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Comment préparer de la harissa ?

Par Equipe du Comptoir de Toamasina
Publié: Mis à jour: 13 minutes lire

Mais comment préparer de la harissa maison ? C’est la question qu’on me pose dès que le froid revient et que les couscous, les soupes et les mijotés réapparaissent sur les tables. Le poivron va donner toute la couleur et sa rondeur à cette recette, les épices torréfiées apportent les notes chaudes et parfumées, et le piment la sensation de feu en bouche.

La version que je vous propose ici est ma harissa au poivron rôti et au paprika fumé : une pâte rouge plus douce et plus fruitée que la harissa tunisienne classique aux piments séchés, que vous pouvez rendre aussi brûlante que vous le voulez. Je vous donne la recette pas à pas, la technique de torréfaction des graines, le bon dosage du piment, la conservation en toute sécurité et mes idées pour l’utiliser tout l’hiver.

L’avis d’Arnaud, créateur du Comptoir de ToamasinaMa première harissa, je l’ai goûtée enfant, dans un petit restaurant de couscous à Lille où mes parents m’emmenaient. Depuis, j’en fais toujours un bocal à l’automne. Mon conseil : l’art d’utiliser cette sauce, c’est d’en mettre un tout petit peu. Une demi-cuillère dans un bouillon suffit à le transformer.

Qu’est-ce que la harissa ?

La harissa est une pâte de piments rouges pilés avec de l’ail, des épices (carvi, coriandre, parfois cumin), du sel et de l’huile d’olive. Son nom vient de l’arabe harasa, « piler, écraser », ce qui dit tout de sa fabrication : à l’origine, tout se faisait au mortier. Elle est emblématique de la Tunisie, où elle est inscrite depuis 2022 au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco, et largement utilisée en Algérie, au Maroc et en Libye.

C’est une sauce délicieuse, à la fois condiment et assaisonnement : elle donne un coup de pouce aux couscous, aux chorbas, aux merguez, aux œufs et aux légumes. Dans chaque famille, la recette change : plus ou moins forte, plus ou moins fumée, avec ou sans tomate, avec ou sans poivron. Il n’existe pas une harissa, mais des centaines.

Un détail amusant : le piment et le poivron, piliers de la harissa, sont tous deux originaires d’Amérique latine. Ils n’ont rejoint le Maghreb qu’au XVIe siècle, via l’Espagne et les échanges méditerranéens. Une sauce que l’on croit millénaire est donc une rencontre entre deux continents, ce qui me plaît beaucoup quand je travaille les épices.

Comment préparer de la harissa maison

Ma harissa au poivron rôti : une pâte rouge, brillante, à peine piquante ou franchement brûlante selon votre dosage

Harissa au poivron ou harissa aux piments séchés : quelle différence ?

La harissa tunisienne traditionnelle repose sur des piments rouges séchés au soleil, réhydratés puis pilés. Elle est concentrée, très piquante, d’un rouge sombre, avec un goût profond de piment séché. J’en donne la recette détaillée dans mon article recette de harissa maison, si c’est cette version intense que vous recherchez.

La harissa au poivron, celle de cet article, met le poivron rouge rôti au premier plan. Le résultat est plus doux, plus charnu, légèrement sucré, avec une texture de pâte souple. Le piquant vient d’une quantité maîtrisée de piment, que vous ajustez au gramme près. C’est la harissa que je conseille aux personnes qui découvrent cette sauce, aux familles avec enfants et à tous ceux qui veulent tartiner, napper ou mariner sans s’enflammer la bouche.

C’est aussi une sauce idéale pour les végétaliens : sans aucun ingrédient d’origine animale, elle apporte du goût et de la couleur à un chou-fleur rôti, une aubergine, une courgette ou un plat de pois chiches. Pour ces usages, je la prépare avec du paprika fumé plutôt que doux, qui donne une note de feu de bois très gourmande.

Quels ingrédients choisir pour une bonne harissa ?

