Après mon article sur le gin et le thé pour des cocktails originaux, je vous propose mes 4 recettes de cocktails de gin à l’orange. Ce n’est un secret pour aucun amateur de gin tonic : le gin, les agrumes et les épices forment un trio magique, et l’orange ne passe jamais inaperçue. Ces cocktails, je les prépare à l’Apogée Bar, à Belo Horizonte. Vous trouverez ici un gin tonic à l’orange et au clou de girofle, un gin à la badiane, le Negroni traditionnel et sa version au xérès, plus ma création bonus, le Gin Negroni rosé, avec les bons dosages, le choix de l’orange et mes accords d’épices.
- › Mes cocktails de gin à l’orange, nés à l’Apogée Bar
- › L’orange, un agrume fait pour le gin
- › L’orange de Bahia, une histoire brésilienne
- › Ce que l’orange apporte à votre verre
- › Le Rêve orange, gin tonic au clou de girofle
- › La recette du Rêve orange
- › Le gin à la badiane et à la maniguette
- › Le Negroni traditionnel
- › Le Jerez Negroni
- › Le Gin Negroni rosé, ma création bonus
- › Trois cocktails, trois caractères
- › Les épices qui subliment le gin à l’orange
- › Les erreurs à éviter avec un cocktail à l’orange
- › Mon verdict
- › Vos questions fréquentes
Mes cocktails de gin à l’orange, nés à l’Apogée Bar
L’ensemble de ces cocktails, je les réalise dans mon bar, l’Apogée Bar. Ici, vous allez tout savoir pour réaliser le meilleur cocktail de gin à l’orange à la maison, avec des épices que vous avez peut-être déjà dans votre placard.
Le Comptoir de Toamasina, je l’ai créé en 2010 autour de la vanille de Madagascar, puis des poivres et des épices du monde, que je sélectionne en Europe auprès d’importateurs spécialisés. Ces épices ont toute leur place derrière un bar : un clou de girofle, une étoile de badiane ou quelques baies de Timut transforment un simple gin tonic. Découvrez mon travail dans cette première vidéo de présentation.
L’orange, un agrume fait pour le gin
L’orange douce (Citrus sinensis) est un agrume de la famille des Rutacées. C’est un hybride ancien entre le pomelo et la mandarine, originaire du sud de la Chine et des régions voisines, au pied de l’Himalaya. Parce qu’il s’agit d’un fruit hybride, sa saveur varie entre le sucré et le légèrement acide selon les variétés.
En cocktail, elle apporte trois choses différentes :
- ›le zeste, riche en huiles essentielles, pour le parfum ;
- ›le jus, pour la douceur et l’acidité ;
- ›les tranches ou les rondelles, pour le visuel et une infusion lente dans le verre.
C’est pour cela que l’orange s’entend si bien avec le gin : les écorces d’agrumes font partie des ingrédients de base de nombreux gins, aux côtés du genévrier et de la coriandre. On dit parfois que ces cocktails vous font voyager en Italie, comme la recette de l’Aperol.

Le gin et les agrumes, un accord naturel
L’orange de Bahia, une histoire brésilienne
Vous connaissez l’orange navel, cette grosse orange sans pépins avec un petit nombril à son sommet ? Elle est née au Brésil. Au XIXe siècle, une mutation naturelle apparue sur un oranger de Bahia a donné la laranja-da-baía, l’orange de Bahia. Quelques arbres ont ensuite été envoyés aux États-Unis, en Californie, d’où la navel a conquis le monde.
C’est l’orange que je préfère pour les zestes : sa peau épaisse et très parfumée se taille facilement. Pour les cocktails où l’on veut de la couleur, les oranges sanguines de Sicile, à la chair rouge, font aussi merveille en hiver.
Le Brésil est d’ailleurs le premier producteur mondial d’oranges, l’essentiel étant transformé en jus, notamment dans l’État de São Paulo.
