Maison RecettesRecettes SaléesPlatsLes PoissonsRecette de TACACÁ du PARÁ Brésil

Recette de TACACÁ du PARÁ Brésil

Par Equipe du Comptoir de Toamasina
Publié: Mis à jour: 5 minutes lire

Il y a des plats qui racontent une région entière. Le tacacá, c’est l’âme du Pará, au cœur de l’Amazonie brésilienne. La première fois que j’en ai bu un, debout au marché Ver-o-Peso de Belém, j’ai été saisi : un bouillon brûlant, une texture gélatineuse déroutante, et surtout ce picotement électrique sur la langue, provoqué par une herbe locale, le jambu. C’est une expérience unique, 100 % brésilienne, que je vous propose de découvrir et d’adapter chez vous.

L’avis d’Arnaud, créateur du Comptoir de ToamasinaLe tacacá est introuvable hors du Brésil, mais son secret — le picotement du jambu — peut se retrouver. J’ai découvert qu’une pincée de baie de Timut concassée recrée étonnamment bien cette sensation pétillante sur la langue. C’est mon petit pont entre l’Amazonie et ma table française.

Qu’est-ce que le tacacá du Pará ?

Le tacacá est un bouillon d’origine indigène, hérité des peuples amazoniens qui préparaient déjà des soupes à base de manioc bien avant l’arrivée des colons. On le sert traditionnellement en fin d’après-midi, brûlant, dans une cuia (une calebasse), et on le boit debout, sans cuillère pour le bouillon.

À Belém, capitale du Pará, il fait partie du quotidien. Le marché Ver-o-Peso, l’un des plus grands d’Amérique latine, en est le temple : des dizaines de tacacazeiras le servent à la nuit tombante. C’est autant un rituel social qu’un plat.

Recette de tacacá du Pará, Brésil
Le tacacá, servi brûlant dans sa calebasse, emblème de la cuisine du Pará.

Les ingrédients emblématiques : tucupi, jambu et crevettes

Trois éléments font l’identité du tacacá, et aucun n’est anodin :

Le tucupi. C’est un jus extrait du manioc-brave, longuement décanté et cuit pour éliminer sa toxicité naturelle, puis fermenté. Il donne au bouillon sa couleur jaune et son acidité caractéristique. Sa préparation traditionnelle demande des heures : c’est un produit de savoir-faire.

La goma de tapioca. Cette fécule de manioc, délayée puis chauffée, donne la texture translucide et gluante si particulière du tacacá, entre la soupe et le gel.

Les crevettes séchées et salées. Elles apportent le côté iodé et umami. On les rince, on les poche, et elles garnissent le bol.

Le jambu et son picotement : l’accord baie de Timut

Le jambu (Acmella oleracea) est une herbe amazonienne dont les feuilles contiennent du spilanthol, une molécule qui provoque un léger engourdissement pétillant sur la langue, un peu comme une pile posée sur le bout des doigts. C’est LA signature du tacacá.

En France, le jambu frais est quasi introuvable. C’est ici que mon métier d’épicier entre en jeu : la baie de Timut, cousine himalayenne de la baie de Sichuan que je propose au Comptoir, produit une sensation étonnamment proche — ce picotement frais et électrisant — avec, en prime, un parfum intense de pamplemousse. Une petite pincée concassée au moment de servir recrée l’esprit du tacacá.

La pyramide aromatique de la baie de Timut
ATTAQUE pamplemousse, agrumes CŒUR floral, fruité FOND picotement électrisant, fraîcheur
Le picotement comparé : jambu, Timut, Sichuan

Profil comparatif indicatif (échelle de 0 à 5)


Ma recette de tacacá

Voici la recette traditionnelle du Pará. Certains ingrédients (tucupi, jambu) se trouvent en épicerie brésilienne ou en ligne ; la section suivante vous donne mes équivalences pour une version française.

