Comment entretenir le gingembre comme plante, une fois planté ? Vous le savez, Le Comptoir de Toamasina est le spécialiste français de la vanille de Madagascar et du gingembre de Madagascar depuis 2010. Planter un rhizome, c’est facile. L’entretenir pendant huit à dix mois pour obtenir de beaux rhizomes, juteux et parfumés, demande quelques bons gestes : l’arrosage, l’engrais au bon moment, le buttage, la surveillance des maladies, puis une récolte bien faite. C’est ce que je vous explique ici, mois après mois. Et je vous mets en garde contre un faux ami du jardin : le « gingembre sauvage ». Pour la plantation elle-même, lisez comment cultiver le gingembre. Découvrez aussi comment pousse la vanille et quel est le meilleur gingembre au monde.
- › Les bonnes conditions au quotidien
- › Le calendrier de l’engrais, mois par mois
- › Le buttage, le geste qui fait de beaux rhizomes
- › Surveiller les maladies et les parasites
- › Les bons voisins du gingembre
- › Récolter et conserver comme un pro
- › Attention au « gingembre sauvage »
- › Vos questions fréquentes

Bien entretenir son gingembre, de la plantation à la récolte
Les bonnes conditions au quotidien
Le gingembre est une plante des sous-bois tropicaux. Pour qu’il se plaise, recréez son ambiance.
- ›La chaleur : entre 20 et 30 °C. Sous 13 °C la nuit, il ralentit fortement ; sous 4 °C, ses feuilles souffrent, et le gel détruit les rhizomes.
- ›L’eau : l’équivalent d’environ 25 mm de pluie par semaine pendant la croissance, soit une terre toujours fraîche, jamais détrempée. Arrosez au pied, idéalement au goutte-à-goutte, sans mouiller les feuilles, pour éviter les maladies.
- ›L’humidité de l’air : entre 50 et 90 %. En intérieur, brumisez de temps en temps.
- ›La lumière : 2 à 5 heures de soleil doux, le matin ou filtré. Le soleil brûlant de l’après-midi jaunit et brûle ses feuilles : en serre, une toile d’ombrage de 30 % fait des merveilles.
- ›La terre : meuble, profonde, riche en matière organique, légèrement acide, avec un pH de 5,5 à 6,5. Jamais d’argile lourde, qui retient l’eau et empêche les rhizomes de grossir.
Le calendrier de l’engrais, mois par mois
Le gingembre est très gourmand, surtout en potasse et en calcium, mais il n’a besoin que de peu d’azote. Voici le calendrier à suivre.
| Période | Phase | Quel engrais | Pourquoi |
|---|---|---|---|
| Mois 1 et 2 | Enracinement | Un engrais équilibré et du compost mûr | Faire démarrer les racines et les pousses |
| Mois 3 à 5 | Croissance | Un engrais organique complet, avec du calcium | Développer les tiges et les feuilles |
| Mois 6 à 8 | Grossissement des rhizomes | Un engrais riche en potasse | Des rhizomes gros, fermes, à la peau brillante |
| Mois 9 et 10 | Maturation | On arrête tout | La peau durcit, la plante se prépare à la récolte |
Un compost bien mûr et un peu de marc de café en début de saison sont de bons alliés.
Le buttage, le geste qui fait de beaux rhizomes
En grossissant, les rhizomes remontent vers la surface. À la lumière, ils verdissent et deviennent fibreux. Pour l’éviter, on les « butte » : dès que les tiges atteignent 15 à 20 cm, ou que les rhizomes affleurent, ajoutez environ 5 cm de compost mûr et de terreau au pied de la plante. Répétez l’opération une à trois fois dans la saison. Un paillis de paille ou de feuilles mortes garde ensuite la fraîcheur.
Surveiller les maladies et les parasites
La plupart des maladies du gingembre viennent d’un excès d’eau ou de rhizomes déjà contaminés. Voici les principales, et comment s’en protéger naturellement.
| Problème | Ce que l’on voit | Que faire |
|---|---|---|
| Pourriture des rhizomes | Feuilles jaunes, pied mou et gorgé d’eau | Un drainage parfait, des arrosages modérés, et le champignon protecteur Trichoderma en prévention |
| Fusariose | Plante qui flétrit et se dessèche | Arracher et brûler les plants, désinfecter les outils, ne pas replanter au même endroit avant 3 ans |
| Flétrissement bactérien | Effondrement brutal de la plante | Aucun remède : détruire les plants, partir de rhizomes sains, désinfecter le sécateur à l’alcool |
| Nématodes | Racines et rhizomes déformés, plante sans vigueur | Solariser le sol avant de planter, ou cultiver de la moutarde, qui assainit la terre |
La cannelle en poudre sur les coupes et les préparations à base de prêle ou d’ail sont aussi des alliés naturels : lisez la cannelle et la propolis sur les plantes.