Ce que l’orange apporte à votre verre
L’orange est un fruit riche en vitamine C : selon les tables de l’USDA, 100 g de chair en apportent environ 50 mg, soit plus de la moitié de la valeur nutritionnelle de référence. Elle contient aussi du potassium, des folates et des fibres. La vitamine C contribue au fonctionnement normal du système immunitaire, mais soyons clairs : dans un cocktail, c’est le plaisir et le parfum que l’on cherche, pas un effet santé.
Dans la première version de cet article, j’écrivais qu’une cuillère à café d’acérola en poudre contenait 20 fois plus de vitamine C qu’une orange. Je corrige : ma poudre d’acérola titre au minimum 17 % de vitamine C, une cuillère à café (environ 3 g) en apporte donc autour de 500 mg, soit plusieurs fois ce que contient une orange entière, mais pas vingt fois. J’ai aussi retiré les affirmations sur la grippe, la glycémie ou la tension, qui n’avaient rien à faire ici.
Le Rêve orange, gin tonic au clou de girofle
Le Rêve orange, ou Orange Dream, est un gin tonic composé de tranches d’orange et de clous de girofle, qui apporte un goût particulier et un grand arôme. C’est la recette que je détaille dans la fiche ci-dessous.
Dans la version d’origine, je vous disais de décorer le verre avec « les œillets » : c’était une erreur de traduction du portugais cravo, qui désigne à la fois l’œillet et le clou de girofle. Ce sont bien des clous de girofle qu’il faut mettre.
La recette du Rêve orange
Ingrédients
- 50 ml de gin de type London dry
- 150 ml d'eau tonique bien froide
- 3 tranches d'orange non traitée
- 4 clous de girofle
- 1 brin de thym frais
- 1 zeste d'orange
- Glaçons
Préparation
Placez le verre ballon 5 minutes au congélateur.
Mettez les 3 tranches d'orange et les 4 clous de girofle dans le verre, puis remplissez de glaçons.
Versez le gin.
Ajoutez l'eau tonique doucement, en la faisant couler le long d'une cuillère de bar.
Mélangez d'un seul mouvement, de bas en haut.
Pressez le zeste d'orange au-dessus du verre, puis décorez avec le brin de thym.
REMARQUES
Pour une version plus intense, laissez infuser les clous de girofle 2 minutes dans le gin avant d'ajouter la glace. Remplacez le thym par du romarin en hiver.
Un verre bien froid, l’orange qui infuse doucement, le clou de girofle qui réchauffe le tout et le thym pour la touche herbacée : c’est mon gin tonic d’hiver préféré.
La pyramide olfactive du Rêve orange
Le gin à la badiane et à la maniguette
Un cocktail à la saveur remarquable et rafraîchissante, où l’anis étoilé rencontre la maniguette, le poivre de Guinée aux notes de gingembre.
- ›des glaçons ;
- ›2 tranches d’orange ;
- ›50 ml de gin ;
- ›150 ml d’eau tonique ;
- ›10 graines de maniguette ;
- ›2 ou 3 étoiles de badiane.
Refroidissez le verre avec la glace. Passez une tranche d’orange sur le bord du verre pour le parfumer, sans la jeter. Remettez de la glace, versez les 50 ml de gin, ajoutez les graines de maniguette légèrement écrasées, puis l’eau tonique, doucement, le long d’une cuillère. Terminez avec les tranches d’orange et les étoiles de badiane. Pour aller plus loin, lisez comment utiliser la badiane dans les cocktails.
Le Negroni traditionnel
Le Negroni est un cocktail italien célèbre, qui doit sa saveur amère et sa couleur rubis à un bitter italien, et son parfum à l’orange. La règle d’or : trois ingrédients à parts égales.
- ›30 ml de gin ;
- ›30 ml de bitter italien rouge ;
- ›30 ml de vermouth rouge ;
- ›des glaçons ;
- ›1 tranche ou 1 zeste d’orange.
