoup de l’enseigne. Le bon signe : un vendeur qui sait vous dire d’où vient le lot, depuis quand il l’a, et comment l’utiliser.

Sur les marchés et en vrac, vous pouvez sentir et acheter la juste quantité, ce qui est un vrai avantage. Mais les bacs ouverts laissent passer l’air et la lumière, et la traçabilité est rarement au rendez-vous. Achetez peu, uniquement ce qui sent fort.

En ligne, vous accédez à des épices rares introuvables ailleurs, avec des fiches détaillées. Mais on ne peut pas sentir avant d’acheter, et internet compte aussi beaucoup de sites de revente opportunistes. C’est pour cela que j’ai consacré une section entière à l’achat en ligne, juste en dessous.

Comment acheter des épices en ligne sans se tromper ?

Acheter ses épices sur internet est devenu très courant, et c’est souvent le seul moyen d’accéder à des poivres rares, à une belle vanille ou à des épices d’origine précise. Voici ma liste de vérifications.

  • ›Des fiches produits complètes : nom botanique, origine (pays et région), forme (entière ou moulue), conseils d’utilisation et de conservation.
  • ›Un conditionnement sérieux : sachets opaques refermables ou pots en verre, jamais de grandes quantités en sachet transparent.
  • ›Une gamme cohérente : une gamme d’épices doit s’élargir avec le temps, jamais passer de 5 épices à 50 en un an. Au Comptoir de Toamasina, nous ajoutons seulement quelques nouvelles références par an, quand nous avons trouvé un lot qui le mérite.
  • ›Des prix cohérents : un safran, une vanille ou un poivre rare à prix cassé doivent vous alerter.
  • ›Un vendeur identifiable : mentions légales, adresse, numéro d’entreprise, service client joignable.
  • ›Du contenu et des conseils : un vendeur passionné explique ses produits, ses origines, ses recettes. Méfiez-vous des boutiques qui n’ont que des photos et des prix.

Attention aussi aux ventes d’épices et de vanille par des particuliers sur les réseaux sociaux : certaines offres sont honnêtes, mais d’autres concernent des lots ramenés sans contrôle, mal affinés ou mal conservés. Pour la vanille, je détaille ces pièges dans gousses de vanille ou vanille artificielle.

Épices bio, en vrac ou rapportées de voyage : bonne idée ?

Les épices bio offrent une garantie intéressante : elles ne peuvent pas être ionisées, et les pesticides de synthèse sont interdits. Ce n’est pas pour autant une garantie absolue de goût ni d’absence de fraude : lors des contrôles de 2019, la DGCCRF a même relevé un origan bio contenant des résidus de pesticides. Le label bio est un plus, pas un passe-droit.

Le vrac est parfait pour acheter la juste quantité et éviter le gaspillage, à condition que le magasin renouvelle souvent ses bacs. Transvasez vos épices dès votre retour dans des pots hermétiques et opaques.

Les épices de voyage font de beaux souvenirs. Dans les souks et les marchés, comme sur le grand marché d’Analakely à Antananarivo, les épices locales sont souvent excellentes, surtout quand on les achète entières chez les marchands qui servent les habitants. Méfiez-vous en revanche des pyramides de poudres très colorées et des mélanges « spécial touristes ». Et renseignez-vous sur les règles de douane avant de rentrer : les quantités doivent rester raisonnables et réservées à un usage personnel.

Marché Zoma de Tananarive et ses épices

Les étals d’épices d’un grand marché d’Antananarivo

Comment conserver ses épices pour garder leur arôme ?

Acheter de belles épices ne sert à rien si on les laisse s’éventer. Leurs quatre ennemis sont la lumière, la chaleur, l’air et l’humidité.

  • ›Des pots hermétiques, en verre teinté ou opaques, ou des sachets refermables bien fermés.
  • ›Un placard frais et sombre, loin de la plaque de cuisson et du four. Les jolies étagères à épices au-dessus de la cuisinière sont le pire endroit.
  • ›Une cuillère toujours sèche : ne versez jamais une épice directement au-dessus d’une casserole fumante, la vapeur fait prendre les poudres en bloc.
  • ›De petites quantités, renouvelées souvent, surtout pour les poudres.

