Maison épices et vanilleThés et InfusionsDécouvrez le meilleur thé du monde

Découvrez le meilleur thé du monde

une expérience sensorielle inégalée

Par Arnaud Sion
Publié: Mis à jour: 9 minutes lire

On me pose la question presque chaque semaine, à la boutique comme par mail : « Arnaud, c’est quoi le meilleur thé du monde ? » Et à chaque fois, je souris, parce que la vraie réponse n’est pas celle qu’on attend.

Je suis Arnaud Sion, je sélectionne et j’importe des thés en vrac depuis des années pour Le Comptoir de Toamasina. J’ai goûté des sencha japonais récoltés au premier printemps, des grands crus de Darjeeling, des oolong de Taiwan qui coûtent plus cher au kilo que certaines vanilles. Et pourtant, le thé que je bois le plus souvent, le matin, n’est aucun de ceux-là.

Je vais vous expliquer honnêtement comment je juge un thé, quelles sont les grandes familles à connaître, et pourquoi « le meilleur » dépend surtout de vous. Sans jargon marketing, avec ce que j’ai appris la tasse à la main.

Le meilleur thé du monde existe-t-il vraiment ?

Je vais être franc : non, il n’existe pas de meilleur thé du monde absolu. Celui qui vous dit le contraire cherche surtout à vous vendre une boîte.

Un thé, c’est un produit agricole vivant. Il dépend d’un terroir, d’une altitude, d’une date de récolte, d’un savoir-faire, et enfin de votre goût à vous. Le sencha qui bouleverse un amateur de végétal iodé laissera de marbre quelqu’un qui aime les tasses rondes et miellées.

Ce que je peux dire, en revanche, c’est qu’il existe des thés objectivement bien faits et des thés bâclés. La différence ne se joue pas sur le pays d’origine imprimé sur l’étiquette, mais sur la feuille elle-même. C’est là-dessus que je passe l’essentiel de mon temps quand je sélectionne.

À retenir

Le « meilleur thé » n’est pas une origine, c’est une qualité de feuille et un accord avec votre palais. Un bon thé courant, bien préparé, vaut mieux qu’un grand cru réputé mal infusé.

Comment je reconnais un grand thé

Quand je reçois un échantillon, je regarde d’abord la feuille sèche avant même de la sentir. Une belle feuille est entière, régulière, souple ; les thés bas de gamme sont pleins de brisûres et de poussière, ce qu’on retrouve d’ailleurs dans la plupart des sachets industriels.

Ensuite vient l’odeur des feuilles sèches, puis celle des feuilles humides après une première infusion courte. C’est souvent là qu’un thé se trahit : un vrai bon thé sent encore plus bon mouillé que sec.

Je surveille aussi la fraîcheur. Un thé vert perd vite son éclat végétal ; passé un an mal conservé, il devient plat et un peu foin. C’est pour ça que je travaille en vrac, en rotation, plutôt qu’en stocks qui dorment.

Enfin, il y a l’eau. C’est le détail que tout le monde néglige : avec une eau trop calcaire, même un grand thé devient terne. J’y reviens plus bas, parce que ça change tout.

Les grandes familles de thé, et ce qu’elles donnent dans la tasse

Tous les vrais thés viennent de la même plante, Camellia sinensis. Ce qui les distingue, c’est le degré d’oxydation de la feuille après la cueillette. Comprendre ça, c’est comprendre 90 % du sujet.

Le thé vert est non oxydé : la feuille est chauffée rapidement pour figer sa fraîcheur. Résultat, des tasses végétales, herbacées, parfois iodées côté japonais, plus douces et jaunes côté chinois.

Le thé blanc est à peine transformé, simplement flétri et séché. C’est le plus délicat de tous, avec des notes cotonneuses, florales, légèrement sucrées. Un thé de patience, à infuser doucement.

Le oolong, semi-oxydé, se situe entre le vert et le noir. Selon le style, il va du floral lacté au boié grillé ; ce sont mes thés préférés à faire découvrir, parce qu’ils surprennent toujours.

Le thé noir, entièrement oxydé, donne les tasses les plus corsées et rondes, celles qui supportent un nuage de lait. C’est le thé du matin par excellence, de l’Assam charpenté au Darjeeling plus fin.

Le pu-erh, enfin, est un thé sombre fermenté puis vieilli, aux arômes terreux et boisés. Il divise : on l’adore ou on le trouve trop rustique, rarement entre les deux.

L’avis d’Arnaud

Si je ne devais en garder qu’un pour le plaisir pur, ce serait un oolong de Taiwan légèrement grillé : il tient plusieurs infusions, il change de visage à chaque tasse. Mais au quotidien, le matin, c’est un thé vert Bancha que je prépare, doux et sans amertume, parfait pour démarrer sans brusquer l’estomac.

