Il y a des petites découvertes qui changent une cuisine pour toujours. L’huile d’olive infusée au thé oolong en fait partie : une huile dorée, ronde, parfumée de notes grillées et florales, qui transforme une simple salade, un poisson vapeur ou un légume rôti d’automne en véritable voyage. Je vous explique comment je la réussis à chaque fois, avec la technique de l’infusion à chaud.
Pourquoi parfumer une huile d’olive au thé oolong ?
L’huile d’olive est une éponge à arômes. Elle capte avec gourmandise les parfums qu’on lui confie, et le thé oolong lui apporte quelque chose de rare : une note grillée, presque torréfiée, adoucie d’un fond floral et mielleux.
On connaît déjà les huiles parfumées aux épices. Au Comptoir, je propose souvent l’huile d’olive au safran ou l’huile infusée au Timut et au Sichuan. Le thé oolong, lui, joue une autre partition : plus douce, plus végétale, parfaite pour les cuisines délicates où une épice serait trop puissante.
C’est une huile d’automne par excellence : elle réveille une poêlée de champignons, nappe une courge rôtie ou sublime un filet de poisson blanc sans jamais l’écraser.
Comment réussir l’infusion à chaud ?
Il existe deux écoles pour parfumer une huile : l’infusion à froid, lente, qui demande une semaine au moins, et l’infusion à chaud, que j’utilise ici. La chaleur accélère la diffusion des arômes du thé dans la matière grasse : en une demi-heure, l’huile est prête.
Le secret tient en un mot : la température. On chauffe l’huile en douceur, autour de 60 à 70 °C, jamais plus. Trop chaud, les feuilles brûlent et l’huile prend un goût amer ; pas assez, les arômes restent timides. Un petit thermomètre de cuisine est idéal, mais à défaut, visez une huile frissonnante qu’on peut encore toucher du doigt.
Je détaille toute la méthode dans mon guide comment infuser l’huile aromatisée à chaud. La recette complète, avec les dosages, se trouve plus bas.
Quel thé oolong choisir ?
Le mot oolong (ou wulong, « dragon noir ») désigne un thé semi-oxydé : son oxydation est arrêtée à mi-chemin entre le thé vert et le thé noir. De là vient sa palette unique, qui va du floral léger au boisé torréfié selon le degré d’oxydation.
Pour une huile, je choisis un oolong plutôt torréfié : ses notes de châtaigne et de miel tiennent bien dans la matière grasse. C’est exactement le profil du thé oolong que je sélectionne au Comptoir. Avant de le cuisiner, prenez le temps de le découvrir en tasse : mon article comment infuser un oolong vous guide pas à pas.
Quel est le profil aromatique de cette huile ?
Pour comprendre ce que le thé oolong apporte à l’huile, j’aime le représenter comme un parfum, en trois temps.
De l’attaque florale au fond boisé : le voyage du thé oolong dans l’huile.
Pour situer l’oolong par rapport aux deux grands thés qui l’encadrent, voici une comparaison sensorielle indicative.
Profil comparatif indicatif (échelle de 0 à 5)
Quelle épice marier au thé oolong ?
Mon accord préféré, c’est la baie de Timut du Népal. Ce n’est pas un poivre au sens légal du terme, mais une baie aux étonnantes notes de pamplemousse. Un tour de moulin au moment de servir, et ses agrumes répondent au côté floral de l’oolong : l’huile prend alors une fraîcheur lumineuse, parfaite sur un poisson ou des Saint-Jacques.
Avec quoi l’utiliser et comment la conserver ?
Cette huile se verse à cru, en touche finale : sur un carpaccio de Saint-Jacques, un filet de cabillaud vapeur, une poêlée de champignons, une courge rôtie ou même une burrata. Un filet suffit : son parfum est généreux. Pour aller plus loin dans les mariages thé et cuisine, lisez mes accords mets et thés, et pour l’inspiration sucrée, ma mousse au chocolat au thé Earl Grey.
Vos questions sur l’huile aromatisée
Peut-on utiliser une autre huile que l’huile d’olive ?
Oui. Une huile neutre comme le pépin de raisin laisse encore plus de place au thé. L’huile d’olive, elle, apporte son propre fruité : c’est une question de goût.
Faut-il filtrer le thé après l’infusion ?
Toujours. On retire les feuilles dès que l’huile est parfumée, sinon elles continuent de libérer de l’amertume et des tanins.
Peut-on remplacer l’oolong par un autre thé ?
Bien sûr. Un thé vert donnera une huile plus végétale, un Earl Grey une huile aux agrumes. L’oolong reste mon préféré pour son équilibre grillé-floral.
Découvrez aussi tous mes thés de sélection et mes thés verts grands crus pour varier les infusions.
Ingrédients
- 250 ml d'huile d'olive vierge extra fruitée douce
- 2 cuillères à café de thé oolong (feuilles entières, bien sèches)
- 1 pincée de baie de Timut du Népal (facultatif, au service)
- Quelques herbes séchées (basilic, thym) pour l'effet visuel (facultatif)
Préparation
Versez l'huile d'olive dans une petite casserole à fond épais.
Chauffez très doucement jusqu'à 60-70 °C : l'huile doit être frissonnante, jamais fumante.
Hors du feu, ajoutez le thé oolong. Mélangez et laissez infuser 20 à 30 minutes.
Goûtez : si le parfum vous convient, filtrez l'huile à travers une passoire fine ou un linge propre.
Transvasez dans un flacon propre et sec, laissez refroidir complètement.
Réservez au réfrigérateur et consommez sous une semaine. Donnez un tour de moulin à baie de Timut au moment de servir.
REMARQUES
Pour une huile encore plus douce, utilisez un oolong légèrement torréfié. À verser à cru sur un poisson, des Saint-Jacques ou une courge rôtie.