  • ›Les poivrons rouges : choisissez-les lourds, bien brillants, à la peau tendue. Les rouges sont les plus sucrés ; évitez les verts, trop herbacés. En hiver, des poivrons grillés en bocal (bien égouttés) dépannent très bien.
  • ›Le piment : de petits piments rouges séchés (type piment oiseau ou piment de Cayenne entier), réhydratés 20 minutes dans l’eau chaude, ou simplement du piment de Cayenne en poudre. Pour comprendre la force de chaque variété, je vous renvoie à l’échelle de Scoville.
  • ›Le paprika : doux pour une harissa ronde, fumé pour une version plus profonde. Je détaille les trois grandes familles dans paprika doux, fumé ou épicé.
  • ›Les graines : coriandre, cumin et carvi. Le carvi est la signature de la harissa tunisienne, avec sa note anisée légèrement mentholée ; s’il vous manque, doublez la coriandre.
  • ›L’ail et l’oignon rouge : l’ail est indispensable, l’oignon rouge revenu apporte du moelleux et une pointe de sucre.
  • ›Le concentré de tomate et le vinaigre de cidre : le concentré renforce la couleur et l’umami, le vinaigre réveille l’ensemble et aide à la conservation.
  • ›L’huile d’olive vierge extra : elle lie la pâte et la protège de l’air dans le bocal.
L’accord épice du ComptoirMa touche personnelle, c’est le poivre sauvage de Madagascar, torréfié avec les graines. Ses notes d’agrumes et de bois frais allègent la chaleur du piment et prolongent la fraîcheur du vinaigre. Pour le reste, j’utilise la coriandre en graines, le cumin et le paprika que je sélectionne pour le Comptoir.

Pourquoi torréfier les graines avant de les moudre ?

Les graines de coriandre, de cumin, de carvi et les grains de poivre contiennent des huiles essentielles enfermées dans leur enveloppe. Une minute à la poêle sèche les libère : la coriandre devient citronnée et florale, le cumin prend des notes de pain grillé, le carvi s’arrondit. Une harissa faite avec des épices torréfiées et fraîchement moulues n’a rien à voir avec une harissa faite avec des poudres du placard.

Faites chauffer une petite poêle à feu moyen, sans matière grasse. Versez les graines et les grains de poivre, remuez sans arrêt pendant 1 à 2 minutes. Dès que le parfum monte et que les graines brunissent légèrement, versez-les dans une assiette froide pour stopper la cuisson, puis pilez-les au mortier ou passez-les au moulin. J’explique toute la méthode, épice par épice, dans mon guide sur la torréfaction des épices.

Attention : on torréfie uniquement les graines et les grains entiers. Le paprika et le piment en poudre brûlent en quelques secondes et deviennent amers ; ils s’ajoutent directement dans le mixeur.

À retenirGraines entières à la poêle, poudres au mixeur. Et fiez-vous à votre nez plus qu’à la couleur : entre une graine parfaitement torréfiée et une graine brûlée, il y a parfois vingt secondes.

La recette de ma harissa au poivron rôti

La recette publiée à l’origine sur ce blog était trop timide : elle ne contenait pas de piment et seulement 100 g de poivron, pour un résultat plus proche d’un coulis que d’une harissa. Voici la version que je prépare réellement, pour un bocal d’environ 300 g. Les poivrons sont rôtis entiers puis pelés, ce qui donne une pâte plus douce, plus sucrée et plus lisse que des poivrons simplement poêlés.

Comment préparer de la harissa

Harissa maison au poivron rôti et au poivre sauvage

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Pour combien: 1 bocal (environ 300 g) Temps de préparation: Temps de cuisson:
Valeurs nutritionnelles 200 Calories 20 grams gras
Note 5.0/5
( 1 vote )

Ingrédients

  • 2 poivrons rouges (environ 350 g)
  • 1 à 3 petits piments rouges séchés, ou 1/4 à 1/2 cuillère à café de piment de Cayenne en poudre
  • 1 petit oignon rouge coupé en dés
  • 3 gousses d'ail
  • 1 cuillère à café de graines de coriandre du Comptoir de Toamasina
  • 1 cuillère à café de graines de cumin du Comptoir de Toamasina
  • 1/2 cuillère à café de graines de carvi
  • 1/2 cuillère à café de poivre sauvage de Madagascar en grains
  • 1 cuillère à café de paprika doux ou fumé du Comptoir de Toamasina
  • 4 cuillères à café de concentré de tomate
  • 1 cuillère et demie à soupe de vinaigre de cidre
  • 1/2 cuillère à café de sel
  • 4 cuillères à soupe d'huile d'olive vierge extra, plus un filet pour couvrir le bocal