En règle générale, comptez un à trois ans pour une épice entière bien conservée, et six mois à un an pour une épice moulue. Le meilleur test reste votre nez : si le parfum a disparu, l’épice a fait son temps. Pour la vanille, qui demande des précautions particulières, lisez comment acheter, utiliser et conserver des gousses de vanille.

Guide de conservation des épices

Lumière, chaleur, air et humidité : les quatre ennemis des épices

Quelles épices avoir dans son placard pour bien commencer ?

Inutile d’acheter cinquante pots d’un coup : mieux vaut une dizaine d’épices excellentes, renouvelées souvent, que des dizaines de flacons éventés. Voici la base que je conseille, presque toutes à acheter entières.

  • ›Le poivre noir en grains : l’épice universelle. Un poivre de Madagascar ou de Kampot transforme une simple entrecôte ou une salade.
  • ›Un poivre « signature » : le poivre sauvage voatsiperifery, boisé et agrumé, ou le poivre long, chaud et sucré, pour les plats de fête.
  • ›La cannelle en bâton : pour les desserts, mais aussi les tajines, le riz et les sauces tomate.
  • ›La noix de muscade entière, râpée minute dans une purée ou une béchamel. Je l’explique dans muscade entière ou moulue.
  • ›Le clou de girofle : quelques clous suffisent pour un pot-au-feu, un vin chaud ou un oignon piqué.
  • ›Le cumin et la coriandre en graines : la base de nombreuses cuisines du monde, à torréfier avant de moudre.
  • ›La cardamome verte : pour le café, le riz, les brioches et les desserts.
  • ›Le curcuma et le gingembre : en poudre fraîche, pour les currys, les marinades et les boissons chaudes.
  • ›Le paprika et un piment (piment d’Espelette, piment de Cayenne) : pour la couleur et le relief.
  • ›La vanille en gousse : pour la pâtisserie, mais aussi les sauces de poisson et de volaille.

Une fois cette base maîtrisée, vous pourrez explorer des épices plus originales : le sumac acidulé, le zaatar libanais, le fenugrec, le safran, les baies de Timut aux notes de pamplemousse. C’est là que l’achat chez un spécialiste prend tout son sens.

Quelles sont les épices les plus intéressantes pour la santé ?

C’est une question qu’on me pose souvent. Les épices sont utilisées depuis des siècles dans les médecines traditionnelles, et la recherche s’intéresse aujourd’hui à plusieurs de leurs composés. Le curcuma et sa curcumine, le gingembre, la cannelle, le clou de girofle ou le poivre noir et sa pipérine font partie des épices les plus étudiées pour leurs propriétés antioxydantes. Certaines études suggèrent par exemple que la pipérine du poivre noir aiderait l’organisme à mieux absorber la curcumine, d’où l’intérêt d’associer les deux en cuisine.

Dans la vie de tous les jours, le principal bénéfice des épices est très concret : elles apportent énormément de goût, ce qui permet de cuisiner avec moins de sel, de sucre et de matières grasses. Mais pour en profiter, encore faut-il qu’elles soient de qualité : une épice coupée d’amidon, ionisée ou éventée n’a plus grand-chose à offrir, ni en goût ni en composés aromatiques.

Information santéLes épices s’utilisent en quantités culinaires. À forte dose ou sous forme de compléments, certaines peuvent interagir avec des traitements (par exemple les anticoagulants) ou ne pas convenir pendant la grossesse. En cas de doute, demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien.

Mélanges d’épices : faut-il les acheter ou les faire soi-même ?

Un mélange d’épices bien construit, c’est un peu comme un parfum. Il y a des notes de tête vives, un cœur chaud et un fond plus profond. J’aime dire que je crée mes mélanges comme de la haute couture : chaque épice est choisie, dosée, parfois torréfiée, pour que l’ensemble exalte les saveurs sans qu’une seule ne domine. Selon les recettes, un mélange peut réunir 2, 3, 7, voire une trentaine d’épices.