Recette de TACACÁ

Recette de tacacá du Pará

Imprimer
Pour combien: 4 Temps de préparation: Temps de cuisson:
Valeurs nutritionnelles 200 Calories 20 grams gras
Note 2.5/5
( 2 vote )

Ingrédients

  • 2 litres de tucupi (jus de manioc fermenté, déjà préparé)
  • 200 g de feuilles de jambu
  • 500 g de crevettes séchées salées
  • 1/2 tasse de goma de tapioca (fécule de manioc)
  • 4 gousses d'ail écrasées
  • 4 feuilles de chicorée (ou de coriandre)
  • 2 à 3 piments doux
  • Sel
  • Baie de Timut du Comptoir de Toamasina, pour le picotement

Préparation

Dans une casserole, versez le tucupi avec l'ail écrasé, le sel, la chicorée et les piments. Portez à ébullition, puis baissez le feu, couvrez et laissez cuire environ 30 minutes.
Faites cuire le jambu dans une autre casserole d'eau bouillante jusqu'à ce que les feuilles deviennent tendres. Égouttez et réservez.
Rincez les crevettes séchées et faites-les pocher 5 minutes dans un peu d'eau. Réservez ce bouillon.
Délayez la goma de tapioca dans le bouillon de crevettes tiède, portez sur feu doux et remuez sans cesse jusqu'à obtenir une texture translucide et gélatineuse.
Servez brûlant dans une calebasse ou un bol : une louche de tapioca, une louche de tucupi, puis garnissez de crevettes et de jambu.
Terminez par un tour de baie de Timut concassée pour réveiller le picotement caractéristique.

REMARQUES

Le tacacá se boit traditionnellement debout, très chaud, au marché Ver-o-Peso de Belém.

Comment adapter le tacacá en France ?

Si vous ne trouvez pas tous les produits amazoniens, voici mes équivalences de sourceur :

À la place du tucupi : un bouillon de légumes relevé d’un trait de jus de citron vert et d’une pointe de vinaigre reproduit l’acidité jaune du tucupi. Ce n’est pas identique, mais l’esprit y est.

À la place du jambu : la baie de Timut concassée, ajoutée juste avant de servir, apporte le picotement. À défaut, la baie de Sichuan fait aussi l’affaire.

Les crevettes : des crevettes séchées se trouvent en épicerie asiatique. Sinon, des crevettes fraîches pochées dépannent très bien.

L’avis d’ArnaudOsez servir le tacacá à vos invités comme une expérience : prévenez-les du picotement, faites-leur goûter la baie de Timut seule d’abord. Le tacacá, c’est autant une conversation qu’un plat.

Vos questions fréquentes

Le tacacá est-il piquant ?

Pas au sens du piment. La sensation du jambu (ou de la baie de Timut) n’est pas brûlante mais pétillante et fraîche, un léger engourdissement sur la langue. Les piments doux ajoutés restent, eux, très modérés.

Peut-on faire un tacacá végétarien ?

Oui, en remplaçant les crevettes séchées par des champignons séchés réhydratés, qui apportent aussi de l’umami. Le cœur du plat reste le tucupi et le picotement.

Où trouver du tucupi ?

Dans les épiceries brésiliennes et sur certains sites spécialisés, souvent surgelé. À défaut, testez ma version adaptée au bouillon de légumes citronné.

Information sécurité alimentaireLe tucupi authentique provient du manioc-brave, dont le jus cru est naturellement toxique : il doit être longuement cuit et préparé selon la méthode traditionnelle avant consommation. N’utilisez jamais de jus de manioc cru non traité. Achetez toujours un tucupi déjà préparé auprès d’un producteur ou d’une épicerie de confiance.

Poursuivez le voyage brésilien

Le tacacá fait partie de ma série de recettes amazoniennes et brésiliennes. À découvrir aussi :

Pour recréer le picotement du jambu chez vous, découvrez ma baie de Timut, ou explorez l’ensemble de mes poivres et baies du monde.

Vous aimerez peut-être aussi

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.