Préparation

Si vous utilisez des piments séchés, faites-les tremper 20 minutes dans de l'eau très chaude, puis égouttez-les. Retirez les graines pour une harissa plus douce.
Préchauffez le four à 220 °C. Posez les poivrons entiers sur une plaque et faites-les rôtir 30 à 35 minutes en les retournant à mi-cuisson, jusqu'à ce que la peau soit cloquée et noircie par endroits.
Enfermez les poivrons chauds 10 minutes dans un saladier couvert, puis pelez-les, retirez le pédoncule, les graines et les cloisons blanches.
Pendant ce temps, faites griller à sec dans une poêle les graines de coriandre, de cumin, de carvi et le poivre sauvage pendant 1 à 2 minutes, puis broyez-les finement au mortier ou au moulin.
Dans la même poêle, faites revenir l'oignon rouge dans un filet d'huile d'olive 5 minutes à feu moyen, ajoutez l'ail écrasé et poursuivez 1 minute sans le laisser colorer.
Placez dans le bol du mixeur les poivrons, les piments, l'oignon et l'ail, les épices moulues, le paprika, le concentré de tomate, le vinaigre, le sel et les 4 cuillères à soupe d'huile d'olive.
Mixez jusqu'à obtenir une pâte homogène, goûtez et ajustez le piment, le sel ou le vinaigre.
Versez la harissa dans un bocal en verre très propre, tassez-la, couvrez-la d'une fine couche d'huile d'olive et conservez-la au réfrigérateur. Elle est meilleure après une nuit.

REMARQUES

Conservation : 10 à 15 jours au réfrigérateur, toujours couverte d'huile d'olive et prélevée avec une cuillère propre, ou 3 mois au congélateur en portions. Ne la laissez jamais à température ambiante.

Si vous n’avez pas de four disponible, vous pouvez revenir à la méthode d’origine : poivrons hachés et revenus à la poêle avec l’oignon pendant 10 à 12 minutes, jusqu’à ce qu’ils soient bien tendres et légèrement dorés. La pâte sera un peu moins fine et moins sucrée, mais tout aussi parfumée.

Comment doser le piquant de la harissa ?

Le piquant d’une harissa ne dépend pas que de la quantité de piment, mais aussi de la variété et de la préparation. La capsaïcine, la molécule responsable de la sensation de brûlure, se concentre surtout dans les cloisons blanches et les graines : retirez-les pour une harissa plus douce sans perdre le goût du fruit.

Voici mes repères pour le bocal de la recette :

  • ›Douce, pour toute la famille : 1 piment séché épépiné, ou 1/4 de cuillère à café de piment de Cayenne en poudre.
  • ›Moyenne, ma version de tous les jours : 3 piments séchés dont 1 avec ses graines, ou 1/2 cuillère à café de Cayenne.
  • ›Forte, façon tunisienne : 5 à 6 piments séchés avec leurs graines, ou 1 cuillère à café bombée de Cayenne.

Mon conseil : commencez toujours par la version douce. On peut ajouter du piment dans le mixeur en goûtant au fur et à mesure, mais on ne peut jamais en retirer. Et gardez à l’esprit que la harissa monte un peu en puissance après une nuit au réfrigérateur, quand les arômes se sont mariés.

Si votre harissa est trop forte, ajoutez un poivron rôti supplémentaire, une cuillère de concentré de tomate ou une cuillère de purée d’amande blanche, qui arrondit la brûlure. Le sucre et le gras calment le feu ; l’eau, elle, ne fait que l’étaler.

L’avis d’Arnaud, créateur du Comptoir de ToamasinaPour une harissa d’automne, je glisse parfois un quart de poivron rôti de plus et une pincée de cumin supplémentaire : la pâte devient presque une tartinade, parfaite sur une tranche de pain grillé avec un fromage frais. Au Brésil, je la mange sur du queijo minas, un fromage frais et doux qui l’adoucit à merveille.

Quel profil aromatique pour cette harissa ?

À la première bouchée, c’est la fraîcheur qui frappe : le vinaigre de cidre et les notes d’agrumes du poivre sauvage. Puis le poivron rôti, l’ail et le paprika fumé installent un cœur charnu, sucré et légèrement grillé. En finale, la chaleur du piment monte doucement, portée par le carvi, la coriandre et le cumin torréfiés.

ATTAQUEPoivre sauvage, vinaigreCŒURPoivron rôti, ail, paprika fuméFONDCarvi, cumin, chaleur du piment

La pyramide aromatique de ma harissa au poivron rôti et au paprika fumé

Pour situer cette recette, je l’ai comparée à la harissa tunisienne classique aux piments séchés et à une simple purée de piment du commerce. Ma version au poivron est la plus fruitée et la plus aromatique ; la tunisienne est la plus intense ; la purée de piment n’apporte que du feu.

Comparaison sensorielle — trois pâtes pimentées

Profil comparatif indicatif (échelle de 0 à 5)


Et vous, quel poivre vous ressemble ?Le poivre sauvage donne à cette harissa une fraîcheur d’agrumes, mais un poivre noir de Madagascar la rendrait plus boisée et un poivre long plus chaud. Pour trouver le poivre qui correspond à votre cuisine, faites mon test en quelques questions : Quel poivre choisir ?