Les thés d’Asie que je garde toujours en boutique

L’Asie reste le cœur historique du thé, et c’est là que je vais chercher mes références classiques. Le thé vert japonais Bancha en fait partie : c’est un thé de tous les jours, peu théiné, tout en douceur végétale.

Le sencha, plus vif et plus iodé, s’adresse à celles et ceux qui aiment le côté franc du Japon. Je conseille toujours de commencer par le Bancha avant d’y venir, sinon l’écart surprend.

Côté Chine, le thé blanc du Fujian reste une référence de finesse, cueilli sur les jeunes bourgeons. Et pour les amateurs de tasses complexes, l’oolong et le pu-erh du Yunnan ouvrent un monde entier de nuances.

Ce que je refuse, c’est le storytelling exagéré. Un thé n’a pas besoin d’une légende d’empereur pour être bon : il a besoin d’une feuille propre, fraîche, et bien travaillée.

Mes thés parfumés aux saveurs du Brésil

C’est ici que Le Comptoir de Toamasina fait vraiment sa différence. Mon histoire est liée au Brésil, et j’ai voulu créer des thés parfumés qui racontent ces saveurs-là plutôt que de copier ce qui existe déjà partout.

Mes thés verts parfumés aux saveurs du Brésil partent d’une base de thé vert que je marie à des fruits tropicaux, pour des tasses gourmandes et solaires. Ce sont souvent eux qui convertissent les gens qui « n’aiment pas le thé ».

Mes thés noirs parfumés, eux, jouent une carte plus ronde et réconfortante, idéale l’après-midi ou en hiver. Je les travaille pour qu’ils restent équilibrés, jamais écœurants.

Ces parfums, je les compose comme je composerais un accord en cuisine : la base d’abord, le fruit ou la fleur ensuite, et surtout la retenue. Un thé parfumé réussi doit laisser parler la feuille.

Le rooibos et les infusions sans théine

Le rooibos, qu’on appelle souvent « thé rouge », n’est pas un vrai thé : c’est une plante d’Afrique du Sud, l’Aspalathus linearis. Son grand avantage, c’est l’absence totale de théine.

Je le recommande souvent pour le soir, ou pour les enfants et les personnes sensibles à la cafeine. Sa tasse est naturellement douce, légèrement boisée, et il se marie très bien avec une pointe de vanille ou de cannelle.

On peut le boire chaud comme un thé, mais aussi glacé en été, légèrement sucré. C’est une porte d’entrée idéale pour qui veut un rituel du soir sans passer une nuit blanche.

Le thé, une affaire de plaisir et de rituel

Je préfère être clair, car on lit beaucoup de choses à ce sujet : je ne vends pas de thé pour soigner quoi que ce soit. Cela dit, le thé est traditionnellement apprécié pour ses vertus toniques, et les thés verts sont naturellement riches en polyphénols, des antioxydants. Je reste honnête : c’est avant tout une boisson de plaisir et de rituel, pas un remède.

Ce que j’aime dans le thé, c’est le moment qu’il crée. Faire chauffer l’eau, doser la feuille, attendre : ces trois minutes de pause valent souvent autant que la tasse elle-même.

C’est aussi une boisson conviviale, qui se partage. Au Maroc autour d’un thé à la menthe, en Chine autour d’un oolong qu’on réinfuse, en Amérique du Sud autour d’un maté : partout, le thé rassemble.

Précaution

Le thé vrai (vert, blanc, oolong, noir, pu-erh) contient de la théine : par prudence, modérez-le le soir et pendant la grossesse. En cas de doute, demandez conseil à un professionnel de santé ; pour dormir tranquille, tournez-vous vers le rooibos, sans théine.

Comment bien préparer chaque thé

La plupart des thés ratés le sont à la maison, pas à la récolte. Deux erreurs reviennent tout le temps : une eau trop chaude, et une infusion trop longue.

Pour un thé vert, je vise une eau autour de 70 à 80 °C et deux minutes maximum ; au-delà, il devient amer. Le thé blanc aime une eau tiède, 80 °C, et un peu plus de temps pour se déplier.

L’oolong supporte une eau plus chaude, 85 à 90 °C, et se prête au jeu des infusions multiples : gardez les feuilles, resservez-vous. Le thé noir et le rooibos, eux, réclament une eau frémissante, 90 à 95 °C, sur trois à quatre minutes.

Dernier conseil, le plus important : utilisez une eau peu minéralisée et faiblement calcaire. C’est le geste qui transforme un thé correct en tasse mémorable, bien plus que le prix inscrit sur le paquet.

Au fond, le meilleur thé du monde, c’est celui que vous aurez choisi pour son goût et préparé avec un peu de soin. Si vous voulez commencer, jetez un œil à mes thés verts parfumés et à mes thés noirs parfumés : c’est par là que la plupart de mes clients tombent amoureux du thé en vrac.

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