Les bons voisins du gingembre
Grâce à sa tolérance à l’ombre, le gingembre est parfait pour l’étage bas d’un jardin-forêt, sous des arbres au feuillage léger. Au potager, il apprécie la compagnie des piments et des poivrons, plus hauts, qui lui font de l’ombre aux heures chaudes. En revanche, évitez de le planter juste à côté des tomates ou des aubergines, sensibles aux mêmes maladies du sol, et respectez une rotation de trois ans.
Récolter et conserver comme un pro
Deux récoltes sont possibles : le gingembre primeur, à 4 à 6 mois, tendre, rosé, sans fibres, mais qui se conserve peu ; ou le gingembre mûr, à 8 à 10 mois, quand les feuilles jaunissent et s’affaissent, à la peau épaisse et riche en arômes. Pour celui-ci, voici les gestes des producteurs.
- ›Couper les tiges deux à trois semaines avant la récolte, pour que la peau des rhizomes durcisse.
- ›Déterrer délicatement à la fourche-bêche, pour ne pas les blesser.
- ›Les laisser cicatriser trois à cinq jours dans un endroit aéré, vers 20 à 25 °C : les petites blessures se referment.
- ›Les conserver non pelés, au frais et à l’obscurité, vers 12 à 15 °C. Ceux que vous gardez pour replanter doivent rester au-dessus de 13 °C.
Avec votre récolte, préparez un délicieux thé au gingembre, ou découvrez le gingembre pour la peau.
Attention au « gingembre sauvage »
Il existe une plante que l’on appelle « gingembre sauvage » : l’asaret, des genres Asarum et Hexastylis, que l’on trouve dans les bois ombragés d’Asie et d’Amérique du Nord, et parfois en jardinerie. Elle n’a aucun rapport avec le gingembre culinaire, Zingiber officinale, même si sa racine a une odeur proche.
En revanche, c’est une très jolie plante d’ornement pour les coins ombragés. Haute de 15 à 25 cm, elle s’étale sur 30 à 60 cm, pousse lentement et n’est pas envahissante, avec des feuilles persistantes en forme de cœur ou de rein. C’est un excellent couvre-sol sous les arbres ou devant des plantes plus hautes. Au printemps, d’avril à mai, elle porte de curieuses petites fleurs en forme d’urne, d’environ 2,5 cm, cachées à sa base, pollinisées par des insectes du sol comme les fourmis. Voici comment l’entretenir.
- ›De l’ombre, totale ou partielle : elle brûle en plein soleil, tout le contraire du poivre.
- ›Un sol acide, riche en humus, bien drainé mais frais.
- ›La multiplication, en divisant les rhizomes au début du printemps. Par graines, il faut être patient : elles mettent jusqu’à deux ans à germer.
- ›Les limaces et les escargots, son principal ennemi au printemps : gros trous dans les feuilles et traînées de mucus. Retirez les débris autour des plantes, répandez de la terre de diatomée, ramassez-les à la lampe torche la nuit, ou installez un piège à bière enterré au ras du sol.
Vos questions fréquentes
Quel engrais pour le gingembre ?
Un engrais équilibré au démarrage, puis, à partir du sixième mois, un engrais riche en potasse pour faire grossir les rhizomes. Évitez l’excès d’azote.
Pourquoi butter le gingembre ?
Pour couvrir les rhizomes qui remontent à la surface : à la lumière, ils verdissent et deviennent fibreux. Ajoutez 5 cm de compost au pied, une à trois fois par saison.
Pourquoi les feuilles de mon gingembre jaunissent-elles ?
En fin de saison, c’est normal : c’est le signe de la maturité. En pleine croissance, c’est souvent un excès d’eau ou un début de pourriture : vérifiez le drainage.
Le gingembre sauvage est-il comestible ?
Non. L’asaret, appelé gingembre sauvage, contient de l’acide aristolochique, toxique pour les reins. Cultivez-le seulement comme plante d’ornement.