Comment conserver la harissa maison sans risque ?

Une harissa maison contient de l’ail cru et des légumes frais : elle se conserve toujours au réfrigérateur, jamais à température ambiante. Versez-la dans un bocal en verre très propre, tassez-la pour chasser l’air, puis couvrez-la d’une fine couche d’huile d’olive. Fermez et rangez au frais.

Dans ces conditions, elle se garde 10 à 15 jours. Après chaque utilisation, prenez-la avec une cuillère propre et sèche, puis remettez un filet d’huile pour qu’elle reste toujours couverte. Si elle change d’odeur, se couvre de moisissures ou si le couvercle bombe, jetez-la sans hésiter.

Pour la garder plus longtemps, congelez-la en portions dans un bac à glaçons : chaque cube correspond à environ une cuillère à soupe, que vous glissez directement dans un bouillon ou une sauce. Elle se conserve ainsi trois mois sans perdre son parfum.

PrécautionL’ail et les légumes conservés dans l’huile ne doivent jamais rester à température ambiante : c’est un milieu sans air propice à certaines bactéries. Gardez toujours votre harissa maison au réfrigérateur et respectez la durée de conservation. Pensez aussi à vous laver les mains après avoir manipulé les piments et à ne pas vous frotter les yeux.

Comment utiliser la harissa au quotidien ?

  • ›Dans le couscous et la chorba : délayez une cuillère à café de harissa dans une louche de bouillon chaud, et servez cette sauce à part pour que chacun dose.
  • ›En marinade : une cuillère à soupe de harissa, deux cuillères d’huile d’olive, le jus d’un demi-citron. Parfait pour le poulet, l’agneau, les crevettes ou des brochettes de légumes.
  • ›Sur des légumes rôtis : chou-fleur, carottes, potiron ou aubergine, enrobés de harissa détendue à l’huile avant d’aller au four. C’est ma version végétalienne préférée de l’automne.
  • ›Avec les œufs : une pointe dans une chakchouka, des œufs brouillés ou un œuf mollet sur une tartine.
  • ›En sauce minute : mélangée à du yaourt grec ou à de la mayonnaise, elle fait une sauce parfaite pour les frites, les falafels ou les burgers.
  • ›Dans une soupe : une demi-cuillère dans un velouté de lentilles corail, de carottes ou de potiron réchauffe instantanément les soirées d’hiver.

Vos questions sur la harissa maison

Peut-on faire de la harissa sans poivron ?

Oui, c’est même la recette tunisienne d’origine : uniquement des piments séchés réhydratés, de l’ail, du carvi, de la coriandre, du sel et de l’huile d’olive. Elle est alors beaucoup plus forte et plus concentrée.

Par quoi remplacer le carvi ?

Doublez la coriandre en graines, ou ajoutez une petite pincée de graines de fenouil pour retrouver la note anisée. Le cumin seul fonctionne aussi, mais la harissa sera plus terreuse.

Peut-on utiliser des poivrons en bocal ?

Oui, des poivrons rouges grillés en bocal, bien égouttés et épongés, remplacent parfaitement les poivrons rôtis. Comptez environ 250 g égouttés pour deux poivrons frais.

Quelle est la différence entre harissa et purée de piment ?

La purée de piment ne contient que du piment, du sel et parfois du vinaigre. La harissa ajoute l’ail, les épices torréfiées et l’huile d’olive : elle est plus aromatique et se suffit à elle-même comme condiment.

Combien de temps se conserve la harissa maison ?

Environ 10 à 15 jours au réfrigérateur, couverte d’huile d’olive et prélevée avec une cuillère propre. Pour une conservation plus longue, congelez-la en portions, jusqu’à trois mois.

La harissa est-elle adaptée aux enfants ?

La version douce, avec un seul piment épépiné, convient à beaucoup d’enfants à partir de quelques années, en très petite quantité. Proposez-la à part, mélangée à un yaourt, pour qu’ils choisissent leur dose.

Information santéLe piment contient de la capsaïcine, et le poivron rouge est naturellement riche en vitamine C et en caroténoïdes. Utilisée en petite quantité, la harissa pourrait ainsi relever les plats sans ajouter beaucoup de matières grasses. Les personnes à l’estomac sensible peuvent toutefois mal tolérer les plats très pimentés : en cas de doute, demandez conseil à votre médecin.

Pour composer votre harissa et vos propres mélanges, retrouvez nos épices du monde, le poivre sauvage de Madagascar et le paprika au Comptoir de Toamasina.

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