Versez le gin, le bitter et le vermouth dans un verre à mélange rempli de glaçons et remuez une vingtaine de secondes avec une cuillère de bar. Filtrez dans un verre bas sur un gros glaçon, puis ajoutez la tranche d’orange ou pressez le zeste au-dessus du verre. Envie d’aller plus loin ? Découvrez le Negroni énigmatique et le Mezcal Negroni.

Le Negroni, trois ingrédients à parts égales et un zeste d’orange
Le Jerez Negroni
Une variante plus sèche et plus complexe, où le xérès (le vin de Jerez) apporte des notes de noix et d’amande.
- ›20 ml de xérès fino ou amontillado ;
- ›20 ml de gin ;
- ›30 ml d’amaro ;
- ›30 ml de vermouth rouge ;
- ›1 zeste d’orange de Bahia.
Commencez par refroidir un verre au congélateur. Dans un verre à mélange avec des glaçons, mélangez toutes les boissons, remuez puis filtrez dans le verre refroidi. Ajoutez le zeste d’orange, et c’est prêt : votre cocktail peut maintenant être dégusté.
Le Gin Negroni rosé, ma création bonus
Ce cocktail, je l’ai créé à l’Apogée Bar. C’est une boisson fraîche et légère, avec un vin rosé de Corse qui adoucit le gin.
- ›50 ml de gin de type London dry ;
- ›120 ml d’eau tonique ;
- ›25 ml de rosé de Corse, ou de limoncello pour une version plus sucrée ;
- ›5 baies de genévrier ;
- ›2 tranches d’orange ;
- ›quelques feuilles de basilic ;
- ›des glaçons.
Dans un verre ballon, placez les glaçons, versez le gin et le rosé, puis complétez avec l’eau tonique. Ajoutez les tranches d’orange, les baies de genévrier légèrement écrasées et le basilic, et mélangez délicatement.
Trois cocktails, trois caractères
Mon ressenti de dégustation, échelle indicative de 0 à 5
Le radar compare mes trois cocktails les plus différents. Le Rêve orange est le plus frais et le plus épicé, grâce au clou de girofle. Le Negroni est le plus amer et le plus fort : c’est un cocktail de dégustation, à boire lentement. Le Gin Negroni rosé est le plus léger et le plus fruité, parfait pour l’apéritif d’été.
Les épices qui subliment le gin à l’orange
L’orange aime les épices chaudes et les baies aux notes d’agrumes :
- ›le clou de girofle : chaleur et profondeur, un ou deux suffisent ;
- ›la badiane : notes anisées, superbe avec l’orange en hiver ;
- ›la cannelle : un bâton dans le verre pour un gin tonic de fête ;
- ›le poivre de Timut : une baie aux notes de pamplemousse rose, qui prolonge l’agrume. Découvrez le poivre de Timut ;
- ›la vanille : une demi-gousse fendue, pour un gin tonic plus rond.
Pour la liste complète, lisez les meilleures épices pour le gin, et pour les bases du classique, la meilleure recette du gin tonic.
Les erreurs à éviter avec un cocktail à l’orange
- ›Garder la peau blanche du zeste : elle donne de l’amertume.
- ›Utiliser une orange traitée sans la laver : on met l’écorce dans le verre.
- ›Secouer un Negroni : il se remue, pour rester limpide et soyeux.
- ›Verser l’eau tonique trop vite : elle perd ses bulles. Versez-la le long d’une cuillère.
- ›Surcharger en épices : deux ou trois épices maximum par verre, sinon l’orange disparaît.
Et si vous préférez le thé au tonic, essayez le gin et le thé, le mélange parfait.
Pour vos cocktails de gin à l’orange, découvrez mon clou de girofle de Madagascar, ma badiane, mes baies de Timut du Népal et ma cannelle de Madagascar.
Mon verdict : le Rêve orange, gin tonic à l’orange et au girofle
Voici mon évaluation de cette recette, critère par critère.
Vos questions fréquentes
Vanilles du monde
Dans mon livre, je raconte les grandes vanilles du monde, leurs terroirs et les gestes pour bien les choisir, les conserver et les cuisiner.