Le gros avantage du mélange maison, c’est la fraîcheur : vous moulez au dernier moment des épices entières, et vous contrôlez exactement ce qui entre dedans. Le risque des mélanges industriels, c’est au contraire la part de sel, de sucre, de farine ou d’épices bas de gamme qui y est souvent cachée. Si vous achetez un mélange tout prêt, lisez la liste des ingrédients : les épices doivent arriver en tête, et le sel ne doit pas être le premier ingrédient.

Pour commencer, essayez mon mélange cinq-épices maison ou mon ras-el-hanout maison. Vous apprendrez à torréfier, à broyer et à doser, et vous ne regarderez plus jamais un pot de mélange tout prêt de la même façon. Dans cette vidéo, je vous montre comment je travaille un mélange d’épices :

Comment je sélectionne les épices du Comptoir de Toamasina

Depuis 2010, Le Comptoir de Toamasina s’est construit autour de la vanille Bourbon de Madagascar, puis des poivres rares et des épices. Mon surnom, « Arnaud Vanille », est né après le reportage de Thalassa en 2014. Je vis aujourd’hui à Belo Horizonte, au Brésil, et je connais bien les deux bouts de la chaîne : les plantations, que j’ai visitées depuis mon premier voyage à Madagascar en 2010, et l’assiette.

Je veux être transparent sur ma façon de travailler. Pour les épices et les poivres, je ne prétends pas acheter directement dans chaque champ : je sélectionne mes lots en Europe, auprès d’importateurs que je connais, et je goûte chaque arrivage avant de le proposer. Ce que je refuse, en revanche, c’est la poudre anonyme. Je privilégie les épices entières, les origines nommées, les lots récents, et une gamme qui grandit lentement. Au Brésil, mon entreprise exporte elle-même des superaliments comme l’açaí, l’acérola et le guarana.

C’est cette exigence que je vous invite à avoir, où que vous achetiez vos épices : poser des questions, sentir, comparer, et ne jamais accepter une épice qui ne sent plus rien. Pour découvrir notre histoire en vidéo :

Épices authentiques du Comptoir de Toamasina

Des épices entières, d’origine nommée, sélectionnées lot par lot

Pour composer votre placard à épices, découvrez tous mes poivres en grains, mes poivres rares, toutes mes épices du monde, mon safran, ma cannelle de Madagascar, mon curcuma de Madagascar et mes gousses de vanille de Madagascar.

Et vous, quel poivre vous ressemble ?Faites mon test en quelques questions pour trouver le poivre fait pour votre cuisine : Quel poivre choisir ?

Mon verdict : où acheter des épices de qualité

Voici mon évaluation des lieux où acheter vos épices, critère par critère.

Vos questions fréquentes

Où acheter des épices de qualité ?Chez un épicier spécialisé, en boutique ou en ligne, capable de vous donner l’origine précise et le nom botanique de ses épices, et qui vend surtout des épices entières. En grande surface, privilégiez les grains entiers et vérifiez la date.
Comment savoir si une épice est de bonne qualité ?Elle sent fort dès l’ouverture, sa couleur est naturelle et homogène, elle est de préférence entière, son origine est précise et elle vient d’une récolte récente.
Les épices sont-elles souvent fraudées ?Oui. La DGCCRF a relevé 51 % d’anomalies sur les épices en poudre contrôlées en 2016, puis 26,4 % en 2019. L’étude européenne de 2021 a classé 17 % des échantillons comme suspects, dont 48 % pour l’origan.
L’ionisation des épices est-elle autorisée ?Oui, en Europe, pour les herbes aromatiques séchées, les épices et les condiments, mais elle doit être indiquée sur l’étiquette. Elle est interdite en agriculture biologique.
Combien de temps se conservent les épices ?Environ un à trois ans pour une épice entière bien conservée, six mois à un an pour une épice moulue, à l’abri de la lumière, de la chaleur, de l’air et de l’humidité.
Livre Vanilles du monde, terroirs, gousses et gestes, par Arnaud Sion
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Dans mon livre, je raconte les grandes vanilles du monde, leurs terroirs et les gestes pour bien les choisir, les conserver et les cuisiner.

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